L’épicerie villageoise 2.0 imagine son futur à Bavois

Commerce de proximitéOuvert 24h/24, un petit magasin en self-service accueille ses clients grâce à une application pour téléphone.

Une cliente scanne les articles avec son téléphone, et de payer ensuite son «panier» avec sa carte de crédit ou via Twint.

Une cliente scanne les articles avec son téléphone, et de payer ensuite son «panier» avec sa carte de crédit ou via Twint. Image: Christian Brun

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Des œufs, de l’huile et même du miel de Bavois. Des lentilles de Cottens, de la viande de La Chaux, une multitude de fruits et légumes du Nord vaudois, un rayon de produits hygiéniques, des piles ou encore des conserves renfermant des petits plats mitonnés maison. Le tout accessible à toute heure du jour et de la nuit grâce à son téléphone portable. Une fiction campagnarde inspirée du film «Blade Runner»? Pas du tout.

Cette offre – non exhaustive – un peu folle est proposée par quatre trentenaires, tous originaires de Bavois, au sein même de leur village. Loin d’être uniquement des épiciers comme on en dénombre malheureusement de moins en moins à travers le canton, Stéphanie Favre, son frère Sylvain, Steven Oulevay et Steve Brönnimann sont des véritables entrepreneurs 2.0.

Pourtant, de l’intérieur, leur magasin aménagé dans un conteneur maritime posé à quelques pas de la gare CFF du village ressemble à tous les autres commerces du genre. Mais le leur, en plus de faire la part belle aux produits frais et locaux, a réussi à prendre le virage du numérique. Désormais, à Bavois, une application remplace le caddie pour faire ses emplettes. Et, sauf arrangement particulier pour les personnes qui en feraient la demande, on ne paie plus ses courses en liquide.

Entièrement automatisé

«Le client doit appuyer ici pour déverrouiller les portes du magasin, explique Stéphanie Favre, en montrant l’écran de son smartphone. L’application va vous géolocaliser pour être sûr que vous êtes bien à proximité de l’épicerie et vous pouvez y aller.» Quelques secondes plus tard, la magie opère. Les lumières s’allument toutes seules, tout comme les haut-parleurs qui se mettent subitement à cracher les tubes du moment. «Il y a des codes-barres sur tous nos articles destinés à la vente, poursuit celle qui est aussi la fille de la dernière épicière du village nord-vaudois. Il suffit de les scanner avec son téléphone et hop, ils sont ajoutés à votre panier. Il ne reste plus qu’à valider les achats et votre carte de crédit, ou Twint selon ce que vous utilisez, fait le reste.» Dans les prochaines semaines, un terminal fixe sera installé dans le conteneur pour que les personnes qui ont seulement une carte de débit puissent aussi y venir faire leurs courses.

«L’idée nous est venue alors que nous étions sur les pistes de ski, en janvier 2018, confie Sylvain Favre. Il n’y a plus de commerce à Bavois depuis plus de dix ans et ça nous tenait à cœur d’ouvrir un établissement qui puisse tourner, même dans un petit village.» Car la structure façonnée par les quatre entrepreneurs, en plus d’être pratiquement autonome d’un point de vue énergétique, n’est pas chère à exploiter. «Il n’y a pas de personnel à payer et les producteurs viennent eux-mêmes amener leurs produits, explique Stéphanie Favre. Nous ne sommes qu’une plateforme.»

Environ trois mois après son ouverture, le commerce a fait ses preuves. Aujourd’hui, son application affiche 950 téléchargements au compteur. «Les autorités ont accueilli ce projet avec beaucoup d’enthousiasme, confie Thierry Salzmann, syndic de la commune. Il y a presque 1000 habitants à Bavois. C’était un vrai besoin pour la population.» Et d’ajouter: «Même si je n’y suis pour rien, je ressens une certaine fierté de voir ce type de commerce naître ici.»

En plein développement

Les quatre entrepreneurs souhaitent aujourd’hui exporter leur concept. «On a reçu des propositions de certaines communes valaisannes ou encore de France, se réjouit Steven Oulevay. Au départ, multiplier nos magasins n’était pas un de nos objectifs. Mais nous y songeons désormais.» En verra-t-on un nouveau prochainement dans la région? «Nous sommes actuellement en discussion avec une autre commune du district, annonce-t-il. Mais nous ne pouvons rien dire de plus tant que le projet n’est pas entériné.» Affaire à suivre, donc.

Créé: 08.02.2019, 11h29

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