Lui est mécano, elle institutrice, ils reprennent un domaine agricole

BroyeAlors que les exploitations agricoles se meurent, un jeune couple mise sur l’agriculture et reprend un manège équestre.

Régis Durussel et son épouse Tatiana tournent le dos à une vie confortable en reprenant une exploitation agricole, à Sassel.

Régis Durussel et son épouse Tatiana tournent le dos à une vie confortable en reprenant une exploitation agricole, à Sassel. Image: Jean-Paul Guinnard

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C’est un défi humain et financier autant qu’un pari sur l’avenir. Depuis le début de l’année, Régis Durussel (38 ans) a quitté sa place de machiniste et de chauffeur poids lourds pour reprendre le domaine de 24 hectares que sa famille exploite depuis plus de trois générations à Sassel, non loin de Payerne. Il troque le confort d’une vie d’employé «bien payé» dans une entreprise broyarde pour une vie d’indépendant, faite de journées interminables, d’incertitudes et de tracas administratifs. Fini les vacances, les week-ends de congé, les 13es salaires: il va devenir paysan.

«Je n’avais pas prévu cette réorientation de carrière, explique Régis. Les événements ont fait que j’avais la possibilité de reprendre le domaine, faute de quoi il allait disparaître. Alors j’ai fait le grand saut.» Il est accompagné dans cette aventure par Tatiana (31 ans), son épouse. «Ça a été très rapide, dit-elle. Nous n’avions que dix jours pour nous décider. C’est un gros pari, nous allons tout faire pour le gagner.»

«Il y aura du boulot!»

Naguère, le domaine de La Grange d’En Haut, à Sassel, était suffisant pour faire vivre plusieurs familles. Il est devenu trop petit pour une exploitation moderne. Dans les années 1990, les parents Durussel se spécialisent alors dans les chevaux. Ils créent un manège avec un carré couvert et des boxes qu’ils installent dans un ancien hangar à tabac.

Les chevaux accaparent leur temps mais aussi toutes les ressources du domaine: les terres fournissent l’herbage, la paille ainsi que le foin et servent de parcs à chevaux. Ce manège sera la ressource principale du jeune couple. «Pour le moment, avec seulement 24 chevaux en pension, le «business plan» est serré, commente Régis. Nous devons investir dans des machines, dans les constructions et les équipements. Il y a du potentiel et de la place pour 48 chevaux. On ne manquera pas de boulot!»

Transmettre des valeurs

Régis a une formation de mécanicien agricole, pas de paysan. Son épouse Tatiana est enseignante à 60%. Elle se charge de la comptabilité et de l’administration de l’exploitation. C’est elle aussi qui rédige les nombreux courriers adressés aux instances agricoles pour faire reconnaître le statut de son mari.

«Quand on voit le contexte agricole, on se dit qu’on n’a pas choisi la facilité»

Régis n’a pas une formation spécifique d’agriculteur, mais il a travaillé plusieurs années sur des domaines. Il peut faire valider cette expérience. C’est la condition sine qua non pour être reconnu paysan professionnel et décrocher ainsi les fameux paiements directs qui permettent de faire vivre les exploitations. «Reprendre un tel domaine n’est pas simple, mais les choses s’éclaircissent», se réjouit Tatiana.

L’enjeu est lourd pour le jeune couple: il faut faire perdurer l’exploitation familiale séculaire, tout en investissant et en développant l’affaire. «Quand on voit le contexte agricole, on se dit qu’on n’a pas choisi la facilité», sourit Régis. La naissance de leur fille, il y a neuf mois, a aussi joué un rôle. «Nous avions envie de réaliser quelque chose pour son avenir et lui transmettre certaines valeurs. C’est un métier dur. Mais nous avons en échange une qualité de vie et une relation privilégiée avec la nature. C’est ça aussi être paysan. C’est ce qui fait la beauté de ce choix de vie.»


www.manegedesassel.ch (24 heures)

Créé: 13.03.2017, 07h50

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