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L’Intemporel va changer de mains, mais pas de nom

Après 22 ans, Anne Zimmer et Vincent Guanzini remettent le bistrot où quatre générations d’Yverdonnois se côtoient.

Anne Zimmer et son frère Vincent Guanzini s’apprêtent à remettre L’Intemporel Café, qu’ils ont ouvert à la rue du Lac en août 1997.
Anne Zimmer et son frère Vincent Guanzini s’apprêtent à remettre L’Intemporel Café, qu’ils ont ouvert à la rue du Lac en août 1997.
JEAN-PAUL GUINNARD

Assis à une de ces vieilles tables en bois qui font le charme de L’Intemporel Café, Anne Zimmer et son frère Vincent Guanzini ne réalisent sans doute pas encore totalement qu’ils vivent leurs derniers instants comme patrons de cet établissement public qu’ils ont ouvert le 2 août 1997. Pourtant, leur décision de vendre ce bistrot typique du centre-ville yverdonnois, ils l’ont longuement mûrie. Elle sera effective quand ils fermeront une dernière fois les portes de cet établissement public de la rue du Lac, le 26 octobre.

«On y pensait depuis un moment, parce qu’après vingt-deux ans passés ici, on n’avait peut-être plus la même énergie. Mais cela fait une année qu’on a fixé le prix», souligne Anne Zimmer. La formule est aussi éculée que l’expression «aller boire un café», mais pour les Yverdonnois, c’est bel et bien une page qui se tourne. Ne serait-ce que parce qu’en transformant ce tea-room baptisé La Belle Époque, les deux patrons avaient amené une offre nouvelle. «En conservant le mobilier, le miroir, l’idée était de créer un bistrot parisien», glisse Vincent Guanzini. Un bistrot parisien avec un nom en clin d’œil à l’un des plus vieux troquets de Québec, Chez Temporel. Ce n’est pas un hasard si L’Intemp’ a servi dès son ouverture les bières de Robert Charlebois. «Mais aussi une BFM et la Lac 8. Brassée pour nous par un pasteur fribourgeois, son étiquette, qui changeait souvent, était confiée à nos clients. Notre démarche, c’était de proposer des bières artisanales. Aujourd’hui, on en voit presque partout, mais à l’époque, on était un peu des ovnis», sourit Vincent Guanzini.

Débarquement d’étudiants

L’Intemp’ visait les 30-50 ans. «Ils ont mis des années à venir, se souvient Anne Zimmer. Contrairement aux étudiants, qui ont envahi les lieux dès le premier week-end.» Les gymnasiens appréciaient particulièrement cet endroit qui proposait aussi jeux et livres et dont le fond sonore permettait d’avoir une discussion, en fumant des clopes – autre époque –, sans avoir à s’arracher les cordes vocales. «On a souvent entendu qu’ils couraient à leur descente du bus pour avoir le droit de s’asseoir sur un de nos deux canapés», rigole Vincent.

Aujourd’hui, trois générations se côtoient au 1er étage de la rue du Lac 8. «Et même quatre, le samedi matin, quand les jeunes parents viennent avec leurs enfants», reprend Anne. Tous auront l’occasion de venir fêter la fin d’un chapitre, le 26 octobre. Ils retrouveront d’anciens serveurs, que les patrons espèrent voir nombreux. L’occasion sera belle d’entendre «Au bal de L’Intemporel», la chanson écrite par Thierry Romanens. Car oui, L’Intemp’ a son hymne… comme son grand frère québécois, pour qui Guy Béart a créé «Bal chez Temporel».

Le café rouvrira neuf jours plus tard, le 4 novembre. Ses nouveaux tenanciers, Daphné et Emmanuel Lopez Mosimann, ne veulent pas encore dévoiler ce qu’ils réservent aux clients. «Mais le nom, c’est sûr qu’on le garde», affirment-ils. Petit indice toutefois, l’Yverdonnois souligne avoir été attiré depuis toujours par les bistrots d’époque, un peu vieille France, avec du charme et du cachet. Avec son épouse neuchâteloise, il cherchait une affaire à reprendre. «Quand ma maman m’a appris que L’Intemp’ était à remettre, j’ai tout de suite su que c’était pour nous.»

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