Un filet à mailles serrées tendu à la douane du Creux

VallorbeUne opération de contrôle franco-suisse du trafic poids lourds a été conduite mardi. Une grande première à cette échelle.

Les douaniers et le chien «Cal El» s’apprêtent à fouiller la cabine de ce camion.

Les douaniers et le chien «Cal El» s’apprêtent à fouiller la cabine de ce camion. Image: KEYSTONE / LAURENT GILLIERON

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Mardi matin, peu avant 11h30, à la douane du Creux, à Vallorbe. Le chauffeur d’un camion italien qui vient de transiter par la Suisse maugrée dans la langue de Dante qu’il est là depuis plus de trois heures. En tirant la bâche latérale de son véhicule, il laisse apparaître des meubles emballés dans un film plastique, imbriqués les uns dans les autres comme s’il s’agissait d’un jeu de Tetris géant. Si l’opération peut paraître banale, elle marque toutefois une grande première dans le contrôle du trafic poids lourds franco-suisse.

Car si les douaniers des deux pays ont l’habitude de travailler ensemble, ce n’est pas le cas d’un troisième intervenant, la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement de Bourgogne-Franche-Comté (DREAL). Ses agents veillent notamment au respect du Code de la route, traquent le travail illégal et la fraude au détachement, qui permet à un salarié de partir travailler temporairement à l’étranger pour le compte de son employeur en continuant de bénéficier du régime social de son pays.

Une législation à connaître

Avec 25 personnes mobilisées, autant dire que le crible était fin, mardi de 10h à 14h, pour les routiers, qui allaient littéralement subir un contrôle à 360 °. Et si Cal El, le labrador noir des gardes-frontière suisses, n’a rien reniflé de suspect dans ce train routier, le chauffeur n’a pas franchi avec succès tous les critères du contrôle fouillé. C’est d’ailleurs parce que la longueur totale de son véhicule excédait d’une quarantaine de centimètres les dimensions autorisées pour transiter par la Suisse (18,90m contre 18,50m) que lui, son chargement et son véhicule ont été soumis à toute une batterie de contrôles et d’inspections. Qui n’ont finalement rien révélé d’autre d’anormal. «La taille du camion ou de sa remorque est évidemment incompressible, mais l’employeur aurait dû arrimer une remorque plus courte (ndlr: et perdre en quantité transportée) pour respecter une législation qu’il doit connaître», relève Stéphane Ulrich, responsable d’une unité de contrôle mobile à l’Administration fédérale des douanes.

Peu après, c’est un chargement de paille qui s’est révélé bien trop long par rapport à la législation en vigueur. Des délits plutôt mineurs, bien que ce ne soit pas toujours le cas. «Il y a une quinzaine de jours, des collègues ont bloqué un camion qui entrait en Suisse et dont le dispositif de freinage et d’éclairage ne fonctionnait plus…» relève Stéphane Ulrich.

Également suspecté de contrevenir aux lois, ce chauffeur bosnien est stoppé à son entrée en Suisse, en provenance des Pays-Bas. S’il a correctement «estampillé» son poids lourd qui circule «sous ADR» (acronyme anglais signifiant Accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par route), son chargement est aussi constitué de produits nécessitant la pose sur sa carrosserie d’un rectangle orange bien connu des hommes du feu. Or, si la plaque y figure, elle est vierge des chiffres qui indiquent quel produit est embarqué. L’avantage pour lui? Sa vitesse n’est pas limitée par ce qu’il convoie. Mais en cas d’accident, les pompiers ne disposent pas de toutes les informations nécessaires pour leur intervention…

Des échanges fructueux

Ce contrôle conjoint binational avait donc pour objectif de réunir les moyens à disposition afin de constater et de prévenir les infractions sur la RN57, axe stratégique qui relie la France et la Suisse, et même l’Italie. Les partenaires se réjouissent de cette première expérience. «Elle a permis d’échanger sur les pratiques de contrôle, les fraudes détectées dans un contexte où ces dernières restent nombreuses et de plus en plus élaborées», souligne Donatella Del Vecchio, porte-parole de l’Administration fédérale des douanes. À l’origine de cette initiative, la DREAL envisage d’ores et déjà de la renouveler afin de garantir plus de sécurité dans le transport routier. (24 heures)

Créé: 11.06.2019, 19h40

Un camion sur deux en infraction


Ce premier contrôle franco-suisse conjoint s’est déroulé mardi de 10h à 14h. Quatre heures au cours desquelles 22 véhicules circulant de la France vers la Suisse et de Suisse en direction de la France ont été examinés. Dix, soit près de la moitié d’entre eux, se trouvaient en infraction.

Parmi les différentes violations des lois, des dimensions de chargements non réglementaires et des transports de marchandises dangereuses non signalées. Mais aussi des manquements aux réglementations de temps de conduite, des états défaillants de véhicules et une autorisation de transport manquante.

«Cela prouve que les infractions commises concernent les différentes réglementations liées au transport», souligne Stéphane Ulrich, responsable d’une unité de contrôle mobile à l’Administration fédérale des douanes.

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