Le Moulin d'Yverdon veut renaître hors de ses murs

AgricultureInstitution centenaire, le moulin agricole d'Yverdon, ravagé par un spectaculaire incendie en février dernier, veut se reconstruire à l'extérieur de la ville. Un défi, pour poursuivre une production locale.

Détruit en quasi-totalité par un incendie qui avait provoqué une forte émotion au centre d'Yverdon et dans la région, le moulin agricole, morceau d'histoire, veut se relancer en périphérie de la ville.

Détruit en quasi-totalité par un incendie qui avait provoqué une forte émotion au centre d'Yverdon et dans la région, le moulin agricole, morceau d'histoire, veut se relancer en périphérie de la ville. Image: Jean-Paul Guinnard

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Les vénérables pans de murs plus ou moins épargnés par les flammes au cœur de la cité ne survivront pas à la réalité: la place d’un moulin agricole, même centenaire, n’est plus dans un centre-ville. Le Moulin d’Yverdon, dont le spectaculaire incendie en février dernier avait provoqué une émotion encore palpable dans toute la région, lance un projet de reconstruction, mais hors du centre qui l’a vu naître, puis disparaître dans le feu dévorant la farine et le passé agricole d’Yverdon.

Avec l’aide de la Ville, qui dit tenir à la survie d’une institution et d’un métier historique, les meuniers dont dépendent les farines du Nord vaudois ont déniché une parcelle de 800 m2 utilisable à la sortie d’Yverdon, en Chamard, au bord de la route de Sainte-Croix. Une demande d’implantation préalable paraît cette semaine. Entre la station-service de la Coop et un ensemble utilitaire, le futur bâtiment est prévu sur trois niveaux. Moderne, efficace, facile d’accès, «pas le genre d’un bâtiment de 1900 avec des courroies» confessent les professionnels. Le nouveau moulin pourrait augmenter, voire doubler, les capacités de l’ancien site de la rue Cordey, afin d’assurer la rentabilité du projet. Il y a un potentiel, soulignent-ils.

Pas de regrets «Si la décision a été difficile à prendre? Pas vraiment. Le pincement au cœur, c’était en février, quand on a vu une page se tourner. La réglementation du quartier n’autorise plus une construction comme la nôtre, y venir devenait compliqué, énumère Jean-Daniel Cruchet, syndic de Giez et président du conseil d’administration. On pourra installer une technologie actuelle. C’est passer de l’artisanal à l’industriel quelque part. Mais c’est aussi développer un moulin de proximité pour une consommation de proximité, ça a du sens.» L’avenir de l’institution passera par l’exploration de nouvelles pistes. Le quinoa, que produisent plusieurs agriculteurs de la région, les lentilles peut-être, et surtout du biologique.

Perte du label IP En délocalisant la production en Suisse allemande depuis cet été, la farine a perdu son label IP Suisse. Désormais, il s’agit de réfléchir à retrouver, voire décrocher, d’autres appellations locales. «Les boulangers de la région, mais aussi ceux qui viennent s’approvisionner en vente directe, s’y intéressent», souligne le vice-président, Stéphane Baudat. «Il y a un avenir pour une structure comme la nôtre. Mais ce sera difficile.» Rien n’est en effet joué. De secoués en février («ils avaient besoin d’être soutenus, orientés, la Municipalité et les services ont fait tout leur possible pour les accompagner et les rebooster», témoigne la municipale Gloria Capt), les meuniers sont désormais face à un défi. Le projet table sur plus de 10 millions de francs d’investissements, que ne pourront pas totalement financer les indemnités ECA et la vente de l’ancienne parcelle à un promoteur. «Il faudra prendre des décisions à l’assemblée des membres du 20 février, souligne Jean-Daniel Cruchet. Nous avons besoin de soutien, de trouver de nouvelles parts de marché, de l’aide des pouvoirs publics aussi. Nous avons un intérêt régional, mais le marché est très difficile.» Les coopérateurs du moulin devront aussi se déterminer sur leur participation ou non dans le projet immobilier qui fera disparaître définitivement les ruines de la rue Cordey.

Sortir du temporaire Le temps presse également. «Pour l’heure, on reste dans des solutions temporaires, poursuit Stéphane Baudat. Nos clients ont dû se répartir dans les moulins de la région, l’huilerie a pu rester à la rue Cordey, on stocke ailleurs, il a fallu se séparer du meunier et d’un apprenti qui sont partis à Échallens… On ne pourra pas tenir longtemps comme ça. On a besoin de produire en 2020.» L’enquête sur le sinistre de février, très difficile, a quant à elle conclu à une surchauffe d’une machine au 2e étage.

Créé: 19.12.2018, 10h03

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