Les pompiers au chevet du Moulin d'Yverdon

IncendieLe feu s'est déclaré entre 3h et 4h jeudi matin dans ce bâtiment situé à deux pas du centre-ville. Les dégâts sont immenses.

Les flammes ont notamment ravagé la toiture du moulin situé à la rue Cordey.

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Un impressionnant incendie s’est déclenché tôt jeudi matin à deux pas du centre-ville d’Yverdon-les-Bains. Les pompiers ont été alertés à 3h44 par une patrouille de Police Nord vaudois qu’un sinistre s’était déclaré au Moulin d’Yverdon. Sur place, les hommes du Service d’incendie et de secours (SDIS) du Nord vaudois se sont trouvés face à un embrasement total du toit du moulin. Devant l’important dégagement de fumée, ils ont fait évacuer six habitants d’un immeuble contigu, afin d’éviter qu’ils n’inhalent du monoxyde de carbone pendant leur sommeil. Quelques minutes plus tôt, les policiers avaient pour leur part fait sortir l’ancien meunier et son épouse, locataires de l’appartement situé dans la partie gauche du bâtiment de la rue Cordey.

Personne n’a heureusement été blessé. Mais les dégâts sont considérables. «Nous avons pu éviter que les flammes ne touchent l’appartement, mais il a été passablement inondé et n’est plus utilisable, explique le major instructeur Eric Stauffer, chef du SDIS Nord vaudois. Le feu, qui s’est rapidement propagé à la toiture, a gagné, via le galetas, la seconde partie de l’édifice.»

Le toit a ainsi été presque totalement dévoré par les flammes. Quant aux murs, ils ont considérablement souffert du feu et de la chaleur. «Le coin de la bâtisse côté lac menace de s’effondrer, raison pour laquelle la rue sera bouclée en tout cas jusqu’à vendredi matin 6h», reprend Eric Stauffer.

Si le sinistre était sous contrôle vers 8h30, des foyers étaient encore actifs dans le moulin en milieu d’après-midi. Les pompiers n’avaient du reste toujours pas pu accéder physiquement à l’intérieur du bâtiment. Majoritairement en bois, les toitures et planchers s’y sont écroulés.

Par chance, les sapeurs sont parvenus à mettre en sécurité les documents administratifs, la caisse et les ordinateurs de cette société fondée en 1901. «Mais pour le reste, c’est catastrophique. Tout est raide. On a en tout cas perdu un mois de livraison», se désole Philippe Gonin, président de la direction et gérant depuis 2000. Les 150 tonnes de farines prêtes à être distribuées aux clients (soit un mois et demi de livraisons) n’ont pas survécu. La perte pourrait même être doublée. «Le silo, construit en 1946, renferme 210 tonnes de grains, soit de quoi produire 170 tonnes de farine. On ne sait pas dans quel état elles se trouvent», reprend-il. Suivant la chaleur à laquelle il a été exposé, le blé sera fichu. Il en va de même s’il a été mouillé, ce qui paraît cependant peu probable selon les pompiers. Le risque majeur est que, en pareil cas, les grains gonflent et menacent de faire céder le béton du silo.

«Nous cherchons un moyen pour sauver tout ce blé», avance le commandant des pompiers. La trentaine d’hommes encore engagée dans l’après-midi était confrontée à une seconde problématique: les foyers résiduels situés à l’intérieur du moulin et du stock. «Nous devons créer une brèche dans la paroi pour pouvoir déblayer à l’aide d’un grappin les détritus qui se sont accumulés et procéder à l’extinction en profondeur de ces foyers», reprend Eric Stauffer.

Les investigations sont en cours pour identifier la cause de l’incendie. Le procureur de service a été renseigné et l’enquête est menée par les spécialistes du groupe incendie et de la brigade police scientifique de la police de sûreté avec l’appui des gendarmes de la région.

Le gérant n’a pas la moindre idée de ce qui a pu se produire. «Quand j’ai quitté les lieux mercredi soir, je n’ai rien remarqué de particulier. Il n’y avait pas d’activité et rien n’était sous tension», affirme-t-il.

Dans l’après-midi, il s’est réuni avec son conseil d’administration pour envisager la suite. Dans un premier temps, l’activité de la société coopérative du Moulin d’Yverdon sera déplacée à Échallens où se trouve une société de même type. Quant à savoir si les 14 collaborateurs pourront y travailler, c’est encore beaucoup trop tôt pour le dire. «On pare au plus urgent. L’objectif premier est de pouvoir garantir l’approvisionnement en farine de nos boulangers», conclut Philippe Gonin.

L’intervention a mobilisé une soixantaine de personnes et dix-huit véhicules des SDIS du Nord vaudois et de la plaine de l’Orbe ainsi que du Service de protection et sauvetage de Lausanne. (24 heures)

Créé: 01.02.2018, 10h48

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