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Eoljoux se heurte à un recours de l'OFEV

L'Office fédéral de l'environnement n'accepte toujours pas les mesures de protection du Grand Tétras proposées par le Canton en compensation au projet de parc éolien. Son sort se jouera au Tribunal.

Une fragile population de Grand Tétras loge autour de l'alpage visé par les éoliennes de la Vallée. Berne et Lausanne sont en désaccord profond sur la façon de protéger l'animal.
Une fragile population de Grand Tétras loge autour de l'alpage visé par les éoliennes de la Vallée. Berne et Lausanne sont en désaccord profond sur la façon de protéger l'animal.
Francois Villard

«Un recours de plus», soupirent les porteurs du projet éolien Éoljoux, à la Vallée. Celui-ci vient de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), a appris «24 heures». Il s’oppose auprès du Tribunal cantonal vaudois à l’autorisation de défrichement octroyée par le Canton.

Politiquement, c’est un revers pour Jacqueline de Quattro et son soutien à ce projet éolien. Son plan d’affectation avait en effet été accordé avec seulement une autorisation de défricher «sous réserve». Autrement dit, le projet pouvait aller de l’avant, ne manquait plus que l’OFEV accepte de signer. Raté. Après un préavis négatif, puis plusieurs propositions de compromis adressées par Lausanne, Berne est restée inflexible. Jusqu’à ce que Lausanne décide de passer outre l’avis fédéral, comme la loi l’y autorise. Encore raté.

Voilà pour la forme. Sur le fond, l’OFEV, qui se refuse à commenter une affaire en cours, rechigne toujours à laisser partir quelque 43 556 m2 de forêt, selon les premiers calculs. À noter qu’on parle surtout de surfaces quittant l’affectation forestière. En soi, seuls quelques bosquets et bordures d’arbres doivent être touchés par les hélices. Davantage d’arbres sont visés par les mesures de compensation pour la faune, comme le grand tétras. Sauf qu’en 2016, l’OFEV relevait déjà que les mesures n’étaient pas suffisantes.

«On s’attendait un peu à ce recours, il y a une tendance actuellement et il y a eu d’autres recours contre des décisions de défrichement de la part de l’OFEV, regrette Cornelis Neet, chef de la Direction générale de l’environnement du canton. Nous avons eu de longs échanges au plus haut niveau, mais l’OFEV continue de considérer qu’on ne peut pas toucher à une population centrale pour l’Europe de grands tétras. Une question de principe. Nous, nous maintenons que c’est un risque purement théorique, et que la survie de l’espèce se joue aussi sur le terrain et avec, dans ce dossier, des mesures de compensation très importantes et adaptées pour favoriser l’espèce. C’est ce qu’a approuvé le Canton.»

Les Combiers font également la moue. «On prend acte», réagit Alain Bourqui, directeur général de la Société électrique de la vallée de Joux. «Ce qui surprend, c’est que c’est l’OFEV lui-même qui nous a indiqué ce site il y a dix ans. On avait alors accepté d’enlever trois éoliennes… Il y a une dichotomie vraiment gênante entre la volonté politique et les outils.» Énergie et Environnement dépendent de la même ministre, Doris Leuthard.

Pour Éoljoux, le verdict du tribunal sera crucial. Pour l’ensemble des projets éoliens aussi. Ce sera un premier test pour la Stratégie énergétique 2050, visant entre autres à faciliter l’implantation d’hélices et acceptée par le peuple en mai 2017.

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