Grandcour et Missy se partagent depuis cinq siècles l’église de Ressudens

BroyeDes travaux doivent être entrepris sur cet édifice gothique du XIIIe siècle. L’étude préalable est cofinancée par les deux communes, à raison de deux tiers - un tiers.

L’église de Ressudens est propriété de Grandcour et Missy depuis 1536. Image: JEAN-PAUL GUINNARD

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Joyau patrimonial classé, l’église de Ressudens a besoin d’un petit coup de pinceau et d’un nouveau chauffage (lire ci-dessous) . Une étude préalable a été entreprise pour ces travaux. Insolite, elle a été validée par deux communes. Soit Grandcour, dont le hameau de Ressudens fait partie, et Missy… à qui l’église appartient aussi depuis des siècles. «Cette copropriété n’est pas courante, en effet, confirme le conservateur cantonal Laurent Chenu. Je ne vois qu’un autre exemple qui s’en approche dans le canton: l’église de Curtilles, également dans la Broye.» Cet édifice-là est toutefois partagé entre la paroisse de Curtilles-Lucens, à qui appartiennent la nef et le clocher, et l’Etat de Vaud, propriétaire du chœur et de la sacristie.

La particularité propre à l’église de Ressudens ne date pas vraiment d’hier. Ni d’avant-hier même, puisqu’elle remonte à 1536, époque de la Réforme. Maître d’histoire au Gymnase d’Yverdon, habitant de Grandcour et président de l’Association des amis de l’église de Ressudens, Gilbert Marion la connaît sur le bout du doigt. «Il faut savoir que, jusqu’alors, Missy dépendait du prieuré de Payerne. Ses paroissiens se rendaient à l’église de Carignan (Vallon), qui appartenait alors à la grande paroisse de Dompierre-en-Vully.» Au début du XIIIe siècle, forts de l’augmentation de population que connaît la région, les bourgeois de Grandcour sollicitent l’évêque de Lausanne et obtiennent la constitution d’une nouvelle paroisse. Son centre est installé à Ressudens, où se dresse ce qui était alors une petite chapelle privée. L’édifice se développe, sous leur impulsion et celle des seigneurs. «On lui adjoint une cure, deux chapelles latérales symétriques. Et elle atteint sa taille maximale en 1430», précise l’historien.

Même si ces dernières sont détruites un siècle plus tard durant l’occupation par Leurs Excellences de Berne, l’église de Ressudens reste aujourd’hui encore la plus grande église de paroisse rurale de la Broye vaudoise. «Je crois que l’on peut affirmer qu’elle est impressionnante pour une église au milieu des champs», sourit Gilbert Marion.

Clé de répartition

Mais la conversion au protestantisme ne va pas modifier que la donne spirituelle et architecturale dans la région. Payerne la protestante étant trop éloignée de Missy, les Missyriens se tournent vers Ressudens, déjà rattaché à Grandcour. La demande est validée à la condition que les différents frais soient partagés. «On suppose que la clé de répartition a été adoptée selon les populations du moment. Soit environ 300 personnes à Missy et 650 à Grandcour», note Gilbert Marion. Une règle un tiers - deux tiers qui s’appliquait aussi au nombre de places réservées dans le temple aux Missyriens et aux Grandcotis. Et dans le cimetière qui était disposé juste à côté.

Si ce partage a perduré à travers les siècles pour les grandes dépenses, une troisième «variable» s’est glissée dans l’équation avec l’adjonction de la commune de Chevroux au début du XXe siècle. Elle prend ainsi en charge le quart des frais de culte, de chauffage, de conciergerie, de même que la rémunération de l’organiste. Grandcour en assume la moitié, Missy le dernier quart. (24 heures)

Créé: 17.05.2017, 11h50

Des frais divisés

L’entretien de l’église de Ressudens passe par la restauration de sa nef, le relevage de son orgue et le changement de son système de chauffage. Il s’agit notamment d’assainir la base des murs pour freiner l’humidité qui les gagne par capillarité et de rafraîchir certains décors muraux qui datent du début du XXe siècle. En outre, une étude statique du clocher doit être entreprise.

Le coût global n’est pas encore connu, les études étant encore en cours. Il sera partagé entre les deux communes propriétaires (pour ce qui est du chauffage), l’Association des amis de Ressudens (qui dispose d’un fonds de 100'000 francs) et la paroisse Payerne-Corcelles-Ressudens, qui a conservé un fonds d’environ 30'000 francs qu’elle destine à l’orgue.

Par ailleurs, une convention devrait être ratifiée qui ferait de l’association le maître d’œuvre du chantier. Elle pourrait dès lors solliciter des subventions cantonales et fédérales.

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