Cette fois, l’abbatiale de Payerne est sauvée de l’effondrement

TravauxLes imposants contreforts en acier posés en urgence sur les flancs de l’église en 2010 ont été retirés. Miracle: l’édifice millénaire est plus solide que jamais.

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Il y a six ans encore, l’abbatiale de Payerne menaçait de s’effondrer en ployant sous le poids de ses dix siècles d’existence. Dés­ormais elle est d’une solidité statique prête à défier le temps!

Mardi matin, après des mois de travaux hautement techniques et précis, les imposants contreforts en acier posés rapidement sur les flancs de l’église en 2010, pour éviter son effondrement, ont été retirés. L’église n’a pas bronché: elle a été entièrement renforcée depuis l’intérieur de ses murs grâce à des tirants plantés verticalement dans les façades. Le retrait de ces étais marque un tournant: l’abbatiale est sauvée.

«Les murs s’écartaient et s’inclinaient dangereusement, la situation était vraiment critique», relève l’ingénieur David Martin. Sur la façade nord (côté place du Marché), le faux aplomb atteint 30 centimètres entre la base du mur et son sommet, 11 mètres plus haut. «En continuant à se pencher, les murs auraient fini par s’effondrer», dit-il.

Une première

Il a fallu appeler les dernières technologies à la rescousse pour stopper cet affaissement. Une fois les fondations bétonnées et renforcées, les murs ont été mis sous tension à l’aide de gros câbles en acier et de vérins hydrauliques. Cela s’appelle la précontrainte. Une technique connue dans le génie civil, notamment pour édifier des ponts ou des hauts immeubles, jamais utilisée à cette échelle sur des monuments historiques. «La Commission fédérale des monuments historiques a minutieusement étudié notre projet avant de donner son feu vert, c’était une première», explique l’architecte Ivan Kolecek chargé de la sauvegarde de l’abbatiale.

Neuf forages très précis ont été effectués depuis le haut dans les murs latéraux. Le percement s’est poursuivi dans le sol à plus de 12 m de profondeur. Des câbles ont ensuite été glissés dans les forages, puis bétonnés dans le sol et finalement tendus. Cela exerce un effet de «pince» de plusieurs tonnes sur tout l’édifice. Chaque câble fournira une pression de 25 tonnes sur les murs. «Nous monterons progressivement la tension, explique l’ingénieur. Mardi nous sommes à 30%. Mercredi nous passerons à 70% et vendredi à 100%.» Durant ces opérations, l’abbatiale est scrutée en permanence par des capteurs électroniques.

Une étape à 7,5 millions

«Au fil des siècles, ce sont toujours les dernières techniques qui ont été utilisées sur cet édifice. Nous avons fait la même chose en optant pour une technologie résolument moderne du XXIe siècle», poursuit Ivan Kolecek. Les travaux sur l’abbatiale vont se poursuive encore durant des années. Le coût de cette étape est chiffré à 7,5 millions.

Créé: 13.12.2016, 16h04

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