Des lampadaires solaires pour éclairer les pistes

Balcon du JuraLe Groupement des skieurs de fond des Rasses teste, en première Suisse, l’éclairage d’un tracé à l’aide de l’énergie solaire.

Vidéo: Anetka Mühlemann

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A proximité du Restaurant des Cluds et aux abords de la piste éclairée de ski de fond, six lampadaires s’érigent sur le pâturage où glissent d’ordinaire les skieurs. Ce mardi soir, aucun fondeur n’a sorti ses lattes, l’espace – recouvert de neige il y a encore quelques jours – s’étant peu à peu transformé en champ boueux. Pas grave! Les stars de la soirée, qui résistent sans broncher aux rafales de vent, sont ces six mâts – trois de 5 mètres et trois de 7 mètres – surmontés d’un large panneau photovoltaïque. Un nouveau type de lampadaires solaires testé pour la première fois en Suisse.

«L’aspect écologique nous a séduits, avec l’idée de pratiquer ce sport de manière propre, en étant autonome énergétiquement. Et puis, ils sont facilement transportables si on veut les déplacer pour un événement spécial», explique Hugues Gander, président du Groupement des skieurs de fond des Rasses (GSFR). L’association finance ce test avec l’aide des communes de Bullet et de Sainte-Croix.

Spécialement adapté

Depuis décembre, les six lampadaires solaires ont bravé toutes les conditions météorologiques et n’ont jamais failli à leur mission, illuminant la piste avec des LED d’une puissance allant de 30 watts (pour les petits) à 60 watts. «Eclairer des pistes de ski grâce à l’énergie solaire est un vrai challenge, car il faut que les lampadaires résistent au vent, à la neige et à des températures négatives», remarque Guillaume Gout, cofondateur de Solar Advance.

L’entreprise de Mauborget, qui travaille en partenariat avec le leader français de la fabrication de panneaux photovoltaïques Fonroche, a donc dû développer un prototype spécialement adapté à ces conditions.

Si 3000 lampadaires solaires de cette société s’érigent dans le monde entier, ceux des Cluds sont uniques. «L’ensemble des éléments a été optimisé pour résister à des conditions extrêmes. La batterie, composée d’un alliage de nickel et de métal hybride, résiste à des températures allant de –40 à 70 degrés. Le verre du panneau photovoltaïque est surfacé de manière à ce que la neige glisse naturellement et le lampadaire peut éclairer au minimum quatre nuits sans recevoir de lumière», explique Guillaume Gout.

Circuit nocture prévu

Aux Cluds, ces lampadaires se mettent automatiquement en fonction dès le coucher du soleil, baissent d’intensité dès 22 h et s’éteignent complètement à l’aube. L’expérience se révèle pour l’instant concluante. A tel point que le GSFR souhaiterait les conserver et en acquérir six de plus pour constituer une nouvelle boucle. «Nous sommes en train de réfléchir à une extension du ski de fond aux Cluds avec, à terme, la création d’un vrai circuit d’entraînement nocturne», relève Hugues Gander.

Seul petit bémol, le coût de ces installations, variant de 6000 à 10 000 francs la pièce, selon leur taille. «C’est sûr qu’on ne peut pas justifier leur achat par une économie, même si à terme cela ne revient pas beaucoup plus cher qu’un lampadaire normal. Par contre le gros avantage est que cela permet d’éviter des travaux de génie civil», note Stéphane Guex, municipal de Bullet en charge de l’éclairage public.

Convaincue par le test mené aux Cluds, la Commune a d’ailleurs acquis récemment deux lampadaires solaires. «Nous en avons installé un devant la laiterie et nous en avons conservé un mobile, qui est pour l’instant sur le parking des téléskis des Rasses.» Cette solution a aussi séduit le village voisin de Villars-Burquin, qui a décidé depuis vendredi dernier d’illuminer à l’énergie verte un arrêt de bus sans alimentation électrique à proximité. De son côté, Mauborget a acquis en test un lampadaire solaire pour éclairer la place principale du village. «C’est intéressant car nous sommes pionniers. On verra si ça marche, mais faire évoluer les choses, c’est aussi notre rôle de Commune», conclut Stéphane Guex.

Créé: 03.02.2016, 17h24

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