Nespresso ne veut pas du syndicat Unia à sa table

Avenches/OrbeLe géant du café ne veut pas négocier avec Unia au sujet des nouveaux horaires de travail de ses usines de production.

Malgré une manifestation de collaborateurs de Nespresso actifs à Orbe et Avenches, la multinationale persiste à écarter le syndicat Unia des négociations.

Malgré une manifestation de collaborateurs de Nespresso actifs à Orbe et Avenches, la multinationale persiste à écarter le syndicat Unia des négociations. Image: KEYSTONE

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«Non à la Nespression!» «Nous travaillons pour vivre, nous ne vivons pas pour travailler!» Tels étaient certains des slogans brandis à Lausanne mardi en fin de journée devant le siège de Nespresso par une cinquantaine de collaborateurs des sites de production d’Orbe et d’Avenches. Soutenus par Unia, ils réclament le respect de leurs droits syndicaux et l’ouverture de négociations sur les nouveaux horaires imposés par la direction.

Si une rencontre a finalement bien eu lieu entre quelques employés, le syndicat et le géant mondial du café en dosette, ce dernier ne souhaite pas changer sa manière de faire. «En négociant ces changements d’horaires avec les représentants du personnel, nous respectons le cadre légal, lâche un chargé de communication. Le processus de discussion actuel est mené de manière ouverte et transparente entre la direction et les représentants des employés. Ils ont joué un rôle clé pour collecter les questions des employés générées par la proposition et les partager sans filtre avec la direction.»

La direction minimise

Alors que plus de 1000 collaborateurs sont concernés à Orbe, à Avenches et à Romont, la manifestation a ainsi été relativement peu suivie, incitant la direction à poursuivre sur la voie choisie. «Les discussions progressent bien. Nous travaillons pour définir le modèle de tournus d’équipe en 4x8 qui conviendra le mieux.»

De son côté, Unia parle de pression mise durant le week-end de l’Ascension pour retenir des employés à participer à la réunion. «Sur six ouvriers dans mon secteur, quatre sont actuellement en train de rechercher un autre travail. Dans ces circonstances, il n’était pas évident d’aller manifester à Lausanne, alors que nous sommes en attente d’entretiens d’embauche, mais actuellement toujours liés à Nespresso», commente un collaborateur avenchois.

Comme une majorité de ses pairs, il a néanmoins accordé sa confiance à Unia pour négocier avec la filiale de Nestlé plutôt qu’à des représentants du personnel parfois sous pression. Il en va de même à Orbe. La multinationale répond qu’Unia n’a aucune relation de travail avec elle.

Pour rappel, le géant du café souhaite modifier ses horaires de travail du 5x8 heures actuel au 4x8 heures. À la clé, une moyenne horaire hebdomadaire passant de 41 à 43 heures avec des pointes pouvant aller à 58 heures et davantage de week-ends en fonction des besoins.

Mercredi, diverses séances avec les employés vaudois ont été organisées par Unia pour faire le point de la situation. «Nous envisageons de prendre d’autres mesures», détaillent Nicole Vassalli et Abdeslam Landry, secrétaires syndicaux pour le secteur de l’industrie. Lesquelles? Il faudra attendre d’avoir l’adhésion d’une majorité des secteurs pour pouvoir les dévoiler. Et les séances devaient se poursuivre en soirée.

Ces menaces ne semblent pas inquiéter Nespresso. «Notre proposition vise à répondre à l’augmentation de la demande de manière flexible, après une période où le format en 5x8 était nécessaire pour des besoins de formation spécifiques», ajoute la société.

Levier politique

Mardi, le levier politique a également été actionné dans le conflit via une intervention du député socialiste Nicolas Rochat Fernandes, au nom des partis de gauche, devant les travées du Grand Conseil vaudois. «Cela fait partie du rôle des politiques que de rappeler la valeur du dialogue social dans notre pays», déclare l’élu de la vallée de Joux. Et de rappeler que si Nespresso a permis de développer des places de travail dans une région du nord du canton qui en avait besoin, elle a bénéficié, en contrepartie, d’avantages fiscaux. (24 heures)

Créé: 16.05.2018, 19h12

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