Des grillons et criquets par milliers dans la cave

LucensÀ l’enseigne de Grifarm, Claude et Stève Ayer élèvent des grillons et criquets dans leur ferme pour nourrir reptiles ou oiseaux.

Vidéo: Romain Michaud

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Aujourd’hui, ils auront droit à une ration d’environ 80 grillons. Demain, je leur donnerai des criquets et, mercredi, de petites souris congelées. Comme ils boivent peu, je leur donne aussi un peu de salade ou des légumes pour leur apporter de l’humidité.» Devant son terrarium occupé par cinq lézards Pogona, Claude Ayer vient de verser une jolie ration des petits insectes qu’il élève dans sa cave de Lucens. Un peu plus loin dans le salon de cette ferme broyarde pas comme les autres, un autre endroit abrite cinq iguanes du désert.

C’est justement pour nourrir ses reptiles que le retraité a lancé son élevage dès 2012. Administrée par son fils Stève, la société Grifarm est inscrite au Registre du commerce depuis trois ans. Parmi les détenteurs de nouveaux animaux de compagnie (NAC) tels que grands lézards ou reptiles, mais aussi chez les possesseurs de mygales ou d’oiseaux, le bouche-à-oreille a fait son œuvre. «Nos prix sont raisonnables et notre production est surtout plus résistante que les insectes vendus dans les grandes surfaces», commente le patriarche.

Alors que les grillons, beaucoup plus petits, sont vendus au poids à raison de 45 francs pour environ 1000 pièces, il coûtera 25 francs au client pour une centaine de criquets. «Afin de pouvoir les capturer, ils sont refroidis au climatiseur à 17 degrés et ainsi ils se figent un moment», détaille le propriétaire des installations.

«Nos prix sont raisonnables et notre production est surtout plus résistante que les insectes vendus dans les grandes surfaces»

Car si le printemps semble s’installer en Suisse, dans la cave de Grifarm c’est l’été toute l’année. Par une température de 30 degrés, des milliers de grillons et de criquets sautillent et se faufilent dans de gros containers remplis d’alvéoles en cellulose pour les œufs ou dans des caisses en bois. Avant d’arriver là, diverses boîtes permettent aux grillons des Lucensois de se reproduire. «Nous avons essayé plusieurs espèces comme le grillon des steppes, qui est très agressif, et même tenté de faire des hybrides entre le champêtre et le domestica, mais, finalement, nous nous concentrons désormais sur le domestica», poursuit Claude Ayer.

Pour les criquets, ce sont principalement les subadultes qui sont destinés à la vente, soit les animaux encore dépourvus d’ailes. Dans une pièce voisine, les adultes deviennent des reproducteurs pour lesquels les Ayer ont développé un mélange spécial de tourbe et de mousse pour plantes dans lequel les femelles vont pondre leurs œufs. Un frigo transformé en couveuse géante permet ensuite aux bébés d’éclore en une dizaine de jours.

Comme pour les nids favorables à leur élevage, les Lucensois ont développé leurs filons pour une nourriture idéale. Ainsi, tous les légumes sont bio, permettant d’éviter de perdre tout l’élevage d’un coup à cause d’éventuels pesticides. Cela leur est déjà arrivé par le passé. Une farine spéciale à base de blé et de son nourrit aussi les animaux, à laquelle du carné est ajouté pour les grillons.

Pas pour les humains

Si les insectes broyards nourrissent des NAC aux quatre coins de la Suisse romande, ils ne se retrouveront pas de sitôt dans les assiettes des Romands. «Leur consommation est désormais autorisée, mais il y aurait trop de normes à respecter pour que des humains les consomment», sourit Stève Ayer. Et de toute manière, Grifarm arrive déjà difficilement à suivre les commandes dans son secteur.

Ainsi, père et fils souhaiteraient prochainement transformer leur garage pour y installer leur élevage de grillons. Et ne laisser que les criquets dans leur cave. «Pour l’instant, on ne peut pas dire que la société permet de nous verser un salaire, mais cela pourrait être possible à l’avenir», conclut le fils.


Ayer Grifarm
Eoute de Ponty 1b, Lucens
021 906 93 17
(24 heures)

Créé: 13.03.2018, 07h04

Articles en relation

Près de 80% des insectes volants ont disparu en Europe en 30 ans

Recherche Selon une étude allemande, la disparition massive des insectes volants serait liée aux nouvelles pratiques agricoles. Plus...

«Encore une petite boulette aux insectes?»

Alimentation Les premiers paquets de bestioles comestibles sont dans les rayons. Accueil frais mais qui intrigue. Plus...

A vos insectes, prêts, dégustez!

Table Dès lundi, les Suisses seront les premiers en Europe à pouvoir légalement acheter trois bébêtes différentes. Zoom dans nos assiettes Plus...

Avoir un reptile chez soi, ça s'apprend

Reptiles Votre fiston veut un iguane ou un boa? Le Montreusien Karim Amri peut l’y préparer, à Cernier (NE) en mars, sur Vaud dès cet été. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.