Passer au contenu principal

NatureGrand papillon menacé, le Morio est bien vivant

Ce superbe insecte diurne a été observé dans la Grande Cariçaie ce printemps. Une première depuis 27 ans.

Le Morio est un des plus grands papillons de Suisse.
Le Morio est un des plus grands papillons de Suisse.
VINCENT BAUDRAZ / lepido.ch

Le Morio n’est pas mort. Ce superbe papillon inquiète depuis des années les scientifiques, tant sa régression a été forte en Europe depuis les années 1980 où il était encore assez commun. En quarante ans, il a du reste pratiquement disparu du Jura et du plateau suisse. C’est donc dire si l’Association Grande Cariçaie (AGC) est heureuse d’annoncer qu’une petite population de ce lépidoptère diurne semble s’être réimplantée le long de la rive sud du lac de Neuchâtel.

La nouvelle est d’autant plus réjouissante que Nymphalis antiopa, son nom scientifique, n’avait plus été repéré dans les parages depuis 27 ans… Quelques observations ont d’abord été faites en 2018 au nord du lac, dans la région du Fanel. Et cette année, des individus ont été découverts par des membres de l’association le long de la rive entre Chevroux et Cheyres dans la deuxième moitié du mois d’avril. Christophe Le Nédic en fait partie. «Je ne suis pas du tout un connaisseur des papillons, mais cette espèce est tellement particulière qu’il était quasi impossible que je me trompe», explique-t-il. Il faut savoir que le Morio est l'un des plus grands (environ 7 cm d’envergure) papillons que l’on peut voir en Suisse.

Longévité peu courante

«Cette progression est probablement liée aux conditions météorologiques particulièrement favorables en automne, en hiver et au début du printemps», explique Michel Baudraz, lépidoptérologue et directeur de l’association. Le Morio pourrait profiter des travaux forestiers réalisés par l’AGC dans les lisières fraîches, riches en bois tendres tels les saules, bouleaux et autres peupliers où il se reproduit en avril.

A ce propos, cette espèce a adopté un cycle particulier que partagent certains autres papillons, mais de loin pas leur majorité. Les Morios sortent en effet de leur chrysalide en août, se cachent pour l’hiver, puis se réveillent à l'arrivée des beaux jours pour se reproduire et mourir plusieurs semaines plus tard. Leur longévité, environ onze mois, n'est d'ailleurs pas courante du tout chez les papillons.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.