L’incendiaire aurait agi par besoin de reconnaissance

AvenchesLe suspect arrêté par la police vendredi à la suite des incendies du 15 juillet est un pompier volontaire. Il a été interpellé notamment en raison de son attitude lors du feu.

Il y a neuf jours, le feu a détruit un hangar, une grange et fortement endommagé une habitation de l’IENA.

Il y a neuf jours, le feu a détruit un hangar, une grange et fortement endommagé une habitation de l’IENA. Image: Jean-Paul Guinnard

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Durant l’incendie qui a ravagé plusieurs bâtiments et tué 24 équidés le 15 juillet sur le site de l’Institut équestre national d’Avenches (IENA), un pompier volontaire s’était montré particulièrement entreprenant et volubile. C’est, entre autres, ce qui a incité la police à l’interpeller vendredi. Il a été placé en détention préventive. Il s’agirait d’un jeune homme qui œuvrait de temps à autre sur le site, étant driver pour le compte d’un entraîneur de la région. «Pour ma part, ne l’ayant jamais employé, je ne le connaissais pas», souligne Jean-Pierre Kratzer, fondateur et directeur de l’IENA.

Peu après le sinistre, l’incendiaire présumé a probablement voulu passer pour un brave, relevant auprès des employés du site comment, entre autres, il s’y était pris pour sauver deux chevaux. Son attitude a troublé un témoin présent lors du sinistre: «Il tenait des propos agressifs au sujet de celui qui avait bouté le feu. Maintenant, je me demande s’il ne tenait pas à brouiller les pistes. Il s’est notamment inquiété au sujet de son cheval, disant espérer qu’il ne figurait pas parmi les chevaux dans les flammes. Cela avant de se dire rassuré en apprenant qu’il se trouvait dans une écurie située hors du périmètre du site équestre.»

Pourquoi a-t-il commis ces actes? «Je pense qu’il voulait avoir la gratitude de mes employés et, par extension, la mienne, pour une raison qui m’échappe encore», estime Jean-Pierre Kratzer. Peut-être même que le principal suspect dans cette affaire aurait agi par besoin de reconnaissance au-delà du site équestre d’Avenches. Le fait qu’il a sollicité des médias en mettant en évidence ses «actes de bravoure» étaierait cette thèse.

Malaise

Reste que l’affaire et ses derniers dénouements engendrent un grand malaise au sein de l’IENA: «Après la surprise, c’est le sentiment qui prévaut chez nous, confie Jean-Pierre Kratzer. Mes employés sont habités par un profond trouble, car ils avaient accordé leur confiance à cette personne. Qui, pour l’heure, n’est que présumée coupable. Nous n’en restons pas moins soulagés, au vu aussi des importants moyens déployés par les enquêteurs. Mais ne baissons pas la garde. Nous restons dans l’attente.»

Alors que le Tribunal des mesures de contrainte doit encore se prononcer sur une prolongation de la détention du principal suspect dans cette affaire, le passé médical de ce dernier, qui aurait eu des troubles psychologiques, interpelle. «La base légale impose seulement un examen médical pour chaque candidat pompier, explique Cédric Fagherazzi, président de la Fédération vaudoise des sapeurs-pompiers et commandant du SDIS Riviera. Mais chaque état-major, qui n’est d’ailleurs pas tenu d’exiger le casier judiciaire des candidats, peut appliquer d’autres mesures s’il le souhaite, poursuit-il.

Actuellement, les cadres des corps de défense incendie sont attentifs à tout comportement particulier. Un pompier qui se rend sur tous les lieux de sinistres alors qu’il n’y est pas appelé éveille les soupçons. Mais, avec les fusions et le grossissement des services incendie, les cadres ne peuvent plus être continuellement en contact direct avec tous les sapeurs.» (24 heures)

Créé: 23.07.2017, 20h59

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