Le Musée de la mode a reçu plus de 30'000 boutons

Yverdon-les-BainsL’institution, qui aspire à s’installer près de la gare, va faire fructifier son nouveau trésor.

La directrice du Musée suisse de la mode, Anna-Lina Corda, s’enthousiasme pour le «cadeau extraordinaire» que l’institution a reçu des mains de Nicola Beaupain.

La directrice du Musée suisse de la mode, Anna-Lina Corda, s’enthousiasme pour le «cadeau extraordinaire» que l’institution a reçu des mains de Nicola Beaupain. Image: PHILIPPE MAEDER

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Ils sont en or, en argent, en bois, en verre, en pierres semi-précieuses. C’est une incroyable collection de boutons que le Musée suisse de la mode (MuMode) a reçue l’année dernière. Ses membres ont récemment pu faire plus ample connaissance avec ce trésor composé de plus de 30'000 pièces. Sa donatrice, la Fribourgeoise Nicola Beaupain, est venue en personne le présenter à l’occasion de l’assemblée générale annuelle de cette institution yverdonnoise unique en Suisse.

«C’est un cadeau extraordinaire que nous a fait Mme Beaupain, s’exclame la directrice du MuMode, Anna-Lina Corda. Un bouton, ça peut paraître anecdotique, mais c’est un objet qui fait partie du vêtement et qui est indissociable de la mode, qu’il a suivie au fil des âges.» Et de mentionner l’existence de boutons Art déco ou de boutons… en carton. «Ces derniers datent de la Mob et ont vu le jour faute de matière première. Imaginez que les femmes de l’époque devaient les défaire pour laver le vêtement sur lequel ils étaient cousus et les recoudre une fois l’habit propre et sec.»

Pointe de l’iceberg

Les 30'000 boutons dont a hérité le MuMode ne sont en fait que la pointe émergée d’un iceberg insondable, selon celle qui a réuni cette collection, Nicola Beaupain. «Je ne peux même plus les compter. Ils viennent de Suisse et du monde entier. J’en ai remis un certain nombre au musée d’Yverdon et je leur en réserve encore autant», sourit cette septuagénaire d’Estévenens. Sa collection, elle l’a commencée en 2012, à l’occasion de ses 70 ans. «Sachant que l’on n’est pas éternel, je me suis demandé quels objets en ma possession revêtaient une réelle importance. Et le seul dont j’ai pu dire que je ne voulais pas me débarrasser, c’était la boîte à boutons de ma grand-mère.»

Le 6 octobre de cette année-là, elle ouvrait dans sa belle ferme classée de 1727 le Musée du bouton, qu’elle s’apprête aujourd’hui à fermer. «Dès le début, je me suis mise en quête d’une institution à qui léguer mes boutons un jour. J’ai contacté beaucoup de musées. Ils avaient tous la même réponse: pas de temps, pas d’argent et pas de place. Tous sauf le Musée de la mode, qui est venu me rendre visite.» Et le courant est immédiatement passé entre elle, Anna-Lina Corda et le vice-président du comité, Antonio Villaverde, à qui elle a remis ses premières boîtes l’été dernier.

«Les boutons sont aujourd’hui stockés dans nos réserves, où nous les inventorions. La plus ancienne pièce date du XVIe siècle», souligne la directrice. Ce printemps, certains d’entre eux devraient se glisser dans les petites salles dont le MuMode dispose au château d’Yverdon. En attendant mieux. Soit un emplacement définitif dans le futur bâtiment multifonctionnel prévu près de la gare où le musée envisage de déménager.

D’ici là, certains boutons se glisseront dans l’exposition temporaire prévue cet automne. «On y présentera des pièces phares de notre collection», relève la directrice. Mais pas seulement. Pour s’ancrer dans le contemporain, le MuMode disposera aussi des photos réalisées en tandem par deux artistes de street style, Maria de Falco et Ilja Tschanen. (24 heures)

Créé: 18.04.2017, 19h51

Le musée met le cap sur le futur

A l’étroit dans les deux petites salles dont il dispose au Musée d’Yverdon, le Musée suisse de la mode (MuMode) voit peut-être la lumière au bout du tunnel avec la perspective d’un déménagement dans le bâtiment multifonctionnel prévu à côté de la gare pour 2021. Sa directrice, Anna-Lina Corda, semble déterminée à mener à bien le développement de cette institution, unique en Suisse et fondée en 1982. «L’arrivée de Raphaël Kummer à la tête du Service de la culture a fait évoluer les choses. Jusqu’alors, j’ai l’impression qu’on ne nous accordait pas assez d’importance. Peut-être aussi qu’on n’arrivait pas bien à se vendre», confie-t-elle. Pour remédier à cela, la direction du musée a créé en 2013 un comité scientifique. Composé du professeur de muséologie et d’art médiéval Pierre-Alain Mariaux, d’Elizabeth Fischer, enseignante à la Haute Ecole d’art et de design de Genève, et du directeur de la Maison Tavel, Alexandre Fiette, il a pour mission de repenser le musée en vue de son déménagement. Du côté de la gare, la directrice imagine un lieu vivant, avec des expositions temporaires, mais aussi des workshops pour étudiants ou encore des ateliers de reconstitution de vêtements historiques. Des partenariats avec des associations locales ou l’emprunt de pièces d’autres musées aux Etats-Unis ou en Europe sont aussi dans les plans du MuMode. Avant cela, le musée a l’intention de «se montrer» sous ses plus beaux atours. Avec, en novembre, une nouvelle exposition au château et une soirée de gala à la Marive, dont Hubert de Givenchy a accepté de présider le comité de patronage. Anna-Lina Corda ne veut pas dévoiler toutes les cartes de son jeu, mais annonce d’ores et déjà pour 2018 des événements d’importance à Lausanne et à Genève. «Le soutien qu’on sent enfin nous pousse à aller de l’avant», conclut-elle.

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