«Le Jura vaudois est un site géant pour le snowkite»

Sport d'hiverLe canton compte aujourd’hui une centaine de skieurs et de snowboarders se faisant tracter par leur cerf-volant, surtout dans le Jura vaudois.

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Le ballet de ces ailes multicolores, virevoltant au-dessus des vastes prés enneigés vaut le détour. A la vallée de Joux, le spectacle se produit lorsque le vent ou la bise se lèvent. Aux premières brises, même glaciales, les cerfs-volants prennent leur envol. Au bout des cordes longues de 24 m se trouvent les snowkiteurs, skis ou snowboard aux pieds, filant sur la neige dans un grand silence. «On skie, on vole grâce à une force naturelle, le vent. Ce sport est une synergie entre les deux», explique Adam Helba, qui pratique le snowkite depuis plus de dix ans.

L’été, il donne également des cours pour apprendre à maîtriser son aile, sur les lacs ou la place d’armes de Bière, l’hiver dans le Jura vaudois, à la vallée de Joux par exemple. En fin de semaine dernière, c’est au Brassus, où soufflait une bise pénétrante, que les snowkiteurs s’étaient donné rendez-vous. «C’est très physique. Et à chaque kilomètre de vitesse gagné avec l’aile, la température chute d’un degré supplémentaire», note Adam Helba.

Ces dernières années, ce sport, apparu dans les années 1980 aux Grisons avant de se développer aux quatre coins du monde, séduit de plus en plus les débutants «de 25 kilos à 70 ans». «L’an dernier, il y a eu près de 50 nouveaux snowkiteurs dans le canton, qui en compte une centaine, remarque le professeur. Ce sport, considéré comme un peu extrême, est maintenant ouvert à tout le monde.» L’équipement nécessaire à cette activité est celui du skieur, à quoi s’ajoutent un baudrier et une aile, coûtant environ 1500 francs.

Son propre tire-fesses
Après quelques heures de pratique – mettant abdominaux et dorsaux à contribution – il est possible de descendre des montagnes, que ce soit dans les Alpes ou au Chasseron, d’effectuer des sauts et même de remonter les pentes. «C’est comme si on avait son propre tire-fesses, sourit Adam Helba. Le Jura est un spot géant pour le kite.» En cas de rafale, l’aile peut être décrochée.

C’est ce sentiment de liberté, grisant, qui plaît à Vincent Fays, président du club de kitesurf d’Yvonand. «Il est plus facile d’en faire sur la neige, où on tient déjà debout, que sur l’eau, note l’Yverdonnois. En montagne, contrairement au lac, on ajoute une 3e dimension, la descente.»

Les prés enneigés du Jura et de la vallée offrent un espace de jeu idéal pour les adeptes de ce sport, qui suivent les règles de navigation marine pour éviter les accrochages. «L’hiver, il y a tellement d’espaces, accessibles en peaux de phoque ou en raquettes, que les pratiquants sont bien répartis, poursuit-il. L’été, ils sont plus concentrés sur le lac de Neuchâtel (lire ci-contre).»

Les promeneurs et habitants prennent souvent quelques instants pour admirer ces sportifs. «Le snowkite est une belle animation en soi, c’est spectaculaire même s’il reste un sport d’initiés, conclut le directeur de Vallée de Jourx Tourisme, Cédric Paillard. Comme il n’y a pas de magasin ici, l’Office du tourisme ne peut pas vraiment mettre ce sport en avant.» (24 heures)

Créé: 27.01.2015, 11h40

Vidéo

Lacs ouverts au kitesurf

En 2012, le Conseil fédéral a lancé une révision de la loi fédérale sur la navigation intérieure et de l’ordonnance sur la navigation intérieure. C’est ce dernier texte qui fait foi pour la pratique du kitesurf dans l’ensemble du pays. «Jusqu’à l’an dernier, le kite était interdit sur les lacs suisses, sauf exception de la part des cantons comme à Yvonand et Saint-Sulpice par exemple, détaille André Simonet, président de la Kitesurfers Association (KA). Aujourd’hui c’est l’inverse. Mais pour interdire cette pratique, les autorités doivent avoir de bonnes raisons, on nous considère maintenant comme tout autre utilisateur du lac.» La KA, qui compte 250 membres en Suisse romande, continue son rôle de médiateur, notamment avec les communes. «Je pense qu’il y aura autant de monde à Yvonand cet été par exemple, poursuit André Simonet. Cette discipline attire toujours plus d’adeptes. Elle est facile d’accès et peut être praticable après 4 ou 5 h de cours.» Les cantons ont encore un an pour formuler d’éventuelles interdictions.

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