Noces d’émeraude pour Yverdon et ses migrants

Nord vaudoisLa Commission Suisses-Immigrés fête ses 40 ans. Retour sur une institution pionnière à l’époque.

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Yverdon et ses communautés ont fêté samedi leurs noces d’émeraude. En effet, la Commission consultative Suisses-Immigrés (CCSI) a été créée il y a 40 ans. L’événement a été marqué par une table ronde et un spectacle relatant quelques anecdotes de l’intégration.

A l’époque, Yverdon faisait œuvre de pionnier. «C’étaient les années 1970, avec les initiatives (ndlr: xénophobes) Schwarzenbach. Les communautés étrangères avaient tendance à se regrouper», rappelle Jean-Claude Ruchet, municipal de la Jeunesse et de la Cohésion sociale. Ayant appris l’existence d’un organe dédié aux migrants en Belgique, un élu PS, Jean-François Martin, avait souhaité que la Ville s’en inspire.

«Deux conceptions s’opposaient: la coexistence séparée ou l’intégration. Dès le début, la CCSI s’est engagée en faveur d’une intégration qui ne renie pas les origines», explique le municipal. Ce principe se reflète dans ses activités: fêtes communautaires, cours de français, consultations, mais aussi groupes de travail sur l’école, le travail, les relations sociales, la culture.

Selon Jean-Claude Ruchet, l’objectif initial a été atteint, grâce à la CCSI, mais aussi grâce aux écoles, aux entreprises, aux associations de quartier, aux clubs sportifs. Aujourd’hui, 126 nationalités sont recensées à Yverdon et 21 communautés représentées dans la Commission. Si l’origine des migrants s’est diversifiée, les buts demeurent les mêmes. «Les nationalités changent, mais l’idée est toujours de bien vivre ensemble», conclut le municipal.


Accueillir

Manuel Das Neves est arrivé du Portugal en 1983. Pour lui, une des choses importantes que propose la CCSI, dont il fait partie depuis environ vingt ans, c’est l’accueil des nouveaux arrivants, au travers d’une permanence ouverte tous les samedis de 9 h à midi. Sa spécificité? «Elle est dédiée aux étrangers et est tenue par des étrangers, explique-t-il. Une fois par semaine, nous nous occupons de guider les gens qui viennent d’arriver, de leur expliquer les divers endroits de la ville. On leur donne les infos dont ils ont besoin sur le moment.»

Manuel est là avant tout pour aider: «Les démarches administratives sont spécifiques et les immigrants ont besoin d’explications. De plus, il y a aussi la barrière de la langue qui pose problème. Nous savons les difficultés qu’ils peuvent rencontrer parce que nous sommes aussi passés par là.»


Tout culture

Christiane Dos Santos est originaire de France et a suivi son mari en Suisse lorsqu’il y a trouvé du travail. C’était en 1974. Son rôle au sein de l’association? «Je m’investis beaucoup culturellement», explique-t-elle. En effet, elle vient à peine de sortir du spectacle que la CCSI a mis en place pour ses 40 ans, avec pour thème les étrangers qui arrivent et vivent en Suisse.

Et à part les spectacles? «Nous avons par exemple organisé des cours de français à la plage, explique Christiane Dos Santos. Et, tous les deux mois par exemple, nous faisons un film sur un pays dont la situation politique est difficile afin d’informer les gens.» Les événements sont ouverts à tous et l’association s’occupe de faire leur promotion afin de réunir le plus de participants. Et ça marche? «Oui, il y a souvent du monde! C’est super car nous sommes tous réunis au même endroit», conclut-elle.


Elargir l’offre

Branislav Trajcevski est Macédonien et est arrivé ici en 1983, d’abord en tant que saisonnier. Il fait partie de l’association depuis une dizaine d’années environ. Son but au sein de la CCSI: «Aider les nouveaux arrivants à s’intégrer et à participer à la vie sociale.» Lorsqu’il est arrivé en Suisse, aucun organe ne lui a apporté ce genre d’aide. «Heureusement que la CCSI existe aujourd’hui. A l’époque, tout marchait par le bouche-à-oreille», raconte-t-il.

Vingt et une communautés sont représentées au sein de l’association. Mais le but est d’élargir encore les horizons. «Il y a plus de 127 nationalités à Yverdon. Nous voulons étendre la visibilité de la CCSI afin de recruter de nouveaux membres. Car la richesse de la culture fait la richesse de l’association.» Branislav Trajcevski propose de tenir des stands dans les centres commerciaux pour présenter la CCSI. A.G.

Créé: 06.02.2017, 08h27

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