Epargnée par le feu, l’huilerie d'Yverdon vit encore

IncendieAprès l’incendie de février, le moulin a transféré son activité à Echallens. Mais l’huile de noix est toujours produite sur place.

Dominique Rochat presse l'huile de noix du Moulin d'Yverdon depuis quatre ans.

Dominique Rochat presse l'huile de noix du Moulin d'Yverdon depuis quatre ans. Image: FLORIAN CELLA

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Un trou béant entre les maisons de la rue Cordey, à peine comblé par des murs dévastés qui portent les séquelles noires de l’incendie du 1er février. C’est tout ce qui reste du Moulin d’Yverdon, à deux pas du centre-ville. Vraiment tout? Eh bien non: les passants ne s’en aperçoivent pas vraiment, mais l’huilerie située à l’extrémité sud du bâtiment ravagé par les flammes tourne encore. Et ce même si le plus gros de l’activité du moulin – dont l’avenir reste flou quant au lieu de sa reconstruction – a été transférée à Échallens. «Bienvenue dans ce qu’il reste du moulin.» Habitué à voir du monde traverser le local de 60 m2 où plusieurs tonnes de cerneaux de noix sont pressées chaque année, Dominique Rochat travaille désormais seul. Mais le nuciculteur n’a pas perdu le sourire et parle toujours avec autant de passion de ce métier qui l’occupe six mois par année depuis quatre ans.

À deux pas de la presse à eau qui extrait l’huile des noix d’abord concassées par une roue de fonte puis chauffées à 110 °C pendant une demi-heure, cinq marches de pierre conduisent à deux portes. L’une s’ouvre sur un deuxième escalier. Celui qu’empruntaient l’ancien meunier et sa femme pour regagner leur appartement situé au premier étage. La seconde est condamnée. La lumière qui filtre en dessous de son seuil provient des ruines qui jouxtent le local. «Les collègues passaient par là. Les locataires du dessus aussi. Alors oui, ça fait bizarre d’être là, mais il faut bien aller de l’avant. De toute façon, on n’a pas le choix. Les décisions les plus difficiles, c’est le comité et les sociétaires qui doivent les prendre. Mais j’espère que dans une année on sera toujours ici.»

«Oui, ça fait bizarre d’être ici, mais de toute façon il faut aller de l’avant»

Si l’huilerie a été épargnée par les flammes, c’est que le feu a pris plus loin, au milieu du moulin. Et qu’à peine arrivés sur les lieux du sinistre, à 4 heures du matin, les pompiers ont copieusement arrosé cette partie du bâtiment pour la protéger. «Il a quand même fallu tout nettoyer au Kärcher. Et le plafond a été rénové, parce qu’il a souffert de l’eau et de l’humidité», reprend Dominique Rochat. Mais les vieilles machines, elles, ont tenu le choc. À l’époque, on construisait du solide. Et celles qui portent une plaquette métallique «J. Fiechter constructeur Lausanne» ne font pas exception.

Lors des nettoyages, une date est apparue sur la presse à eau: «1901». «J’espère que leur histoire continuera à s’écrire ici, qu’on travaillera toujours artisanalement en maintenant, grâce à ces machines, le trait d’union qui nous relie à ce que les anciens ont fait et qui est exceptionnel», philosophe l’huilier.

Six semaines d’arrêt forcé

L’incendie a octroyé aux machines une pause technique d’un mois et demi. «Le 19 mars, on a remmodé le moteur qui actionne les courroies qui font tourner les machines. Et tout fonctionne parfaitement.» Dominique Rochat n’avait pas pris de retard dans son travail, ce qui lui a permis d’honorer l’ensemble des commandes des clients. «Je les remercie pour leur patience et pour la confiance qu’ils nous ont témoignée. Certains ont même participé à la remise en état de l’huilerie», se réjouit-il. Cette année, 2,5 tonnes de noix auront ainsi été transformées d’ici au 20 avril. Soit une production de 1250 litres environ, le rendement tournant autour des 50%. Il y a trois ans, l’huilerie du Moulin d’Yverdon avait pressé 6 tonnes de noix. «Mais cette diminution n’a rien à voir avec l’incendie, c’est dû aux caprices de la météo.» Et sans doute aussi un peu à une production de noix en baisse dans la région.

Ce qui a changé, en revanche, depuis le sinistre, c’est que l’huilerie ne fait plus de vente directe. Les particuliers continuent certes d’apporter leur matière première pour repartir avec le produit fini, mais l’huile qu’elle produit à son compte est désormais exclusivement écoulée via ses canaux de distribution. (24 heures)

Créé: 15.04.2018, 16h40

Paid Post

Le casual dating est-il fait pour vous?
L’idée d’une rencontre purement sexuelle sans aucun engagement peut paraître séduisante, mais une petite mise au point s’impose.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.