Des lasers pour faire fuir les bruyants corbeaux freux

NuisancesDepuis dix ans, Yverdon prend des mesures pour se débarrasser de l’encombrant volatile. Mais leur nombre reste stable.

En 2018, les autorités yverdonnoises ont répertorié 277 nids de corbeaux freux en ville.

En 2018, les autorités yverdonnoises ont répertorié 277 nids de corbeaux freux en ville. Image: PATRICK MARTIN

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Les querelles de voisinage sont souvent les plus pénibles à régler. Celle qui «oppose» depuis 2009 certains habitants d’Yverdon aux corbeaux freux ne fait pas exception à la règle. Certes, depuis trois ans, leur nombre s’est stabilisé. Et les autorités espèrent qu’en recourant à des pointages au laser, le résultat sera plus efficace. Parce que malgré la batterie de mesures prises jusqu’ici par le Service des travaux et de l’environnement (STE), le bruyant volatile résiste et continue de croasser sous les fenêtres des Yverdonnois.

Il est bien là, le fond de ce problème apparemment insoluble qui touche aussi Payerne: l’oiseau noir a l’instinct grégaire chevillé aux plumes. Et il adore communiquer avec ses congénères. Passerait encore si son croassement était une mélodieuse mélopée façon rossignol. Mais non, le corvidé émet un son aigu, strident. Bref fort désagréable, qui peut atteindre les 75 décibels des premières lueurs du jour à la nuit tombante. Il y a mieux comme berceuse ou comme réveille-matin.

Reste que la présence en ville du freux ne doit rien au hasard. C’est l’abattage de grands arbres, il y a une dizaine d’années dans le quartier périphérique des Vernes, qui a incité les colonies présentes à chercher d’autres territoires. Elles les ont trouvés à quelques battements d’ailes de là, dans les parcs urbains d’Yverdon… «On a aujourd’hui d’importantes colonies vers les anciennes casernes, aux Jordils, à l’avenue de Grandson, à Édouard-Verdan et au parc d’Entremont. Et d’autres plus modestes près du château, à Curtil-Maillet et près des jardins familiaux», souligne Antoine Sauser, responsable des forêts, domaines et de la biodiversité au STE.

Retour en périphérie

En tout, 277 nids ont été répertoriés en 2018. «Leur nombre n’augmente plus au centre-ville, aussi parce que les corbeaux s’installent à nouveau un peu en périphérie», reprend Antoine Sauser. C’est bien là, l’objectif visé par les autorités qui vont lancer en février une nouvelle campagne d’effarouchement: renvoyer le plus possible de freux – volatile protégé par la loi sur la chasse et la protection des mammifères et des oiseaux sauvages – d’où ils sont venus. «S’en débarrasser complètement, on n’y arrivera pas. On s’est rendu compte qu’à chaque fois qu’on pensait avoir réglé le problème, on n’avait fait que le reporter plus loin…» soupire le municipal Marc-André Burkhard.

Car la Ville a mis les moyens pour tenter d’enrayer les nuisances que ces oiseaux génèrent, bruit et dégradations du mobilier urbain avec leurs fientes. Bon an mal an, les autorités engagent environ 20'000 francs pour une période d’interventions possibles qui court de février à juillet. Le garde-faune et un fauconnier viseront les oiseaux avec un laser. «Nous avons testé cette mesure validée par la préfecture l’année dernière. Et elle semble porter ses fruits», reprend Antoine Sauser.

Avantage, la méthode est sans risque. Il est possible de l’utiliser partout et à longue distance. Le corbeau n’est pas blessé, mais dérangé par le faisceau lumineux, il s’en va. «Espérons qu’il ne s’y habituera pas», note le collaborateur du STE, qui sait de quoi il cause. Les corbeaux se sont ainsi rapidement habitués aux balises sonores qui émettaient le cri d’un de leurs congénères en détresse. Et quand elles ont été installées sur des drones, cela a fonctionné deux fois avant qu’ils ne se rendent compte qu’il ne s’agissait pas d’un prédateur… et qu’ils l’attaquent.

Malins, ils ont aussi reconnu la voiture du fauconnier et se sont envolés après l’avoir repérée. Pour mieux revenir ensuite. «La solution la plus efficace reste l’élagage des branches sommitales des arbres qu’ils affectionnent, reprend Antoine Sauser. Nous nous y attelons, mais nous ne pouvons pas y recourir chaque année. C’est comme l’abattage, en agissant de la sorte, on affaiblirait considérablement la durée de vie de notre patrimoine arboricole.» (24 heures)

Créé: 09.11.2018, 08h01

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