Malaise persistant autour d'installations «provisoires»

Jeux olympiques de la jeunessePour l’heure les travaux continuent au Chenit en vue des JOJ. Mais les opposants estiment que les dommages causés seront irréparables.

Les aménagements en cours de réalisation n’ont reçu l’aval du Canton qu’à condition qu’ils restent provisoires.

Les aménagements en cours de réalisation n’ont reçu l’aval du Canton qu’à condition qu’ils restent provisoires. Image: Patrick Martin

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«Passe-droit» ou procédure classique? Les autorités cantonales ont accordé à la Commune du Chenit leur feu vert pour entreprendre des travaux en vue des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ, nos éditions de mardi et mercredi ). Mais la voie administrative suivie – une autorisation pour l’organisation d’une manifestation – soulève bien des questions.

Les aménagements – l’agrandissement d’un parking, la création d’une place de stockage pour la neige artificielle ou encore des modifications sur des pistes de fond – n’ont reçu l’aval du Canton qu’à condition qu’ils restent provisoires. Et c’est là où les avis divergent. «Il y a une lacune juridique, la loi restant vague sur la notion de «temporaire», relève Raphaël Mahaim.

C’est le bureau de l’avocat et député Vert qui a déposé un recours, vendredi, pour la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du territoire (FP), en apprenant le début des travaux dans cette zone classée à l’Inventaire fédéral des paysages. Le recours demandait le gel immédiat du chantier. Ce que n’a, pour l’heure, pas retenu le Tribunal cantonal: il a demandé aux autorités communales et cantonales de fournir des précisions quant aux autorisations délivrées d’ici à vendredi.

Selon l’homme de loi, le côté provisoire de ces aménagements est d’autant plus discutable qu’ils resteront en place jusqu’au JOJ (en janvier 2020), voire au-delà. «Le règlement mentionne une durée maximale de trois mois pour une dispense d’autorisation. On est bien au-delà.» Bertrand Meylan, municipal des Forêts et des Alpages au Chenit, précise: «L’autorisation délivrée par le Canton fixe à fin juillet le délai pour démanteler ces infrastructures, puisque la neige ne nous permettra pas forcément d’intervenir plus tôt.»

Selon l’édile, tout est fait pour que le site puisse être remis en état. «La terre et les pierres excavées sont stockées à proximité du site, comme cela nous l’est demandé par le Canton.» Sur les lieux, on peut constater qu’un géotextile a été posé pour protéger les sols et permettre un démantèlement rapide.

«Atteintes irrémédiables»

Mais les opposants, Pro Natura Vaud et FP, contestent la capacité (ainsi que la volonté) des autorités communales à remettre le site en état: «On porte des atteintes lourdes à une prairie boisée, relève Roman Hapka, responsable romand de la fondation. Biologiquement, il est difficile de retrouver l’état initial lorsqu’on arrache de la terre à un milieu calcaire.» Raphaël Mahaim, qui s’est fendu mardi d’une interpellation devant le Grand Conseil, ajoute: «Le caractère provisoire d’une infrastructure est directement lié à la capacité de remise en état du site. Compte tenu de l’ampleur et de la durée des atteintes, on peut se demander si elle sera possible.»

L’ampleur est justement difficile à mesurer. Et pour cause: «Lors d’une procédure de mise à l’enquête classique, tout un chacun peut accéder au projet détaillé, explique Raphaël Mahaim. Mais dans le cas présent, nous n’avons aucun moyen de connaître les surfaces concernées.» «En procédant de la sorte, sans demande de permis, nous sommes mis devant le fait accompli», tempête le responsable de FP.

Bertrand Meylan évoque «une surface inférieure à celle d’un terrain de foot». Raphaël Mahaim est circonspect: «Pour l’agrandissement du parking, il faudra un peu plus qu’un tas de gravier.»

Ce que Roman Hapka et le député dénoncent, c’est avant tout l’opacité de la démarche: «Une procédure de mise à l’enquête est démocratique; elle permet à tous les acteurs de s’exprimer. Pourquoi ne pas avoir cherché le dialogue avec les opposants? C’est une grave erreur politique», estime l’avocat.

«Une question d’équité»

Les opposant étaient-ils vraiment disposés à dialoguer, alors que Roman Hapka déclarait dans les médias, au printemps dernier, que la Vallée n’accueillerait pas les épreuves de fond des JOJ? L’intransigeance de l’écologiste a-t-elle poussé les autorités à trouver une parade? «Les associations savent qu’elles doivent négocier avec les pouvoirs publics. Le plus souvent, elles arrivent avec une position de principe forte pour avoir davantage de latitude dans ces négociations, commente Raphaël Mahaim. Mais la question que soulève cette procédure porte surtout sur l’équité: le citoyen lambda ne comprendra pas qu’il doive mettre à l’enquête son cabanon de jardin, mais qu’une collectivité puisse se passer de permis pour une manifestation de cette ampleur.» (24 heures)

Créé: 29.08.2018, 20h23

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