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Les légumes verts ne séduisent pas la Municipalité

Une association désirait mettre à disposition des bacs à légumes sur l’espace public. L’exécutif de la cité thermale a refusé et des privés prennent le relais.

Les Incroyables comestibles comptent sur des particuliers pour installer des bacs à légumes. De g. à dr. Alain Doll, Mathilde Marendaz et Marie-Charlotte Starck.
Les Incroyables comestibles comptent sur des particuliers pour installer des bacs à légumes. De g. à dr. Alain Doll, Mathilde Marendaz et Marie-Charlotte Starck.
Jean-Paul Guinnard

«Je ne comprends pas cette décision. La Ville d’Yverdon avance à contre-courant.» Marie-Charlotte Starck, présidente de l’antenne yverdonnoise des Incroyables Comestibles, ne cache pas sa déception. Dans son dossier, refusé le 11 mai dernier par la Municipalité, l’association d’ampleur mondiale présentait son souhait d’installer dans des lieux stratégiques une dizaine de bacs en bois de récupération remplis de terre. But de l’opération? Permettre à tout un chacun de s’occuper des cultures et de venir se servir gratuitement une fois les légumes à maturité. Une manière, aussi, de se «réapproprier avec convivialité les rues de sa ville», explique Marie-Charlotte Starck.

Ce qui rend la réponse négative de l’Exécutif aussi difficile à avaler pour la vingtaine de membres de l’association est le sentiment d’être «incompris». «Lausanne, Nyon ou encore Vevey: toutes ces villes ont répondu favorablement à des demandes similaires à la nôtre, affirme Marie-Charlotte Starck. Certaines fois, ce sont les autorités elles-mêmes qui ont mis en place de tels projets.»

La présidente a même l’impression que les démarches demandées par la Municipalité pour que le dossier soit recevable étaient du vent. Mathilde Marendaz, membre de l’association, détaille: «A la base, nous n’étions pas une association mais un mouvement citoyen. La Municipalité nous a fait savoir qu’il fallait fonctionner sous forme associative pour demander des subventions, ce que nous avons donc fait. Mais, après trois mois d’attente et deux compléments apportés à notre projet, les autorités ont refusé de nous donner 1000 francs – sur un total de 2000 francs – pour installer nos bacs sur la voie publique. C’est surréaliste.»

Du côté de l’Exécutif, on ne semble pas avoir la main verte. «Nous recevons de multiples initiatives de ce type. Nous devons opérer des choix et ne donner notre accord qu’à un certain nombre d’entre elles», expliquait le syndic, Jean-Daniel Carrard, à La Région. Et de poursuivre: «Pour que la nature fasse son effet, je suis d’avis qu’il faille la laisser tranquille. Cultiver au coin de la rue des tomates sur des surfaces aussi petites n’a pas trouvé écho au sein de la Municipalité.»

Aides des privés

Face à l’absence d’un soutien public, les Incroyables Comestibles se remettent à la bonne volonté des particuliers. «Nous avons donc décidé de demander à des propriétaires, dont le jardin donne sur la rue et sur un lieu de passage, si nous pouvions installer nos bacs chez eux», détaille Marie-Charlotte Starck.

La première personne à s’être signalée intéressée n’est autre que Jean-Pierre Masclet, président de l’association des Cartons et des Jardins du cœur d’Yverdon. «Nous lui devons beaucoup, assure Mathilde Marendaz. Nous lui avons demandé son accord et nous avons pu poser deux bacs très rapidement dans les Jardins du cœur.»

Grâce à ce monsieur et à de la main-d’œuvre extrêmement motivée, l’installation a été terminée en un week-end. Marie-Charlotte Starck espère maintenant trouver d’autres propriétaires intéressés par ses activités et disposés à rendre une partie de leur jardin accessible à tous. Et précise «pour être claire»: «Nous ne sommes pas là pour entretenir le jardin des gens. Nous nous occupons uniquement des bacs en libre accès.»

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Contact incroyablesyverdon@gmail.com

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