La famille qui terrorise ses voisins fait de la résistance

GrandsonUn ménage de huit personnes qui a déjà dévasté son dernier logement refuse de quitter sa maison malgré les plaintes du voisinage.

De véhicules sont réparés dans le jardin de la famille, ce qui dérange certains voisins.

De véhicules sont réparés dans le jardin de la famille, ce qui dérange certains voisins. Image: ARTHUR PENDRAGON

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«J’ai repris le dossier de la famille terrible de Grandson en décembre, et les plaintes du voisinage sont incessantes, soupire un employé d’une gérance immobilière du Nord vaudois qui souhaite rester anonyme. Le loyer n’est plus payé depuis cinq mois. Cette fois, ce n’est plus possible. La procédure d’expulsion est sur le point d’être achevée.» L’ambiance délétère qui règne dans un quartier résidentiel de Grandson, à deux pas du lac de Neuchâtel, ne date pas d’hier. Il y a un an, des habitants criaient déjà leur colère dans nos colonnes en pointant du doigt le ménage de huit personnes – dont deux enfants mineurs – alors fraîchement installé: «On n’en peut plus de se faire agresser et insulter à chaque fois qu’on passe devant chez eux. Et les autorités ne font rien!» «C’est le monstre chenit dans le jardin et ils brûlent presque quotidiennement des choses dedans. Il y a plein d’épaves de véhicules!»

«La police interviendra»

Face aux nuisances causées par cette famille nombreuse, dont les parents sont à l’aide sociale, la gérance responsable de son logement avait tout mis en œuvre pour la faire expulser. D’autant plus que la famille originale avait déjà défrayé la chronique l’année précédant son arrivée à Grandson. Pour rappel, les propriétaires de l’immeuble sainte-crix où les huit personnes ont résidé jusqu’en novembre 2016 avaient retrouvé leur bien dans un état inimaginable: les déjections de leurs 92 animaux (chiens, chats et poules) et des montagnes de déchets recouvraient les sols et le jardin de la propriété. La piscine détruite, les murs maculés de taches brunâtres et l’odeur pestilentielle ambiante venaient parachever la scène.

«Nous voulions qu’ils soient loin au 31 mai de cette année, se souvient l’entrepreneur, qui possède le domicile actuel de la famille. Malheureusement, les procédures ont duré plus longtemps que prévu. Nous avons cependant pris toutes les mesures pour qu’ils soient expulsés à la fin du mois de juin. La police interviendra au besoin.» Si le propriétaire et la gérance sont déterminés à aller de l’avant, la famille grandsonnoise ne l’entend pas de cette oreille. Les parents restant injoignables, c’est un de leur fils, majeur, qui nous assure au téléphone que personne ne remuera le petit doigt dans l’immédiat. «On ne peut pas mettre des gens dehors comme ça, s’insurge-t-il. Nous partirons quand nous aurons une solution de relogement.»

«À ma connaissance, il n’y a pas de problème avec le voisinage. Ce sont probablement des rumeurs»

Selon le jeune homme actuellement en arrêt de travail en raison «d’importants problèmes de dos», sa famille serait même la victime dans cette histoire. «Nous avons passé tout l’hiver sans eau chaude à cause d’un problème de chaudière. Comme personne ne venait faire les réparations, nous avons dû nous en occuper nous-mêmes.» Il ajoute avec aplomb: «À ma connaissance, il n’y a pas de problème avec le voisinage. Ce sont probablement des rumeurs.»

De son côté, la gérance dément formellement avoir été contactée à ce sujet. En outre, la version des faits du jeune homme est mise à mal par un article de «20 minutes» publié le 31 mai dernier. On y apprend que sa mère a écopé de 30 jours de prison ferme pour injures et de 50 jours-amendes après s’être attaquée à des cyclistes non loin de chez elle. Et ce n’est pas tout. Selon nos informations, il est lui aussi passé devant un juge pour avoir menacé le seul assistant de sécurité publique de Grandson avec une pelle puis un morceau de bois. «Je ne sais pas si ma mère a été condamnée à quoi que ce soit, rétorque-t-il, après avoir été questionné sur l’article de notre confrère. Quant à moi, l’affaire est bouclée et je veux tourner la page.»

Et les enfants?

La gérance nord-vaudoise se dit confiante pour la suite de l’affaire, même si elle ne sait pas dans quel état elle retrouvera le logement quand la famille l’aura quitté. «Cette histoire est abominable et fait perdre du temps à tout le monde, confie l’employé. Ce qui me met le plus en colère, c’est le sort de leurs deux enfants en bas âge. J’ai l’impression que les autorités ne viennent pas à leur aide. Alors, quand la famille sera relogée, les problèmes recommenceront.»

Contactée, Katiuska Stekel Diviani, cheffe par intérim de l’Office des curatelles et tutelles professionnelles (OCTP), explique que son service s’est vu confier récemment un mandat de curatelle pour les parents – ce dernier est en cours d’évaluation – et que, depuis avril, les deux enfants mineurs de la famille sont suivis par des tuteurs professionnels.

Des questions restent cependant en suspens: où la famille va-t-elle être relogée? Comment faire pour qu’une telle situation ne se reproduise pas? Que peut concrètement faire l’OCTP à part déplacer le problème? «Les réponses à vos questions sont soumises au secret de la curatelle, indique Katiuska Stekel Diviani par e-mail. Cela étant, je tiens à préciser que, comme pour tout mandat de protection qui nous est confié par la Justice de paix, les curateurs et tuteurs professionnels de l’Office veillent à la sauvegarde des intérêts des personnes concernées. Ainsi, dans les limites du mandat de protection, les questions de logement peuvent relever de leur compétence et tout est mis en œuvre pour trouver des solutions adaptées, en tenant compte du contexte global.»

Créé: 10.06.2019, 20h58

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