Une météorite découverte en 1958 refait surface

GéologieUn ado zurichois en camp au Chasseron avait trouvé cet objet cosmique sans savoir de quoi il s’agissait.

Reto Merlo (T-shirt blanc en dessous du garçon portant une marinière) a trouvé «sa» météorite en cherchant des pierres pour protéger le foyer sur lequel sa classe devait griller des saucisses.

Reto Merlo (T-shirt blanc en dessous du garçon portant une marinière) a trouvé «sa» météorite en cherchant des pierres pour protéger le foyer sur lequel sa classe devait griller des saucisses. Image: DR

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Les météorites retrouvées sur sol suisse sont extrêmement rares. Et la onzième, qui vient d’être authentifiée, aurait bien pu ne jamais rejoindre le tout petit inventaire de ces objets tombés du ciel. L’histoire de cette (re)découverte n’en est que plus savoureuse. Chasseron – on leur donne le nom de l’endroit géographique où elles ont été trouvées – a en effet été baptisée il y a quelques jours, très exactement soixante ans après qu’un adolescent alémanique l’a ramassée près du sommet nord-vaudois.

«Il y a deux ans, j’ai lu dans un magazine qu’il était possible de trouver des météorites dans le Jura», explique Reto Merlo, aujourd’hui septuagénaire. À l’époque, le jeune homme était en dernière année de scolarité obligatoire à Wiedikon (un quartier de Zurich) et passait une semaine de camp avec sa classe à Estavayer.

Outre la visite de la «Fabrique Migros» du bourg broyard, le programme de cette semaine au vert comprenait une excursion au sommet du Chasseron, en dessus de Sainte-Croix. En chemin, la quinzaine d’élèves et leurs accompagnants font un feu pour griller leurs saucisses. Reto Merlo s’en souvient encore parfaitement. «Comme il soufflait fort, nous sommes partis à la recherche de pierres pour protéger les flammes. Tout à coup, quelque chose de brillant est apparu dans mon champ de vision. J’ai d’abord pensé à un éclat de soudure, comme j’en voyais dans l’atelier de ferblanterie de mon père.»

Reto Merlo ne le sait évidemment pas encore, mais il vient de mettre la main sur un fragment de corps céleste. Il ramasse quoi qu’il en soit cette petite pierre étrange, d’un peu plus de 2 centimètres pour 4,8 grammes, et l’enfouit dans sa poche de pantalon sans en parler à ses copains. «Je voulais la montrer à quelqu’un qui s’y connaissait en minéraux.» Cette personne lui révèle que cet objet mystérieux vient probablement de l’espace.

Reto Merlo n’imagine pas la valeur scientifique de sa trouvaille, mais il est tout heureux de l’avoir et décide de la garder. Il la fixe sur un petit socle de bois, qu’il expose dans sa chambre. «Je ne l’ai jamais rangée dans un tiroir, ni mise à la cave ou au galetas, reprend le retraité. Plus tard, elle était posée sur une étagère dans mon bureau à la maison», précise-t-il.

Presque six décennies ont donc passé jusqu’à ce que la couverture médiatique accordée à l’exposition consacrée par le Musée d’histoire naturelle de Berne à la météorite Twannberg lui fasse prendre conscience de la valeur de sa poussière d’étoile. «Après avoir pris contact avec l’institution, je la leur ai envoyée», conclut-il. Tombée du ciel sur sol vaudois, la météorite de Reto Merlo est de fait propriété du Canton. Depuis peu, elle se trouve donc au Palais de Rumine, dans les collections du Musée de géologie. (24 heures)

Créé: 11.10.2018, 06h52

Un type de météorite unique en Suisse

Entre 1886 – année de l’authentification de la première météorite découverte en Suisse, à Rafrüti (BE) – et aujourd’hui, onze objets célestes ont été officiellement reconnus pour notre pays: un à Glaris, un dans les Grisons, deux dans le canton de Fribourg, quatre dans celui de Berne et trois sur sol vaudois.

Outre Chasseron, il s’agit de Chervettaz (une jolie pièce de 705 grammes trouvée en 1901 près d’Oron) et… Sainte-Croix. Outre une évidente proximité géographique, elle partage le même poids (4,6 grammes) avec la trouvaille de Reto Merlo, bien loin des 18,2 kilos de Rafrüti.

Mais alors que Sainte-Croix est de type ferreux, Chasseron est un fragment pallasite, soit un type extrêmement rare, unique en Suisse. «Elle se caractérise par des cristaux vitreux d’olivine de teinte vert bouteille à jaune, inclus dans une matrice de fer et de nickel», note Nicolas Meisser, du Musée cantonal de géologie.

Son état – elle ne comporte pour ainsi dire pas de rouille – semble indiquer qu’elle serait tombée quelques années seulement avant sa découverte.

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