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Des étudiants rencontrent des retraités grâce à leurs films

Des courts-métrages tournés par des jeunes de l’Écal ont attiré une petite centaine de seniors à Yverdon. Reportage.

Lundi après-midi, Lou-Théa Papaloïzos et Keerthigan Sivakumar ont présenté leur travail à un public conquis.
Lundi après-midi, Lou-Théa Papaloïzos et Keerthigan Sivakumar ont présenté leur travail à un public conquis.
JEAN-PAUL GUINNARD

«Quand j’ai vu que des jeunes livraient leur regard sur des seniors comme moi, je craignais le pire. Je suis tout de même venue par fidélité pour mes amis et je peux vous dire maintenant que c’était merveilleux. Bravo!» Lundi après-midi, une petite centaine de têtes aux cheveux blanchis et de fronts plus ou moins dégarnis se sont déplacés au château d’Yverdon pour découvrir cinq des onze courts-métrages réalisés par des étudiants de l’École cantonale d’art de Lausanne (Écal), à l’occasion des 20 ans de Connaissance 3. Plus d’un an et demi après leur première diffusion publique, ces productions continuent de faire salle comble et de susciter l’enthousiasme des spectateurs. Et la séance yverdonnoise n’a pas fait exception.

Quelques minutes avant le début de la projection, mise sur pied par l’Université des seniors du canton, des bénévoles s’activent discrètement pour rajouter des chaises dans l’Aula Magna du château de la cité thermale. La foule dépasse visiblement les attentes des organisateurs. Soudain, dans la salle, la lumière tombe. Deux jeunes étudiants de l’Écal, accompagnés de leur professeur, se dressent face à l’assistance et prennent la parole pour présenter leur travail. «Qu’est-ce qui enrichit nos racines? lance Keerthigan Sivakumar, étudiant en cinéma arrivé en Suisse depuis le Sri Lanka en 2009. La religion peut être une réponse. La culture, les valeurs, la solidarité… Cela questionne le rôle de transmission des aînés et c’est ce qui m’a intéressé.»

De son côté, sa camarade Lou-Théa Papaloïzos s’est plongée dans un tout autre sujet, en mettant en scène deux seniors «indociles»: les activités proposées aux résidents d’EMS pour les occuper. «Le 3e âge est un sujet tellement universel, explique-t-elle. On peut aborder des thèmes du quotidien avec humour, poésie ou encore mélancolie… C’est sans limite.»

Après les différentes prises de parole, les courts-métrages s’enchaînent. Tous font mouche. Des éclats de rire se font entendre lorsqu’un aîné tente d’attirer l’attention de son petit-fils, les yeux rivés sur son smartphone, avec un appeau à colverts, en plein milieu d’un repas de famille. S’ensuivent des soupirs lorsqu’un senior, dans une profonde solitude, erre dans la ville de Lausanne en soirée pour passer le temps.

Aîné aussi acteur

«J’ai pris une claque aujourd’hui, confie avec émotion une retraitée à la fin de la projection. Chacun des thèmes était approché avec sensibilité. Je vous en suis reconnaissante.» «Merci, cela m’a fait chaud au cœur, reprend un spectateur. Il faudrait montrer ces films dans tous les milieux.» «J’ai eu la chance d’être acteur dans une de ces capsules, indique l’Yverdonnois Charles Albrici. Il y a eu un tel partage lors du tournage, de vrais échanges intergénérationnels honnêtes et constructifs. Cela serait super si cette expérience pouvait se renouveler.»

Connaissance 3 fait savoir que cela n’est pas prévu, du moins pas dans l’immédiat. Trois projections sont toutefois encore au programme: le 5 novembre à La Tour-de-Peilz, le 11 à Bex et le 29 à Morges.

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