Passer au contenu principal

L’Épicerie se réinvente en laboratoire à but social

Le magasin était menacé. Il prend un nouveau départ en intégrant quatre personnes en situation de handicap mental.

Alexandra Claudino (à g.) et Sonia Bühler se réjouissent du partenariat avec la Fondation Delafontaine qui débutera dès la mi-juin.
Alexandra Claudino (à g.) et Sonia Bühler se réjouissent du partenariat avec la Fondation Delafontaine qui débutera dès la mi-juin.
Jean-Paul Guinnard

«J’avais décidé de vendre mon commerce au mois de janvier, car les difficultés s’accumulaient, se remémore Sonia Bühler, la patronne de l’Épicerie de Concise qui ouvre 7 jours sur 7. Après avoir rendu mes démarches publiques («24 heures» du 29 janvier) , un élan de solidarité s’est formé au sein de la population et certains habitants viennent désormais m’aider bénévolement.» Si la tenancière du dernier magasin alimentaire du village peut notamment compter sur une bonne âme pour aller lui chercher ses légumes frais à Saint-Aubin (NE) plusieurs fois par semaine, c’est aussi le partenariat proposé récemment par la Fondation Delafontaine qui lui donne le sourire jusqu’aux oreilles.

En effet, La Cordée, le secteur socioprofessionnel de la fondation, propose des places de travail à des personnes en situation de handicap mental dans différents ateliers, dont un est intégré à la centrale de Migros Vaud. «Quatre de ses bénéficiaires, accompagnées par une maîtresse socioprofessionnelle, viendront tenir mon épicerie tous les lundis, dès la mi-juin.» La commerçante voit deux avantages non négligeables à cette démarche: «Même si je m’engage à fond dans le projet, cela m’enlève un jour de travail sur le papier, confie-t-elle. Dans ma situation, cela représente beaucoup.» Pour les personnes en situation de handicap, Sonia Bühler estime qu’il s’agit là «d’insertion professionnelle en première ligne» dans un espace où l’interaction avec les clients «profitera à tous».

D’ailleurs, la clientèle de l’Épicerie de Concise commence gentiment à être informée des changements qui se préparent pour dans quelques semaines. Comment réagit-elle? «Tout dépend des personnes, rebondi Alexandra Claudino, employée de la petite enseigne locale. Certains clients s’en réjouissent et trouvent le projet génial tandis que d’autres restent plus modérés.»

Sonia Bühler aimerait donc que son épicerie se transforme en véritable espace de rencontre et change le regard des gens sur le monde du handicap. «La personne s’insère et la société intègre, c’est comme ça que ça devrait fonctionner, poursuit la patronne des lieux. Chacun a sa place et mérite de s’épanouir. C’est un projet qui correspond à mes valeurs de vie.»

Solide formation

La commerçante promet cependant à sa clientèle de garder un œil sur ce qu’il se passe au sein de son épicerie durant les premières semaines de l’expérience et la rassure: «Ces nouveaux travailleurs seront suivis et accompagnés en permanence par une maîtresse socioprofessionnelle, au bénéfice d’un CFC de vendeuse et d’une formation sociale. Ils seront formés à tous nos gestes du quotidien: la découpe des fromages, la mise en place des produits, les rangements, le nettoyage, et, surtout, à la relation avec le client…» Toujours d’après elle, ces quatre personnes se réjouissent et sont volontaires pour ce projet. Certains ont déjà une expérience familiale du commerce, d’autres ont déjà exercé ce métier d’aide-vendeur sur d’autres sites. Sonia Bühler, qui ne doute pas un seul instant du futur succès de son partenariat avec la Fondation Delafontaine, espère maintenant que d’autres structures similaires verront le jour: «Tout le monde y gagne et ces projets promettent des beaux moments d’échange.»

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.