Passer au contenu principal

La maison autarcique passe du rêve à la réalité

Malgré un hiver brumeux, sec et frisquet, la maison de Marc Muller fonctionne.

Structure en bois, murs de paille, torchis sur les murs. Elle entièrement écologique.
Structure en bois, murs de paille, torchis sur les murs. Elle entièrement écologique.
Jean-Paul Guinnard
Marc Muller construit à Châtillon (FR) une maison 100 % autarcique, avec une isolation à base de paille.
Marc Muller construit à Châtillon (FR) une maison 100 % autarcique, avec une isolation à base de paille.
Jean-Paul Guinnard
Marc Muller, 35 ans, ingénieur en énergie. Face à l'engouement suscité par son projet il a quitté son poste à la Confédération pour créer sa propre entreprise de développement durable.
Marc Muller, 35 ans, ingénieur en énergie. Face à l'engouement suscité par son projet il a quitté son poste à la Confédération pour créer sa propre entreprise de développement durable.
Jean-Paul Guinnard
1 / 8

Il ne pouvait pas envisager pires conditions pour passer son premier hiver. La maison 100% autarcique que construit l’ingénieur Marc Muller à Châtillon, près d’Estavayer-le-Lac (FR) a dû faire face à plus de trente jours de brouillard, près de deux mois sans précipitations et un froid subit qui a fait brutalement chuter la température à – 13 °C.

La guigne pour une maison de paille, raccordée à aucun réseau, censée être entièrement chauffée au solaire (actif et passif) et qui tire son eau des précipitations venues du ciel. Pourtant, Marc Muller a le sourire: «C’est fantastique, même dans ces conditions exceptionnelles, la maison fonctionne à merveille!» se réjouit-il, pendant qu’un chat frotte son pelage épais contre un mur crépi en torchis. «Regardez, il n’y a pas de pont de froid! Le mur isolé avec des bottes de paille est à la température de la pièce.» Soit autour des 20 °C, indique un thermomètre. Un poêle à bois d’appoint permet de passer les grands froids.

Dans quelques mois, Marc Muller, ingénieur en énergie, aura terminé ce chantier qui est autant une prouesse technique qu’un atelier pédagogique. Sa maison totalement autonome et low-tech suscite beaucoup d’intérêt. Et ce, autant chez les jeunes qui participent les week-ends à la construction, que chez les curieux qui viennent la visiter. Du coup, il a quitté son poste à l’Office fédéral de l’énergie pour créer sa propre entreprise de construction d’habitats durables (www.impact-living.ch).

Budget: 340 000 francs!

Non seulement sa maison est écologique, mais elle coûte le même prix qu’une construction traditionnelle, affirme l’ingénieur. La villa offre six pièces et 240 m2 sur trois niveaux pour moins de 340 000 francs! «Nous sommes dans le budget à 5% près, explique-t-il. A cela, il faut ajouter environ 1500 heures de travail personnel.»

Après seize mois de travaux, la villa est habitable sur deux de ses trois niveaux. Marc Muller a déjà emménagé, malgré les finitions encore à réaliser. Il y vit avec un chien, un chat, deux poules et Tac, le coq. «Cette maison réunit toutes les techniques actives et passives, intérieures et extérieures, pour la rendre totalement autonome. En cela, elle est unique en Suisse», dit-il.

Toilettes sèches, eau de pluie, soleil, jardin en permaculture, terre d’excavation utilisée comme matériau de construction, ossature en bois, paille isolante… Tout a été pensé durable. Elle sera certifiée Minergie P. Ce sera la deuxième maison de paille à décrocher ce label en Suisse.

Dans la cuisine, des compteurs indiquent en temps réel la production solaire des panneaux photovoltaïques. Malgré la neige qui recouvre les cellules, le toit produit 200 watts d’électricité. Une misère par rapport aux 15 kW que l’installation peut générer. C’est pourtant suffisant: ce matin-là, la maison ne consomme que 60 watts. Une valeur ridicule, obtenue grâce aux appareils hyperefficaces. «Lors de grandes productions d’énergie, une batterie stocke l’électricité en surplus. Celle-ci est restituée lors des disettes nocturnes.»

«Connectée à la nature»

Aux beaux jours, l’excédent des panneaux solaires sera injecté dans une voiture électrique. La citerne de 4000 litres remplie avec l’eau de pluie tombée en novembre en contient encore 2000. Une série de filtres naturels se charge de la rendre potable.

«L’idée est de reconnecter la maison au rythme de la nature, sans pour autant sacrifier le confort, dit Marc Muller. Vivre dans une telle maison, ce n’est pas un sacrifice, mais un privilège!»

Info: www.en-autarcie.ch

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.