La crainte du moustique-tigre pousse la Grande Cariçaie à mener l’enquête

EnvironnementL’association qui gère la réserve naturelle étudie les populations de culicidés. Seules trois espèces y sont connues.

Des pièges ont été posés dans une quinzaine de sites.

Des pièges ont été posés dans une quinzaine de sites. Image: DR

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Zzzzzzzzzzzzzzzz… L’Association de la Grande Cariçaie (AGC) en saura bientôt davantage sur l’une des variétés d’insectes les moins appréciées du pays. Le moustique fait en effet l’objet d’un inventaire conduit par les gestionnaires de la rive sud du lac de Neuchâtel. Pour différentes raisons. «Déjà, parce que nous sommes intéressés à approfondir nos connaissances sur les insectes qui entretiennent des liens étroits avec l’homme. C’est le cas de certaines espèces de culicidés, le nom scientifique des moustiques», note Antoine Gander, biologiste à l’AGC.

Une famille au sujet de laquelle la Grande Cariçaie avoue une certaine méconnaissance. De la quarantaine d’espèces présentes en Suisse, trois seulement figurent dans l’inventaire de la Grande Cariçaie. «Au vu des milieux naturels que nous gérons, il y en a certainement d’autres sans que nous le sachions», reconnaît Antoine Gander. Dont le redouté moustique-tigre auquel on reproche d’être vecteur de maladies tropicales, tels le chikungunya, la dengue ou le virus Zika?

La question ne tombe pas à plat. La bestiole est arrivée au Tessin en 2003. Et elle progresse. Elle s’est installée à Zurich et probablement à Bâle. En France, ce diptère plus petit qu’une pièce de 5 centimes est avéré dans la partie méridionale du pays, en région parisienne, mais aussi tout près de nos frontières. Des populations reproductrices sont ainsi attestées dans l’Ain et en Alsace. «Tôt ou tard, il arrivera chez nous. C’est une question d’années. Mais pour l’heure, il n’a pas encore été observé», reprend Antoine Gander.

Sus aux espèces invasives

Reste que l’inventaire commencé en avril n’est pas totalement étranger à ce rapprochement. Il a été soufflé à la Grande Cariçaie par le Centre suisse de cartographie de la faune qui veut qu’on lui signale la présence éventuelle d’espèces invasives, tels le moustique-tigre, bien sûr, mais aussi le moustique japonais pour rester chez les culicidés, qui sont également aux portes de la Suisse. «Pour nous, c’est aussi un moyen de nous prémunir d’éventuelles accusations émanant des riverains. Et en fonction des résultats qu’on devrait recevoir à la fin de l’automne, nous pourrons répondre que la Grande Cariçaie n’est pas un foyer de moustiques-tigres.»

Si le biologiste semble sûr de lui, ce n’est pas pour rassurer la population, mais bien pour des raisons scientifiques. «Nos réserves n’offrent pas les conditions nécessaires à la reproduction de cette espèce.» Responsable des espèces invasives pour le canton de Vaud, Daniel Cherix est plus affirmatif encore: «C’est un insecte urbain. On ne le trouve pas en milieu naturel.»

Pour se reproduire, la femelle du moustique-tigre a non seulement besoin du sang humain, mais également de petits points d’eau qui se sont formés dans des «objets» créés par l’homme: vieux pneus, bacs à géraniums, etc. Soit autant d’éléments artificiels qui ne sont pas censés se retrouver dans une réserve naturelle. (24 heures)

Créé: 14.05.2019, 20h03

Des pièges suspendus

Pour mieux connaître ses populations de moustiques, l’Association de la Grande Cariçaie dispose une fois par mois pendant une demi-année des pièges sur une quinzaine de sites répartis sur toute la rive sud du lac de Neuchâtel. Certains ont été placés près des agglomérations (localités et campings), les autres en milieu complètement naturel. Le piège est en deux parties. Un thermos suspendu, d’où s’échappe du gaz issu de la glace carbonique qu’il renferme, attire le moustique. Il est ensuite soufflé par un petit ventilateur dans une poche située juste à côté dont il ne peut ressortir. Les individus capturés sont ensuite congelés et envoyés à une spécialiste qui rendra ses conclusions en fin d’année.

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