Encore un sursis pour les poissons de l'Arnon

Nord vaudois - BroyeLe sort de la microcentrale hydroélectrique prévue dans les gorges de Covatannaz n’a pas été réglé par le Tribunal fédéral.

Les opposants craignent que le projet ne porte atteinte à la beauté du site des gorges de Covatannaz.

Les opposants craignent que le projet ne porte atteinte à la beauté du site des gorges de Covatannaz. Image: KEYSTONE

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Que leur environnement naturel soit ou non impacté par la construction d’une microcentrale hydroélectrique dans les gorges de Covatannaz, les poissons de l’Arnon peuvent encore tranquillement dormir sur leurs branchies. Alors que le sort du projet lancé en 2002 par la société lausannoise Estia était entre les mains du Tribunal fédéral (TF), les juges ont décidé de ne rien décider. Ou plus exactement de renvoyer ce délicat dossier sur le bureau de la Cour de droit administratif et public du Canton.

A 4 contre 1

A une majorité de quatre contre un, le TF a estimé mercredi que les incertitudes qui planent sur la viabilité du projet ne permettaient pas de donner le feu vert réclamé par les promoteurs. Ces derniers avaient vertement contesté le jugement rendu au printemps 2015 par le Tribunal cantonal qui les condamnait. L’instance vaudoise avait alors entendu les arguments du WWF, de Pro Natura et de la Société vaudoise de pêcheurs en rivières. Trois entités qui estiment en substance que la production annuelle d’électricité de ce projet est trop faible pour justifier l’atteinte au paysage et à la faune aquatique qu’elle engendrerait.

Le projet prévoit de turbiner une partie du courant de l’Arnon, le dérivant au moyen d’une conduite forcée enterrée longue de 1300 mètres pour le conduire à une centrale installée sous un pont à Vuitebœuf. Sa production? Les avis divergent entre promoteurs du projet d’une part, défenseurs de l’environnement et pêcheurs de l’autre. Les premiers, soutenus par la Romande Energie, affirment que les 1,78 GWh produits annuellement permettraient la couvrir la consommation de 500 ménages. Les seconds parlent quant à eux de 243 personnes.

«Nombreux intérêts contradictoires»

Et c’est bien la difficulté à concilier «les nombreux intérêts contradictoires» en jeu que le président de la première Cour de droit public a relevés, rappelant que, même au sein du Département fédéral de la protection de l’environnement, les avis étaient partagés. «Les aspects financiers doivent encore être éclaircis», a également souligné Jean Fonjallaz. De plus amples analyses devront être entreprises.

Le secrétaire exécutif de Pro Natura Vaud, Michel Bongard, précise que le Tribunal a estimé que la nécessité de capter les eaux d’une rivière encore intacte n’avait pas été assez bien justifiée en regard d’autres possibilités de produire plus d’électricité: «Les petites centrales de production hydraulique doivent respecter l’équilibre biologique des rivières.» Néanmoins, à l’instar du WWF, il regrette que le TF ait accordé un intérêt prépondérant aux enjeux économiques au détriment de la protection de la nature et du paysage.

Projet ni sauvé ni coulé

Le TF n’a donc ni sauvé ni coulé la réalisation d’une minicentrale hydroélectrique dans les gorges de Covatannaz. Promoteur du projet, Manuel Bauer a choisi de voir le verre à moitié plein, se réjouissant que, au travers de la voix d’un des cinq juges, son recours ait été partiellement accepté.

Créé: 23.11.2016, 19h19

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