«L’industrie a favorisé la venue du train à Sainte-Croix et non l’inverse»

TransportsL’Yverdon-Ste-Croix fête ses 125 ans. La ligne a survécu à la crise et transporte chaque année davantage de passagers.

Le train vapeur de 1896 au-dessus des Rapilles de Baulmes, un passage toujours spectaculaire aujourd’hui.

Le train vapeur de 1896 au-dessus des Rapilles de Baulmes, un passage toujours spectaculaire aujourd’hui. Image: COLLECTION YVERDON-STE-CROIX

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Le 6 novembre 1893, un train parcourt pour la première fois de bout en bout la ligne ferroviaire Yverdon - Sainte-Croix (YSC). Une dizaine de jours avant son inauguration officielle. La ligne fête donc ses 125 ans cette année avec en point d’orgue un week-end de fête les 1er et 2 septembre prochain à Sainte-Croix. «Un âge d’autant plus respectable qu’il n’y a pas si longtemps, dans les années 80, on se demandait si la ligne n’allait pas fermer», souligne le syndic Franklin Thévenaz.

L’hypothèse fait aujourd’hui partie du passé de la compagnie, gérée par la société Travys, tout comme les convois à vapeur qui s’élançaient à l’assaut des pentes jurassiennes jusqu’à l’électrification du tracé en 1945. D’autant que le passage à la cadence semi-horaire, fin 2015, a encore accentué la hausse du nombre de voyageurs transportés. De 406 000 en 2007, il est passé à 584 000 en 2012, puis à 635 000 en 2016 pour franchir la barre des 710 000 l’an dernier.

2002, année record

L’YSC se rapproche donc progressivement du record absolu de 1 075 796 voyageurs, établi en 2002 grâce essentiellement à la navette que la compagnie assurait entre Yverdon et le parking officiel d’Expo.02. Cette barre sera peut-être franchie avec l’introduction envisagée d’une cadence au quart d’heure aux heures de pointe sur le bas de la ligne, soit entre Yverdon et Valeyres-sous-Montagny. C’est une des mesures vaudoises du Programme de développement stratégique de l’infrastructure ferroviaire (PRODES) 2030.

Ces dix dernières années, la desserte de l’YSC a incité des pendulaires à acheter des terrains ou louer des villas à Montagny, La Brinaz ou Valeyres. «Ces villages disposent ainsi d’un avantage indéniable sur leurs voisins, comme Baulmes dans une moindre mesure», confirme le géographe yverdonnois Pierre Dessemontet.

Pour autant, la ligne n’a pas tant que ça contribué au développement du bassin qu’elle dessert. «C’est plutôt parce qu’il y avait de l’industrie à Sainte-Croix que le train y est venu», estime Franklin Thévenaz. L’YSC a en effet relié deux pôles existants. Au moment de l’ouverture de la ligne, Sainte-Croix était déjà une petite ville industrielle. Comme Yverdon, qui hébergeait depuis 1855 ce qui allait devenir les Ateliers CFF.

À vélo ou à pied

Avec ses 6000 habitants, soit même pas 300 de moins que sa «grande» voisine, la commune du balcon du Jura était même la quatrième localité vaudoise la plus peuplée. «À l’époque, il n’y avait que très peu de pendularisme, sinon à très courte distance, soit d’un village à une ville voisine. Et le plus souvent, les déplacements se faisaient à vélo ou à pied. Les gens n’avaient aucune peine à marcher de 3 à 5 kilomètres pour se rendre sur leur lieu de travail», reprend Pierre Dessemontet. Du coup, les ateliers mécaniques sainte-crix occupaient essentiellement de la main-d’œuvre locale.

Mais dans les années 20, la production des machines à écrire, des tourne-disques et des caméras est en telle expansion que les fabricants sont obligés d’aller chercher des ouvriers en dehors de Sainte-Croix. En 1928 par exemple, 256 personnes prennent en moyenne place dans le premier train qui monte à Sainte-Croix. Et malgré la concurrence de la route qui se fait sentir, l’YSC assure en outre le transport des marchandises. Et après la crise des années 1970-1980, l’YSC ne convoie plus le fruit du génie mécanique sainte-crix, mais des tonnes et des tonnes de betteraves et de bois.

Aujourd’hui, les écoliers ont remplacé les ouvriers. «Chaque jour, ce sont 80 élèves de Baulmes et de Vuitebœuf qui viennent à l’école ici en train et quelque 200 étudiants du Centre professionnel du Nord vaudois», relève Franklin Thévenaz. Pour le directeur de Travys, Daniel Reymond, cet établissement n’existerait plus sans son train: «La filière informatique draine des jeunes de tout le canton. Sans nous, je suis sûr qu’elle aurait été mise en place à Yverdon», conclut-il. (24 heures)

Créé: 12.05.2018, 16h34

Divers travaux en vue

Le respect de l’horaire est un objectif quotidien pour Travys, qui cherche à gommer tous les accrocs possibles sur sa ligne Yverdon - Sainte-Croix. «L’augmentation de la cadence et le poids du nouveau matériel roulant ont eu pour effet de faire bouger l’infrastructure ferroviaire», note le directeur, Daniel Reymond. À certains endroits, le train doit ralentir pour ne pas péjorer le confort des voyageurs. Ils y perdent de précieuses secondes. Pour y remédier, des travaux doivent être entrepris à une fréquence plus élevée que prévu. La rénovation des gares, des ponts et des voies aura coûté 20 millions entre 2016 et 2020. Le même montant est attendu pour 2021-2025. Le prochain chantier d’importance (15 millions) sera la reconstruction des installations ferroviaires et de la gare de Sainte-Croix, où la halle sera totalement refaite afin qu’une rame puisse y être stockée de nuit. Travys va aussi améliorer son système d’information. «D’ici à la fin de l’année, les gares et les haltes seront équipées d’écrans et de haut-parleurs qui renseigneront au mieux les voyageurs sur leur train», note Jacques-André Mayor, président du conseil d’administration.

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