La nouvelle vedette de la brigade du lac reste à quai

YverdonLivré en 2016, le bateau de la police cantonale ne répond pas aux normes. Un député demande des comptes.

Avec ses soudures non conformes, sa coque deux fois trop mince et ses installations électriques défaillantes, la vedette flambant neuve de la gendarmerie vaudoise est condamnée à rester inutilisée.

Avec ses soudures non conformes, sa coque deux fois trop mince et ses installations électriques défaillantes, la vedette flambant neuve de la gendarmerie vaudoise est condamnée à rester inutilisée. Image: LAURENT GILLIERON/Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

En 2014, la brigade du lac, basée à Yverdon, rêvait d’un beau coursier des mers pour remplacer sa vieille vedette d’intervention, qui affichait plus de 20 ans au compteur. Or l’engin livré en décembre 2016, avec une année de retard, est toujours à quai. Après avoir échappé à un incendie en raison de fuites d’essence, comme l’a relevé «Le Matin», on s’est aperçu que le bateau ne répondait pas aux normes antipollution, que sa coque était trop mince, ses soudures mal faites, ses installations électriques défaillantes. Résultat, les policiers vaudois, qui assurent depuis 2014 avec leurs collègues fribourgeois la surveillance de tout le lac de Neuchâtel et de Morat, doivent patrouiller depuis deux ans à bord d’un canot pneumatique!

L’histoire prêterait à rire si elle n’avait pas coûté bonbon à l’État. Quelque 660'000 francs selon le contrat d’achat du bateau, montant dont il faut déduire la reprise de l’ancienne vedette, et des frais de remise en état pour quelque 200'000 francs, qui n’ont servi à rien puisque le bateau est toujours inutilisable. C’est ce qu’indiquait le député PLR Marc-Olivier Buffat dans l’interpellation qu’il a développée mardi au Grand Conseil. Il a demandé des explications sur les raisons de ce fiasco. qui jette de sérieux doutes sur la manière dont l’Administration cantonale a géré l’appel d’offres puis adjugé la construction du bateau. Le fonds des véhicules lourds du Département des infrastructures a en effet donné le contrat à une société napolitaine à responsabilité limitée, qui est désormais en faillite.

Une certaine légèreté?
En respect de la loi sur les marchés publics et compte tenu des spécificités d’un bateau d’intervention utilisé tant pour la plongée que les contrôles des navigateurs, des exigences techniques particulières étaient contenues dans l’appel d’offres. Or, selon l’interpellateur, la société napolitaine n’avait aucune référence de construction navale avec des coques et des montages en aluminium tels qu’exigés dans les conditions de base. Selon lui, une entreprise vaudoise, une société bernoise et plusieurs soumissionnaires étrangers ont été écartés. «Ce qui est hallucinant, même si on a respecté les règles des marchés publics, c’est qu’on ne s’est pas demandé, à un moment donné, s’il était raisonnable de confier le contrat à une S. à r.l., qui en général a un capital de 10'000 ou 20'000 francs et n’offre aucune garantie. Une lumière rouge aurait dû s’allumer au lieu de traiter ce dossier de manière formaliste, mécanique!» fulmine Marc-Olivier Buffat. L’appel d’offres a-t-il été mal rédigé, y a-t-il anguille sous roche? Tout le monde, y compris la conseillère d’État Béatrice Métraux, entend faire la lumière sur cette affaire.

«Il y a deux mois, une expertise a été ordonnée pour faire un rapport complet sur l’état du bateau et pour déterminer la suite», explique Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police cantonale. Elle sera accompagnée d’une enquête à l’interne pour voir comment s’est fait le suivi de l’adjudication par la Direction générale de la mobilité et des routes en collaboration avec la police cantonale. C’est sur la base de ces rapports que le Conseil d’État pourra donner sa réponse à l’interpellateur.

En Zodiac
En attendant, la brigade du lac devra se contenter de son gros Zodiac pour assurer sa mission. «Suite au retard de livraison du nouveau bateau et des ennuis qui ont suivi, cela fait plus de deux ans que les policiers travaillent comme ça. Cela ne cause aucun souci opérationnel, car le canot pneumatique semi-rigide est très rapide et peut transporter 22 personnes», assure le porte-parole de la police. Mais la brigade se retrouve malgré tout le bec dans l’eau, sans bateau de travail permettant de faire des recherches avec plongeurs, robot ou de nuit. À ce stade, on ne sait pas si la vedette livrée naviguera un jour ou s’il faudra en commander une autre.

(24 heures)

Créé: 15.05.2018, 20h28

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 5

Un chien accompagne une pasteure dans les EMS, paru le 23 mai 2018
Plus...