Jugée pour une série d’incendies, elle nie tout

ProcèsUne quinquagénaire risque la prison pour l’usage sournois de son briquet. «Alcoolique et dépressive, je suis le pigeon idéal», clame-t-elle.

Image d'illustration.

Image d'illustration. Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La coïncidence est «beaucoup trop grosse» pour le procureur Stephan Johner. Entre 2014 et 2018 dans la région d’Échallens, neuf incendies ou débuts d’incendies inexpliqués se sont déclarés chez des proches de Christiane*, 54 ans, une mère de famille dépressive et alcoolique.

Devant les juges du Tribunal correctionnel d’Yverdon mardi, l’accusée a nié en bloc. Le seul plaignant à être venu à l’audience est son mari, dont elle est séparée depuis huit ans. Il a failli voir sa villa partir en fumée (cinq départs de feu alors qu’il était absent), mais il croit en l’innocence de son ex, même si celle-ci avait les clés de la maison pour nourrir les chats et qu’il n’y a eu aucun signe d’effraction.

Le cabanon de jardin d’une voisine, une pile de journaux dans l’immeuble d’un ex-compagnon, un siège pour bébé dans la buanderie d’une amie, une caisse en plastique chez ses anciens patrons: la série de feux est longue et aurait pu déboucher sur un drame. Cela se passe toujours de nuit. Christiane n’a pas d’alibi. Mais pas de mobile non plus, relève la défense.

Dans son réquisitoire, le Ministère public a décrypté le schéma, toujours identique dans sa chronologie: «Un jour de souffrance, de l’alcool, un appel à l’aide par messages WhatsApp à des proches, une détresse ignorée, un silence. Puis un incendie. Puis de nouveaux messages.» Mais à part son ADN trouvé sur un briquet à longue tige dissimulé dans une haie, il n’y a pas de preuve directe contre elle, souligne son avocate Antonella Cereghetti, pour qui le doute doit profiter à l’accusée. D’autant qu’un énième incendie non expliqué s’est déclaré durant ses six mois de prison préventive.

L’expertise psychiatrique pointe chez Christiane une personnalité borderline et une immaturité de son développement psycho-affectif. «Alcoolique, dépressive, je suis le pigeon idéal sur qui on s’acharne, mais je peux me regarder dans le miroir: je n’ai rien fait», déclare-t-elle en larmes. Elle est abstinente depuis deux ans et son psy a témoigné de son évolution positive. Le procureur veut 3 ans et demi de prison ferme, la défense demande l’acquittement.

Verdict jeudi.

*prénom d'emprunt

Créé: 19.11.2019, 20h05

Articles en relation

Ils ont la délicate mission de sécuriser les campus

Universités Entre gestion de crise, santé au travail, prévention des incendies et lutte contre les délits, les services de sécurité académiques gèrent des territoires grands comme des villes. Plus...

La cathédrale de Lausanne peut-elle brûler?

Notre-Dame en flammes Quelles sont les similitudes avec Notre-Dame de Paris? Quelles sont les mesures contre les incendies? Réponses en images. Plus...

Quatre incendies en deux heures vendredi à Morges

Sinistre Deux voitures, un container et une poubelle ont été retrouvés en feu au petit matin. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.