Un écran électrique pour sauver les poissons des turbines

OrbeInstallé début septembre à la centrale des Moulinets et testé pendant deux mois, le champ électrique se révèle efficace pour détourner les poissons.

Les poissons étaient attirés par l’appel d’eau provoqué par les turbines du barrage.

Les poissons étaient attirés par l’appel d’eau provoqué par les turbines du barrage. Image: SEBASTIEN FEVAL

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Les poissons pourront à nouveau remonter la rivière de l’Orbe en sécurité. Un champ électrique, fonctionnant comme une barrière invisible dans l’eau, placé début septembre à la centrale des Moulinets, à Orbe, permet de détourner efficacement les poissons attirés par les turbines, note le quotidien La Région.

La Société vaudoise des pêcheurs en rivières (SVPR) ne souhaitait pas communiquer sur cette installation avant qu’elle ne soit testée. «Aujourd’hui nous pouvons affirmer qu’il n’y a pas eu de perte à déplorer depuis sa création. C’est une réussite», révèle Dominique Santschy, ancien membre du comité de direction de la SVPR, en charge du dossier.

«Il faut dire que la Confédération était plutôt réticente à ce système, considérant l’installation dangereuse pour l’homme en cas de chute dans l’eau»

Ce système a déjà fait ses preuves en France pour la migration des saumons mais semble être un cas d’école en Suisse. «À ma connaissance, je ne crois pas qu’il y ait de barrage chez nous qui soit équipé de la sorte, peut-être juste un seul dans le canton de Berne, ajoute-t-il. Il faut dire que la Confédération était plutôt réticente à ce système, considérant l’installation dangereuse pour l’homme en cas de chute dans l’eau.» Le champ électrique dit répulsif est par contre inoffensif pour les poissons, car il les empêche justement d’avancer à l’intérieur du courant.

Construit en 2013, le barrage, exploité par VO Énergies engendrait la mort de nombreux poissons migrateurs. Au lieu d’emprunter le canal, puis l’ascenseur dédié à la montaison des poissons, ceux-ci étaient attirés par l’appel d’eau provoqué par les turbines du barrage, les amenant dans un piège dont ils ressortaient littéralement hachés.

Signalé par les associations

Les associations comme WWF, Pro Natura ou la SVPR avaient immédiatement signalé au Canton le problème, et ce dès la construction du barrage. «Il a quand même fallu faire pression pour faire bouger les choses», souligne Dominique Santschy. Pendant trois ans, les turbines ont fonctionné à plein tube jusqu’à ce que le Canton et VO Énergies décident, dans l’urgence, de les stopper, pour éviter que l’hiver 2016 ne soit fatal. Elles ne fonctionnaient dès lors que pour des volumes de plus de 5 m3 d’eau. «Avec un tel volume, les poissons ne sont plus en danger», note Dominique Santschy.

Une deuxième barrière électrique doit encore être posée pour sécuriser la deuxième turbine. VO Énergies attend la livraison du matériel. La SVPR, quant à elle, étudie désormais un moyen de dévalaison à mettre en place de façon permanente dès le printemps prochain au même endroit. (24 heures)

Créé: 15.11.2017, 09h12

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