«L’horaire des commerces doit être repensé»

Yverdon-les-BainsLaisser les magasins ouverts jusqu’à 18 h le samedi appelle à d’autres changements selon le président de la SIC.

Depuis le mois de juin les commerces peuvent rester ouverts jusqu'à 18h le samedi. Mais doivent fermer leurs portes à 18h30 (et plus 19h30) le vendredi.

Depuis le mois de juin les commerces peuvent rester ouverts jusqu'à 18h le samedi. Mais doivent fermer leurs portes à 18h30 (et plus 19h30) le vendredi. Image: JEAN-PAUL GUINNARD - A

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Un pas en avant, un autre en arrière. Il y a une dizaine de mois, la Municipalité d’Yverdon autorisait les commerces de la ville à laisser leurs portes ouvertes jusqu’à 18 h le samedi. Mais l’heure ainsi «gagnée» était compensée par la suppression de la nocturne du vendredi. Depuis les magasins ferment leurs portes à 18 h 30 et non plus à 19 h 30 ce soir-là. «Cette décision n’a pas fait l’objet de négociations. Elle rejoint en aucun cas notre volonté, rappelle Laurent Gabella, président de la Société industrielle et commerciale (SIC). Notre groupe Commerce demandait une heure supplémentaire le samedi pour mieux correspondre aux nouvelles habitudes des clients, mais, avec ce compromis, on n’a rien étendu du tout…»

Interpellé à ce propos lors de l’assemblée générale de la SIC, il a précisé que la mesure demandée devait aussi permettre de freiner «l’hémorragie qui se faisait sentir plus tôt dans l’après-midi» au centre-ville. «Le samedi, à partir de 15 h, les gens commençaient à déserter les rues pour aller faire leurs achats ailleurs, où ils ont davantage de temps à disposition.»

Une majorité de commerçants n’ont cependant pas saisi cette opportunité. Début octobre, seuls 26 des 159 magasins étaient ouverts entre 17 h et 18 h. Soit un sur six. Un chiffre aujourd’hui à la hausse. «Petit à petit, l’oiseau fait son nid», se réjouit Laurent Gabella. Et c’est important car il en va du dynamisme du centre-ville. Et même plus: «La santé d’une ville se ressent dans l’état de son commerce. C’est un grand facteur de son attractivité.»

Selon le directeur d’une des grandes surfaces yverdonnoises, le jeu en vaut la chandelle. «On y a gagné dans le sens où nous accueillons davantage de clients durant cette nouvelle heure du samedi que le vendredi à partir de 18 h 30», explique-t-il. Au final, la balance est aussi positive en termes de chiffre d’affaires, mais le directeur constate néanmoins que le panier de la ménagère était plus lourd le vendredi soir. «Cette nocturne convenait bien aux personnes qui partent pour le week-end», reprend-il. Raison de plus, selon la SIC, pour repenser les horaires. «On voit qu’au niveau de la fréquentation il y a de la place pour ces deux plages horaires. On se réserve la possibilité de revenir à la charge pour cette nocturne», relève Laurent Gabella. Mais c’est de manière générale qu’il faudrait repenser les horaires d’ouverture. Des réflexions sont du reste en cours au sein du groupe Commerce de la SIC. «Les horaires actuels datent d’un autre temps. Sont-ils encore adaptés, compte tenu de l’évolution de notre société et du nombre important de pendulaires yverdonnois?»

Inutile d’être devin pour cerner les besoins: il suffit de prendre conscience du succès rencontré par les échoppes qui peuvent profiter d’horaires plus larges. Soit les shops des stations-service et les magasins installés sur territoire fédéral.

Qu’en pensent les commerçants? «La prolongation du samedi est une bonne chose. Elle commence à porter ses fruits. Par contre, je ne suis pas favorable à retrouver la nocturne du vendredi. Je suis pour la régularité des horaires. Sans ça, je suis persuadée qu’on désoriente le client», estime la fleuriste Isabelle Riond.

Patron de La Ferme, Gérard Roy n’a pas voulu prolonger ses ouvertures le samedi. Trop compliqué en termes de personnel. «Sans compter la mise en place et les rangements compris, ça donne des plages d’ouverture de neuf heures et demie, ce qui m’obligerait à prendre du personnel à la demi-journée. Il faut donc mobiliser deux fois plus de monde. Et le samedi, je n’y suis pas favorable.» Le patron n’est pas pour autant réfractaire au changement. Bien au contraire. Depuis deux ans, son magasin de produits du terroir a prolongé d’un quart d’heure son horaire du matin, jusqu’à 12 h 15. Très utile dans une rue où sont installés de nombreux bureaux. L’an dernier, il a même introduit l’horaire non-stop le vendredi, jour très prisé pour les achats. «En aucun cas je ne reviendrai en arrière», conclut-il. (24 heures)

Créé: 06.04.2018, 08h36

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