Cette fois, on voit vraiment la mer depuis Chavornay

TransportsDès septembre, des trains connecteront trois fois par semaine les ports français de Marseille et du Havre avec le terminal rail-route.

Le Terminal rail-route de Chavornay a été mis en fonction en 2005.

Le Terminal rail-route de Chavornay a été mis en fonction en 2005. Image: MICHEL DUPERREX - A

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

L’initiative est française, mais les bénéfices seront aussi pour le Nord vaudois. Pour le terminal rail-route de Chavornay (Terco) plus précisément. Les deux grands ports maritimes de Marseille/Fos et du Havre ont réussi à concrétiser un projet attendu de longue date par les professionnels de la logistique et du transport. À compter du 3 septembre, une nouvelle navette ferroviaire reliera trois fois par semaine Chavornay au nord et au sud de la France, via le terminal de Dijon-Gevrey, en Bourgogne.

Ce projet, Terco l’attendait depuis son inauguration, le 15 avril 2005. Ce jour-là, le ministre suisse des Transports, Moritz Leuenberger, s’était exclamé: «De Chavornay, on voit la mer!» Ancien directeur de Terco, François Mermod s’en souvient: «Cette connexion avec un port maritime, c’était la philosophie de départ de notre projet. Ça a pris du temps, mais grâce à cette ligne baptisée France - Helvétie Express c’est à deux ports qu’on est relié.»

Les marchandises de et vers la Suisse romande auront donc un accès direct à la Manche et à la Méditerranée, puisque, pour la première fois en France, deux sociétés concurrentes – celles qui exploitent les ports de Marseille et du Havre – se sont associées pour créer, avec l’opérateur de transports combinés Naviland Cargo, une liaison ferroviaire commune. Elle leur permet de poursuivre leur développement au-delà du marché hexagonal. Il faut savoir que le potentiel du marché suisse est estimé à 350 000 ou 400 000 EVP (équivalent vingt pieds, soit 30 mètres cubes). Or aujourd’hui, seule une partie marginale de ce volume transite par les ports français qui espèrent du coup en capter une part importante.

Temps de transit réduit

Le port normand répond ainsi un peu plus encore à son objectif de développement stratégique vers l’est, deux ans après l’ouverture d’une ligne vers Ludwigshafen, en Allemagne. Dans la cité phocéenne, on se réjouit de cette nouvelle liaison qui réduit de manière significative le temps de transit des marchandises entre la Suisse et les marchés méditerranéens et de l’est du canal de Suez. Il en va de même à Chavornay. «Les sociétés suisses qui travaillent avec le Moyen-Orient vont pouvoir passer par Marseille et gagner entre un et quatre jours de trajet», estime Claude Franssen, chef d’exploitation de Terco.

Le gain est encore plus important quand on sait que les ports d’Anvers (Belgique) et Rotterdam (Pays-Bas) par où transitent aujourd’hui les marchandises subissent d’importantes congestions.

La future navette ferroviaire devrait aussi apporter une bouffée d’oxygène financière à Terco SA. Recapitalisée en 2013, la société respire aujourd’hui un peu mieux. «Mais c’est vrai que cette liaison va relancer nos affaires, reprend Claude Franssen. Nous sommes dans les chiffres noirs, mais nos bénéfices restent très modestes.»

Les trains qui relieront trois fois par semaine (mardi, mercredi et jeudi) Chavornay à Dijon seront chargés de conteneurs renfermant des biens de consommation divers: de l’électronique au produit alimentaire. Une part des importations repartira de Chavornay par le rail, via CFF Cargo. Majoritairement, c’est toutefois par la route qu’elles gagneront leur destination finale, principalement en Suisse romande.

«J’avoue ne pas avoir été mis au courant de ce projet, ce que je trouve assez inélégant de la part de Terco»

Selon nos sources, on estime à 120 conteneurs le volume hebdomadaire qui transitera par Chavornay avec cette liaison. Soit à peu près 20 camions de plus par jour. «Nous aurons toutefois encore de la marge par rapport à nos meilleurs exercices, en 2007 et 2008», souligne Claude Franssen. De quoi rassurer le syndic de Chavornay? «Le transit routier supplémentaire, c’est effectivement ce qui nous inquiète. Mais j’avoue ne pas avoir été mis au courant de ce projet, ce que je trouve assez inélégant de la part de Terco», répond le syndic, Christian Kunze. (24 heures)

Créé: 21.06.2018, 08h21

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 6

Publié le 20 septembre 2018.
(Image: Bénédicte) Plus...