Les Milichenoyes fêtent vingt ans de cortège aux Brandons

PayerneLe doyen des groupes de chars se prépare pour son 20e cortège à travers Payerne. Rencontre au hangar.

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A une dizaine de jours des Brandons de Payerne, le calme règne dans le hangar de Fétigny (FR), où s’entassent les chars, les décorations vestiges des années précédentes et un bric-à-brac de toutes matières. Autour de l’impressionnante plate-forme des Milichenoyes – la plus grande et la dernière mue par une voiture – commencent à se rassembler les membres du groupe. Ils se préparent pour leur 20e cortège sous cette bannière, mais certains défilent depuis bien plus longtemps. «Ça doit faire trente-cinq ans que je monte des chars, avant je faisais partie des Chenoyes, raconte Dominique Sartori. Avec la motivation qui s’essoufflait un peu chez certains, on était moins nombreux, alors on a fusionné avec les Milquiquetos il y a vingt ans, ce qui a donné les Milichenoyes.»

La question du jour n’est pas le montage du char, mais son démontage! Vu ses dimensions, impossible de le faire sortir par les portes du hangar. «On n’aime pas les choses trop droites, on préfère les grandes structures», explique Augusto Cartoni, membre des Milichenoyes depuis ses débuts. La petite dizaine de personnes qui s’activent autour de la plate-forme alternent calculs savants et blagues potaches. «On va le sortir le samedi avant le cortège, on n’a pas le droit à l’erreur», relève Enrico Cartoni.

Dans le respect des normes
Mais ce n’est pas la première fois que l’équipe fait face à ce type de casse-tête avec un char surdimensionné. «On se limite à 6 mètres de hauteur, parce que ce sont les normes pour ne pas qu’on s’accroche aux drapeaux dans la rue, mais, si on pouvait, on irait plus haut», sourit Augusto Cartoni.Les Milichenoyes n’ont pas le vertige. «On a fait les fous volants, avec des soucoupes qui tournaient», se souvient Dominique Sartori. «Celui de Tinguely était le plus fou, le bateau pirate était sympa aussi, et Venise, c’était le plus beau!» commente Enrico Cartoni.

«Il faut vivre un cortège pour comprendre pourquoi on est motivés à passer des heures ici»

L’équipe choisit souvent des thèmes de films ou de dessins animés et critique rarement la ville. Les bons souvenirs se sont accumulés durant toutes ces éditions de Brandons (cette année du 20 au 23 février). «On n’en a pas raté une! En 2006, ils ont annulé le cortège à cause de la neige, alors on a ressorti le même char l’année suivante!» se souvient Dominique Sartori.La fine équipe n’est pas prête à remiser ses soudures et ses peintures. «Il n’y a pas de raison d’arrêter, tant qu’on continue à s’éclater», sourit Enrico Cartoni. Surtout qu’une petite relève de jeunes a rejoint les Milichenoyes depuis peu. «Il faut vivre un cortège pour comprendre pourquoi on est motivés à passer des heures ici, explique Antoine Mattioni à son ami Cyril Ney, dont ce sera le premier défilé. Quand je suis arrivé l’année passée, perché sur le char, et que j’ai vu tout ce monde, cette ambiance… C’est génial!»Un goût des Brandons qui devrait permettre aux Milichenoyes de fêter encore bien des anniversaires.

Créé: 12.02.2015, 18h46

Pas de consigne pour les Brandons

Du côté des Fasnachts, la police bâloise a recommandé la semaine dernière d’éviter les caricatures du prophète Mahomet. Contrairement à la police fribourgeoise, qui a enjoint les comités des carnavals de la région à «faire attention aux sujets délicats qui pourraient provoquer des associations ou des personnes», comme l’affirmait leur porte-parole Gallus Risse à La Télé en début de semaine, la police vaudoise n’a pas émis de telles recommandations.
Pas de consignes particulières à Payerne non plus. «De toute façon, le Comité des Masques voit les chars dans le hangar avant qu’ils sortent, ils peuvent intervenir si besoin», explique Augusto Cartoni, membre des Milichenoyes. «On sensibilise les groupes des chars au fait qu’il ne faut pas qu’ils blessent des communautés ou des personnes, néanmoins nous laissons une large place à la caricature et à la satire, éléments-clés des Brandons», relève Sébastien Galliker, du Comité des Masques. Depuis huit ans que le Broyard fait partie des organisateurs des Brandons, une seule plainte a été déposée et classée sans suite par le procureur, qui a estimé que les arguments n’étaient pas suffisants.

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