Dans la fournaise d'un tunnel en feu, on éteint d'abord et on sauve ensuite

Sécurité routièreUn exercice dans le tunnel d’Arrissoules a permis aux divers intervenants de rôder leur action et leur collaboration.

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Tunnel d’Arrissoules, entre Yverdon et Payerne, mardi 3 octobre, 23 h 45. Des véhicules sont immobilisés sur la chaussée Jura. Des occupants sont affalés sans connaissance dans les habitacles. Une explosion retentit sous la voûte. De la fumée blanche s’élève de la remorque d’une camionnette.

L’exercice mis en scène par l’Office fédéral des routes (OFROU) vient de commencer. «Après l’incendie d’un car dans ce même tunnel en mars 2014, après les catastrophes du Mont-Cenis, du Gothard et du Brenner, notre office organise régulièrement de telles actions afin de peaufiner la coordination des services et de mettre à l’épreuve nos plans d’intervention», explique Philippe Poffet, responsable de domaine à la filiale de l’OFROU à Estavayer.

En quelques minutes, la fumée s’est assombrie et épaissie. Au-delà de l’incendie, en direction d’Yverdon, la vision tombe à quelques mètres. L’éclairage du tunnel s’éteint. Il est relayé par le balisage de secours, à gauche de la chaussée. Même avec une lampe frontale, difficile de distinguer les gilets fluo des autres participants dans cette purée de pois. Finalement, l’abri signalé par des bandes vertes lumineuses est atteint après quelques minutes de marche à l’aveuglette. Dans cette galerie reliant les deux tubes du tunnel, les rescapés sont en sécurité et peuvent enfin respirer.

Mauvais exemple

En compagnie d’Olivier Floc’hic, responsable de la communication à l’OFROU, la petite troupe a fait – pour la démonstration – exactement ce qu’il ne faut pas faire: progresser dans le sens de la circulation, qui est aussi celui de la fumée. En cas d’alarme incendie en effet, la ventilation est enclenchée afin de souffler les fumées dans ce sens. Car on suppose que les véhicules qui se trouvent devant l’accident auront pu s’échapper. Si, au lieu de la fumée certifiée non toxique utilisée pour l’exercice, les observateurs avaient avalé les gaz générés par un vrai sinistre, ils seraient restés sur le bitume.

Chaussée lac, 00 h 06. Un véhicule du Service de défense incendie et de sauvetage (SDIS) du Nord vaudois arrive à la hauteur de la galerie transversale. Il est bientôt rejoint par la tonne-pompe. Les sapeurs s’équipent d’appareils respiratoires, déploient une lance, sortent une civière. «L’expérience a amené un changement de stratégie, indique Eric Stauffer, commandant du SDIS Nord vaudois. Désormais, l’incendie est combattu par les deux portails.» Pour Arrissoules, l’un des plus longs tunnels de l’A1 avec ses 3 km, le plan d’intervention prévoit l’intervention du SDIS Nord vaudois, de ses homologues d’Estavayer et de Payerne ainsi que du corps professionnel de Lausanne. Soit au moins 41 soldats du feu.

«La grande différence par rapport à une intervention ordinaire est que, dans un tunnel, notre mission est d’éteindre d’abord et de sauver ensuite», souligne Eric Stauffer. La chaleur intense et les fumées toxiques dégagées dans un tel milieu expliquent cet inhabituel paradigme. «Cela signifie que l’automobiliste doit se prendre en charge et se mettre en sécurité», ajoute le commandant.

Durant tout l’exercice, des instructeurs chevronnés relèvent les points à corriger et à améliorer dans l’action et la coordination des acteurs. Par exemple, un tuyau qui se coince dans la porte d’une galerie latérale. Leurs observations seront discutées et analysées dans les semaines à venir pour tirer les leçons de cette intervention à blanc, financée à hauteur de 40 000 francs par l’OFROU.

Au bout d’une heure environ, le clap de fin est donné. Place à l’évacuation des véhicules et du matériel afin de rendre le tunnel au trafic à 5 h. En mars 2014, la réfection après l’accident du car, réel celui-ci, avait pris trois mois.

Créé: 04.10.2017, 20h43

Les réflexes qui sauvent lors de l’incendie d’un tunnel

En cas d’incendie dans un tunnel, il est vital d’avoir les bons réflexes car la situation peut dégénérer très vite.

Se repérer Tant que la visibilité est suffisante, repérer les balises lumineuses de secours à gauche au ras de la chaussée ainsi que les panneaux verts, également à gauche, indiquant l’abri protégé le plus proche. Prévoir une lampe (ou smartphone) dans la voiture.

Donner l’alerte Si la situation le permet, donner l’alerte au moyen du téléphone disponible dans l’une des niches orange plutôt qu’avec un mobile. L’ouverture de la porte déclenche une alarme avec localisation à la centrale d’engagement. Deux extincteurs sont aussi disponibles. Attention, les niches ne protègent pas de la chaleur et des fumées. Il ne faut pas s’y réfugier en cas d’incendie.

Se mettre en sécurité Gagner un des abris protégés (portes et bandes lumineuses vertes). Ces abris sont à l’épreuve des fumées et de la chaleur, à condition de maintenir la porte fermée.

Evacuer le tunnel Traverser l’abri protégé et fuir par l’autre galerie du tunnel. Attention aux voitures qui circuleraient encore. En principe, l’alerte entraîne la fermeture du trafic dans les deux tubes.

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