Un éminent formateur nommé bras droit d’Amarelle

Yverdon-les-BainsNommé conseiller personnel de Cesla Amarelle, Michel Tatti quitte un établissement dont les effectifs ont doublé en 15 ans.

Après avoir été enseignant, puis formateur d’enseignants, Michel Tatti a dirigé le CPNV entre 2003 et 2017.

Après avoir été enseignant, puis formateur d’enseignants, Michel Tatti a dirigé le CPNV entre 2003 et 2017. Image: JEAN-PAUL GUINNARD

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Directeur du Centre professionnel du Nord vaudois (CPNV) d’avril 2003 à juin 2017, Michel Tatti est désormais conseiller personnel de la nouvelle conseillère d’Etat socialiste, Cesla Amarelle. En quatorze ans, il a vécu de l’intérieur l’évolution d’un établissement où il se sentait encore chez lui, mardi passé. «Je n’ai pas vraiment eu le temps de réaliser. Tout est allé si vite (lire l'encadré). Le Conseil d’Etat m’a nommé le 3 juillet. Officiellement, j’ai commencé le 4 à Lausanne, tout en assurant le transfert de direction à mon adjointe, Oriane Cochand.»

– Le CPNV doit être bien différent de celui que vous avez découvert en 2003, non?
– Il a énormément grandi. Mais le Centre professionnel d’Yverdon avait déjà franchi une étape importante en 2000 avec le rattachement de l’Ecole technique de Sainte-Croix. En 2005, le développement s’est poursuivi quand le Canton a souhaité que nous reprenions la direction de l’Ecole professionnelle de la Broye. Et puis, depuis la rentrée 2015, l’ensemble des logisticiens vaudois sont formés sous la responsabilité du CPNV, dans les locaux de l’ancienne Ecole de couture à Lausanne.

– On imagine qu’en termes d’effectifs, le changement doit être conséquent…
– Les sites d’Yverdon et Sainte-Croix comptaient environ 1800 jeunes en 2005. Maintenant, avec Payerne et Lausanne, 3650 apprentis sont sous notre responsabilité. Au niveau des infrastructures, il a fallu créer quatre nouvelles salles à Payerne et quinze à Yverdon, dans des bâtiments en construction modulaire légère et durable réalisés en 2006 et 2013.

– C’est uniquement à la faveur de ces rattachements que les effectifs du CPNV ont plus que doublé?
– Non bien sûr. La création de nouvelles formations a joué un rôle important. Lancé en 2006, l’apprentissage d’assistant socio-éducatif a par exemple rencontré un succès qui a dépassé toutes les attentes. Cette formation est aujourd’hui suivie par 950 personnes. Une autre explication se trouve dans le renforcement des métiers de base. Nous accueillons par exemple une quarantaine de pré-apprentis dans nos écoles de métiers: informaticiens, polymécaniciens, médiamaticiens, automaticiens et électroniciens. Et puis, la mise en œuvre de la nouvelle loi fédérale a permis d’élargir les possibilités de formation. Il est ainsi possible d’obtenir une attestation fédérale de formation professionnelle en deux ans.

– A l’inverse, certaines filières ont-elles été rallongées?
– Dans les domaines technique, informatique, polymécanique et automatique, la formation professionnelle supérieure a été renforcée. On peut obtenir un diplôme de technicien d’école supérieure en deux années supplémentaires après le CFC. Cela dit, cette évolution, nous l’avons anticipée dès 2004. Aussi bien au niveau de la croissance des effectifs que pour ce qui est de la diversification des métiers. Dans sa globalité, le CPNV, c’est donc 3650 des 22 500 apprentis du canton, mais aussi 320 collaborateurs, six bâtiments dans quatre localités et un budget annuel de 36 millions de francs.

– On dit souvent que le niveau est moins bon que par le passé. C’est aussi votre avis?
– Quand j’entends ça, je cite toujours les Anciens qui disaient déjà, avant l’ère chrétienne, que plus rien n’allait avec la jeunesse. Il n’est pas facile de comparer les époques. A la fin des années 1990, 10% des jeunes sortaient de l’école obligatoire pour aller directement travailler, gagner leur vie. Aujourd’hui, ils sont dix fois moins nombreux à pouvoir le faire. Les comportements ont changé, avec une communication beaucoup plus spontanée, un accès immédiat à l’information. Mais dans le fond, je ne crois pas qu’ils soient très différents. Maintenant, il est vrai que la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’Instruction publique poursuit l’objectif d’assurer un certificat à 95% des jeunes du «secondaire 2» (soit le post-obligatoire). Quand le but est d’amener chacun sur la voie du succès, la mission de l’enseignant exige des compétences nouvelles. Pour ma part, j’ai misé sur la bienveillance qui conduit à croire que chacun peut atteindre ses objectifs avec le professionnalisme du pédagogue.

Créé: 14.08.2017, 21h39

«Je pensais finir ma carrière à Yverdon»

Michel Tatti le jure: il n’avait pas imaginé une demi-seconde qu’il serait un jour conseiller personnel d’un membre du gouvernement vaudois. «Cesla Amarelle et moi ne nous connaissions pas vraiment. On s’est rencontré pendant sa campagne.» L’Yverdonnoise s’est dirigée vers le directeur du CPNV pour se documenter sur la formation professionnelle et ses liens avec l’éducation. Jusque-là, le Jurassien de naissance était persuadé qu’il finirait sa carrière professionnelle au CPNV. «Depuis 2015, on avait d’ailleurs planifié avec mon équipe toutes les successions de responsabilités au sein de la direction. Je devais être le dernier à partir, en 2021.» Sollicité par Cesla Amarelle dans la seconde moitié de juin, il a été nommé le 3 juillet. Ce départ anticipé et rapide ne devrait pas poser de problème au sein de l’établissement. «Mon style de conduite a toujours été de donner des compétences aux collègues, de leur faire confiance pour qu’ils soient autonomes.»

Michel Tatti n’a pas été choisi à la légère. Sa connaissance du système de formation ne se limite pas aux frontières vaudoises, mais englobe tout le pays. Il y a quelques années, alors qu’il travaillait encore à Porrentruy, l’actuel citoyen de Grandevent avait du reste été délégué de Flavio Cotti auprès du Conseil de l’Europe sur les questions migration et formation interculturelle. «Mon rôle sera de permettre à la cheffe de département d’avoir une vision panoramique sur les dossiers qu’elle aura à traiter en matière d’éducation et d’enseignement et de s’appuyer sur les expériences qui ont été et sont encore menées un peu partout en Suisse», relève celui qui a été successivement enseignant, puis formateur de profs avant de devenir directeur.

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