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Des «écaliens» plongés au pays des rêves mécaniques

Neuf étudiants en master planchent sur une pièce qui servira au cursus en mécanique d’art mis sur pied par trois artisans du Balcon du Jura.

Le Genevois Nathan Gramage et la Haut-Savoyarde Cassandre Aurick imaginent une pièce qui joue sur l’environnement naturel de la région de Sainte-Croix.
Le Genevois Nathan Gramage et la Haut-Savoyarde Cassandre Aurick imaginent une pièce qui joue sur l’environnement naturel de la région de Sainte-Croix.
JEAN-PAUL GUINNARD

L’inventivité et la fraîcheur d’étudiants de l’ECAL (École d’art de Lausanne) face à la rigueur et la précision de la mécanique d’art. Même si ce n’est pas tout à fait comme l’eau face au feu, ce sont tout de même deux mondes différents – mais appelés à collaborer – qui se télescopent depuis quelques jours sur le balcon du Jura. À l’initiative d’Acompany, entreprise spécialisée dans la promotion économique installée aux Rasses, neuf jeunes gens de huit nationalités différentes sont immergés dans un travail pratique pour le moins motivant qu’ils réalisent dans le cadre de leur année de master en Design in Luxury et Craftsmanship. Répartis en groupe de trois, ils ont pour mission d’imaginer et de redessiner la pièce école qui servira de base à la volée 2020 de la Formation en mécanique d’art (FEMA) lancée l’été dernier par trois artisans sainte-crix: l’automatier François Junod, le créateur d’objets mécaniques Nicolas Court et l’horloger Denis Flageollet.

Support pour la formation

«C’est un défi de taille pour nous que d’essayer d’allier ces deux univers, parce que la mécanique d’art, on peut vraiment dire qu’on la découvre», souligne Cassandre Aurick, Française d’Annecy, affairée devant les rouages de laiton et les formes de papier de son projet. Halima Servageon, d’Acompany, confirme: «Force est de constater que ces designers confirmés – ils sont tous déjà diplômés et l’un d’eux possède même sa propre marque d’horlogerie – voient dans un premier temps plus l’esthétisme de l’objet qu’ils imaginent que le côté pragmatique qu’il doit avoir.» Elle n’est pas moins consciente que ces jeunes âgés de 24 à 33 ans apportent à ce projet tout leur savoir-faire et une certaine fraîcheur.

«Et c’est aussi une chance que les artisans de Sainte-Croix acceptent de se confronter à leur vision», reprend-elle. Une mise en parallèle de leurs réalités respectives doit permettre aux étudiants de rendre leur projet réaliste et réalisable en vue de son utilisation comme support essentiel à une formation. Il doit se composer de trois éléments impératifs, des fondamentaux nécessaires à ce cursus en quelque sorte: une horloge, une boîte à musique et un automate.

Vendredi, les trois groupes livreront une esquisse précise et une ou deux maquettes basiques, notamment. Le projet vainqueur sera désigné en juin. Pour bien comprendre où ils avaient mis les pieds, les «écaliens» ont commencé leur immersion la semaine dernière par des visites d’ateliers et de manufactures d’artisans de la région de Sainte-Croix, où ils ont résidé trois jours cette semaine.

Un décor inspirant

Le dépaysement a en tout cas inspiré l’un des trois groupes, qui a souhaité utiliser le paysage et les reliefs du balcon du Jura pour son modèle. «On aimerait allier le mouvement et le son, explique Cassandre Aurick. Pas en créant une mélodie, mais des sonorités rappelant la neige qui fond et la glace qui craque.»

«Cette démarche inédite est très intéressante et représente une belle reconnaissance du savoir-faire de la région par une école prestigieuse, dont le directeur a souhaité lancer ce travail. Mais je suis sûr que si l’ECAL a accepté de venir ici, c’est qu’elle y trouve aussi son compte», affirme Nicolas Servageon, fondateur d’Acompany.

L’expérience pourrait-elle être renouvelée? Pour le moment, on parle d’une opération «one shot». «Mais l’idée serait de trouver d’autres collaborations de ce genre.»

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