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Un parc éolien offshore est prévu dans le lac de Neuchâtel

Des promoteurs éoliens assurent avoir trouvé la solution pour l'avenir de l'énergie en Suisse. Un parc éolien offshore au milieu des eaux vaudoises et neuchâteloises du lac veut profiter des forts vents et éviter les riverains.

Situées aux limites des eaux neuchâteloises et vaudoises, les éoliennes pourraient alimenter une bonne partie des rives du lac. La Société électrique du Lac, via ce projet intercantonal, serait la première à briser le tabou de l'éolien offshore en Suisse. (image d'illustration)
Situées aux limites des eaux neuchâteloises et vaudoises, les éoliennes pourraient alimenter une bonne partie des rives du lac. La Société électrique du Lac, via ce projet intercantonal, serait la première à briser le tabou de l'éolien offshore en Suisse. (image d'illustration)
dr.

Il faut croire que les vues de nos voisins français sur les vents atlantiques sont contagieuses: un parc éolien offshore est désormais en préparation sur le lac de Neuchâtel. C’est purement et simplement une première en Suisse. Quatre à six mâts, de quoi alimenter une bonne partie des rives neuchâteloises et vaudoises. Des prouesses à accomplir dans les techniques d’implantation. Des millions d’investissements et des retombées pour les entreprises de la région. Les promoteurs espèrent y parvenir d’ici cinq à sept ans.

Réel potentiel

Et si l’idée paraît, avouons-le, sacrément ambitieuse, elle ne tombe pas du ciel. Les gisements de vents répertoriés entre 100 et 150 m en dessus du lac sont parmi les plus importants de la région. Le potentiel lacustre avait dans la même mesure déjà été identifié sur le Léman mais avait été rapidement abandonné vu le caractère hautement sensible du site. Les Vaudois et les Neuchâtelois ont, eux, visiblement choisi de franchir le pas.

Les mâts sont prévus à quelque 3 km de la rive, proche de la ligne invisible qui sépare les deux cantons. Une façon de s’éloigner le plus possible des riverains, de limiter l’impact visuel et les voies de recours. Le projet est porté par la Société électrique du Lac, composée des communes vaudoises et neuchâteloises, ainsi que d’un promoteur privé.

«Le projet est encore à un stade initial, tempère le syndic de Cudrefin Thierry Schneiter. Une communication est prévue cet été.» Il poursuit. «Notre Commune a toujours eu à cœur de se positionner pour l’écologie et le renouvelable, nous pouvons nous aussi faire notre part pour l’énergie de demain.» C’est sur cette commune que doit arriver la précieuse énergie verte, par conduits posés au fond du lac. Le transformateur remplacera la station d’épuration actuelle, en bout de course. Détail piquant, le recyclage des eaux usées de la rive sud avait un temps été envisagé à Neuchâtel. Aujourd’hui, les deux rives collaborent, mais pour l’énergie.

Protecteurs de la nature inquiets

Sans surprise, la découverte de ce projet offshore fait réagir les milieux environnementaux. «C’est extrêmement préoccupant et on suivra ce dossier de près, s’inquiète François Turrian, ancien directeur de La Sauge et à la tête d’ASPO BirdLife. On est à la frontière de réserve internationale et au cœur de voies de migrations: cet espace est utilisé quotidiennement par plusieurs oiseaux qui vont d’Yverdon au lac de Bienne. Il n’y a pas que les cormorans qui seraient touchés.»

Côté neuchâtelois, on se refuse à tout commentaire d’ici cet été. Côté vaudois, on réfute tout effet sur l’environnement. «C’est au contraire sensé, poursuit le syndic de Cudrefin, la Grande Cariçaie donne à notre région une responsabilité écologique. Tout sera fait dans ce sens.»

Recharger les bateaux

Les usagers du lac devraient même y trouver des avantages dans une navigation durable. «Les nouvelles normes imposent des moteurs hybrides. On peut imaginer que ce soit pour nous des moteurs qui se rechargent, directement au mât des éoliennes ou indirectement sur des stations au port. C’est l’avenir», poursuit Thierry Schneiter.

Une zone d’exclusion de 50 à 70 mètres autour des mâts offshore, lors des phases d’exploitation, pourrait être annoncée. L’impact visuel devra encore faire l’objet, on s’en doute, d’études poussées. De même que les effets des éoliennes sur la faune. Dont les poissons.

Mise à jour 2 avril 2018:Nos lecteurs auront d’eux-mêmes repéré les arêtes et le poisson lacustre publié dimanche 1er avril sur le site de 24 heures: il n’y a évidemment aucun projet éolien offshore prévu entre Cudrefin et Neuchâtel. L’heure d’un projet de quatre éoliennes, parvenant en plus à viser un secteur aussi sensible, n’est pas encore venue. La chose avait pourtant bel et bien été envisagée un temps, selon nos informations. Et ce en raison de faits bien réels, à savoir que nos lacs recèlent d’importants gisements de vents. Et de poissons.

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