Une historienne de l’art offrira un nouvel écrin à l’abbatiale

BroyeJulia Taramarcaz, nouvelle conservatrice du musée de Payerne, tire un bilan enthousiaste après ses 100 premiers jours.

Julia Taramarcaz est la nouvelle conservatrice du musée et de l’abbatiale de Payerne. Spécialiste de l’histoire de l’art et de la muséologie, elle a la lourde tâche de repenser la mise en valeur de la plus grande église romane du pays.

Julia Taramarcaz est la nouvelle conservatrice du musée et de l’abbatiale de Payerne. Spécialiste de l’histoire de l’art et de la muséologie, elle a la lourde tâche de repenser la mise en valeur de la plus grande église romane du pays. Image: Jean-Paul Guinnard

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2019, c’est presque demain. Cette année-là, sans doute au printemps, les Payernois découvriront l’abbatiale comme ils ne l’ont jamais vue. Non seulement le chantier de sa restauration, entamé il y a plusieurs années, sera terminé, mais une mise en scène muséale ultramoderne donnera une nouvelle dimension à l’édifice et à son site historique. C’est à une jeune Valaisanne, Julia Taramarcaz, 30 ans, qu’on le devra. Cette spécialiste de l’histoire de l’art et de la muséologie a la lourde tâche de repenser la mise en valeur du plus grand site clunisien du pays. Engagée en octobre dernier à 50%, la nouvelle conservatrice est enthousiasmée par ses cent premiers jours.

Projet déposé le 31 mars

«C’est un défi extraordinaire, s’exclame-t-elle. Nous avons posé plusieurs lignes fortes et finalisons un programme scientifique et culturel complet. L’idée est d’offrir aux visiteurs une expérience au plus près de l’authentique avec des moyens modernes.» La visite de l’abbatiale et de ses alentours se fera en une vingtaine de points d’intérêt. «Le public commencera sa visite par un film, puis il cheminera avec un guide multimédia à la main. Il sera plongé dans la vie du site avec des histoires et des faits réels qu’a connus l’abbatiale, poursuit Julia Taramarcaz. En plus des visites interactives, il y aura aussi des ateliers créatifs et thématiques.» Deux pointures scientifiques, Brigitte Pradervand, historienne de l’art, et Guido Faccani, archéologue, supervisent les contenus qui seront livrés aux visiteurs.

Férue d’histoire et de musées, formée dans les Universités de Fribourg et de Neuchâtel, Julia Taramarcaz a travaillé durant quatre ans au Musée d’art et d’histoire de Fribourg (MAHF) où elle a été responsable du service de médiation culturelle. Elle a aussi roulé sa bosse dans des musées à Vienne et à Washington. A Payerne, avec l’équipe du musée, elle développe un concept en partenariat avec un consultant externe, l’agence d’ingénierie culturelle Thematis. Son projet définitif doit être bouclé et déposé sur le bureau de la Municipalité pour le 31 mars. Il sera ensuite validé et son financement passera devant le Conseil communal. Plusieurs millions seront nécessaires.

Des atouts remarquables

C’est une révolution qui attend le cœur historique de la cité. Le périmètre englobe la place du Marché, les cours du Château et du Tribunal, mais aussi l’église paroissiale toute proche. «Ce sera une autre façon de voir Payerne et ses trésors! Quand j’ai découvert l’abbatiale la première fois, j’ai été soufflée par sa beauté et ses volumes. C’est la plus grande église romane du pays, ses chapiteaux sont superbes, certaines peintures du XIIe siècle sont remarquables. Je veux les faire découvrir au public.»

Lové contre l’abbatiale, le musée de Payerne a été fermé en décembre dernier. Jusqu’ici, il se focalisait essentiellement sur la collection des œuvres d’Aimée Rapin, sur l’histoire du général Jomini et sur diverses expositions autour des beaux-arts. Son inventaire recense plus de 4700 pièces et œuvres. Que deviendront-elles? «Rien n’est décidé. Nous allons forcément en exposer une partie. Mais comment, à quel endroit, de quelle manière? Tout reste à définir, explique Julia Taramarcaz. La priorité est de tout recentrer sur l’abbatiale. L’église sera au cœur de la valorisation globale du site, le musée sera un complément.»

Quant aux pièces qui seront exposées dans l’église, l’abbatiale ne possède pas de trésor comparable à celui de Saint-Maurice. «Tout ce qui a été découvert au fil des décennies de fouilles et d’exploration est actuellement conservé par l’Etat de Vaud. Nous allons consulter l’inventaire cantonal et demander des objets en prêt pour les montrer au public de façon pertinente et originale. C’est une démarche autant scientifique, qu’artistique ou pédagogique. Et c’est ce qu’il y a de passionnant dans ce métier.»

//www.abbatiale-payerne.ch/ (24 heures)

Créé: 13.02.2017, 09h30

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