Du café et du purin feront jaillir de l’électricité

Energie verteL’une des plus grandes centrales biogaz du pays est en construction dans la Broye. Elle mélangera déchets de café à du fumier.

L'usine biogaz d'Henniez, à proximité de l'usine d'embouteillage de la fameuse eau minérale, produira l'électricité pour près de 1000 ménages.

L'usine biogaz d'Henniez, à proximité de l'usine d'embouteillage de la fameuse eau minérale, produira l'électricité pour près de 1000 ménages. Image: Jean-Paul Guinnard

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Prenez une pincée de lisier, ajoutez-y un soupçon de fumier de volaille et une cuillère de purin de bovins. Mélangez le tout avant d’y verser une bonne dose de marc de café ainsi que du petit-lait. Laissez reposer la mixture et vous obtiendrez du biogaz. L’énergie qu’il contient vous permettra ensuite de produire de l’électricité verte.

Bien sûr, à Henniez, le processus pour faire fonctionner la future installation de biogaz, à proximité du site d’embouteillage de la fameuse eau minérale, sera bien plus complexe et technique que cela. Et surtout, les quantités de matière organiques nécessaires seront plus conséquentes pour fabriquer les quelque 2,1 millions de mètres cubes de biogaz prévus par année.

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Commencée début avril, cette construction financée par le Groupe E Greenwatt (8 millions de francs) permettra à Nestlé Waters et à une trentaine d’éleveurs de recycler des milliers de tonnes de déchets organiques. Il ne s’agit rien de moins que de l’une des plus grandes centrales biogaz de Suisse. Dès son ouverture prévue à la fin de cette année, elle sera en mesure de produire du gaz à partir de 23 000 tonnes de lisier et de fumier par an, auxquels viendront s’ajouter 3800 tonnes de déchets de café et 1600 tonnes de petit-lait provenant des usines Nestlé de la région. Une fois brûlé, il générera plus de 4 millions de kilowattheures d’électricité par année, soit la consommation de près de 1000 ménages.

Processus complexe
Comment une telle usine fait-elle pour tourner? «Toutes les matières organiques sont placées dans une énorme cuve dans laquelle se passe un phénomène analogue à celui de la digestion», indique Yves Membrez, directeur d’EREP SA, un bureau vaudois spécialisé dans le biogaz. Avant d’ajouter: «A l’intérieur, un certain nombre de paramètres doivent être réunis, comme une bonne température et l’absence d’oxygène afin que les bactéries puissent transformer la matière organique. Le biogaz ainsi créé, composé en grande partie de méthane, sert ensuite de combustible pour faire tourner une génératrice.»

Derrière le projet d’Henniez, Nestlé Waters est parvenu à réunir vingt-sept agriculteurs de la région. Ceux-ci fourniront 80% de la matière première. Les 20% restants, c’est le géant de l’agroalimentaire qui s’en chargera. Un apport déterminant, comme le souligne Jean-Michel Bonvin, directeur de Groupe E Greenwatt. «Le marc de café et le petit-lait, de par leur densité, sont une véritable bombe énergétique. A eux seuls, ils apporteront 50% de l’énergie nécessaire pour faire tourner l’installation.» A noter que la chaleur dégagée lors de cette opération sera acheminée à destination de l’usine d’embouteillage. Quant aux résidus sortants, ils seront réutilisés comme engrais par les partenaires agricoles.

Eleveurs gagnants
«Pour nous, les avantages sont multiples, indique Lucien Rossat, agriculteur associé au projet. Nos fosses à purin ne seront par exemple plus surchargées.» Mais ça ne s’arrête pas là: les résidus issus du processus seront redistribués aux partenaires agricoles sous forme d’engrais. «Cet engrais sera de meilleure qualité, inodore et mieux assimilable par les plantes», se réjouit l’agriculteur. Et, accessoirement, ça permettra de protéger de l’épandage les sources d’Henniez situées sous les champs.

Alors que la Suisse est en pleine réflexion sur une sortie du nucléaire, le biogaz semble donc avoir un rôle à jouer. «La Suisse produit près de 20 millions de tonnes de purin et de fumier chaque année. Pour l’heure, les installations en biogaz en fonction n’en exploitent que 1,5 million», explique Yves Membrez.

L’énergie propre a un prix
Seul hic, peut-être, son prix. Si le kilowattheure issu du nucléaire ne coûte que 5 ct., celui issu du biogaz coûte encore entre 35 ct. et 40 ct. «Le prix de l’énergie propre», conclut le directeur de Groupe E Greenwatt.

Créé: 12.07.2015, 12h55

Articles en relation

Du marc de café et du fumier pour faire du biogaz

Broye Nestlé Waters et Groupe E Greenwatt sont parvenus à réunir 27 agriculteurs derrière leur projet de centrale biogaz à Henniez. Le chantier a débuté hier. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 7

Paru le 18 septembre 2019
(Image: Bénédicte) Plus...