«L’entreprise Eldora refuse le dialogue social»

BallaiguesDes salariés dénoncent des «intimidations» de leur supérieur. L’entreprise de restauration dément.

Andrew Gordon, le directeur général du groupe Eldora.

Andrew Gordon, le directeur général du groupe Eldora. Image: Alain Rouèche

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«En 25 ans de carrière, personne ne m’avait dit «Ferme ta gueule» sur mon lieu de travail», témoigne une salariée de la société de restauration de collectivités indépendante Eldora, en retenant ses sanglots. Elle est actuellement en arrêt maladie, comme trois autres de ses collègues sur une équipe de cinq personnes au total.

Trois des quatre salariés en arrêt de travail et aujourd’hui licenciés ont convoqué la presse, jeudi, dans les locaux yverdonnois du syndicat Unia. Tous racontent avoir subi «des intimidations et des réflexions dégradantes» de la part de leur supérieur direct entre juillet 2017 et janvier 2018, sur leur lieu de travail, à Ballaigues.

«Il (le supérieur) est arrivé à cinq centimètres de mon visage et m’a hurlé dessus et insulté. J’ai eu peur qu’il me tape», confie un employé. «Il nous insultait tout le temps: crétin, incompétent, menteur ou encore casse-couilles», surenchérit une de ses collègues.

Face à ce climat de travail délétère, les employés avertissent leur hiérarchie. «Pour seule réponse, détaille une salariée, nous avons eu un entretien individuel avec une personne qui disait être juriste. Il n’a pas cherché de solutions. Il voulait seulement savoir si ce qu’on disait était dangereux pour l’entreprise.»

Quelques jours plus tard, le 29 janvier, le couperet tombe. «La direction n’a pas considéré leur appel à l’aide et a préféré les licencier, assure Yves Defferrard, secrétaire régional d’Unia. Ces licenciements sont à nos yeux clairement abusifs.» De plus, Eldora refuserait les demandes de dialogue du syndicat. «Unia, en tant que signataire de la Convention collective de travail de l’hôtellerie-restauration, est un partenaire social reconnu, poursuit le secrétaire régional. C’est pourquoi nous appelons la direction d’Eldora (Ndlr: dont le siège est à Rolle) à accepter cette rencontre que nous demandons depuis plus d’un mois. Aujourd’hui, l’entreprise refuse le dialogue social.»

Du côté de l’entreprise, qui compte 2207 collaborateurs en Suisse et qui a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 337 millions en 2017, le supérieur direct mis en cause nie tout mauvais comportement. «À aucun moment je n’ai manqué de respect à ces gens-là, assure-t-il. Ils ont tous été bien traités.» Sa direction ajoute, via un communiqué: «Le Groupe Eldora conteste formellement les allégations du syndicat Unia et ne souhaite pas se prononcer sur ce dossier dont le traitement est assuré professionnellement et confidentiellement par son service des ressources humaines, dans le strict respect des dispositions de la Convention collective nationale du travail (CCNT).» (24 heures)

Créé: 17.05.2018, 17h28

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