Une paroisse enfreint la loi et réduit son dû à l’Église

BroyeLes temps sont durs pour les paroisses réformées. Celle de Pacore a équilibré son budget 2018 en taillant dans sa contribution.

L’église de Ressudens est l’un des huit lieux de culte de la paroisse de Pacore.

L’église de Ressudens est l’un des huit lieux de culte de la paroisse de Pacore. Image: JEAN-PAUL GUINNARD - A

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Tu ne tueras point, tu ne feras pas de faux témoignage, tu ne voleras pas, etc. En rédigeant ses dix commandements, Dieu croyait sans doute avoir pensé à tout. De fait, il aurait peut-être dû en ajouter un onzième: «Tu ne feras pas d’économies sur le dos de l’Église.» C’est sans doute ce à quoi a dû penser la majorité de l’assemblée de la paroisse de Pacore (Payerne-Corcelles-Ressudens), mercredi dernier, quand elle a décidé de retrancher une partie du montant annuel qu’elle doit verser à l’Église évangélique réformée du canton de Vaud (EERV). Une première, au dire de Xavier Paillard, président du Conseil synodal (soit l’Exécutif cantonal de l’Église réformée), qui commente une information parue jeudi dans La Broye.

La paroisse broyarde, qui comptait, à la fin de 2016, 4361 fidèles répartis sur les communes de Payerne, de Corcelles, de Chevroux, de Grandcour et de Missy, fait face à des temps difficiles, financièrement parlant. Par 12 voix contre 2 et 2 abstentions, l’assemblée paroissiale a choisi d’équilibrer son budget déficitaire de façon surprenante. «Et non recevable d’un point de vue réglementaire», affirme Xavier Paillard. Pacore a en effet diminué de 15 094 francs (soit la totalité du déficit prévu par son budget 2018) les 76 160 francs qu’elle était censée payer à l’EERV.

«L’assemblée est souveraine. C’est un signal d’alarme qu’elle envoie au Conseil synodal, lui expliquant qu’elle estime devoir trop contribuer à son fonctionnement», souligne sa présidente, Danièle Küng, qui ne tient pas à trop en dire. Son caissier est plus disert. Pour Jean-Claude Pradervand, en effet, le calcul de l’EERV ne correspond plus vraiment à la réalité des bancs d’église. «Elle a bloqué depuis plusieurs années le montant demandé aux paroisses à 3,8 millions de francs. Une somme qu’elle divise par le nombre de protestants. Mais comme leur nombre diminue d’année en année, le montant par paroissien augmente.» Pacore y est d’autant plus sensible que la diminution y est moins forte qu’ailleurs. De 4473 – sur une population totale de 13 548 en 2015 – le nombre de paroissiens est passé à 4361 l’année suivante. «Du coup, on doit payer beaucoup plus», reprend le grand argentier de la paroisse broyarde. En agissant comme elle l’a fait, Pacore a eu tort. Sur la forme en tout cas. Mais elle ne s’attirera pas pour autant les foudres divines. Le Conseil synodal, par la voix de son président, préfère en effet le dialogue. «Nous étions déjà en discussion avec les représentants de cette paroisse avant le vote de la semaine dernière. Nous avions d’ores et déjà convenu d’une rencontre début janvier», explique Xavier Paillard.

Si 86 des 87 assemblées paroissiales vaudoises ont validé leur cotisation à l’EERV, elles ne roulent pas pour autant sur l’or. «On sait que plusieurs paroisses sont en difficulté. On doit trouver comment leur venir en aide.» Pour le synode, il n’est pas normal que leur contribution représente entre 50 et 70% de leur budget, comme c’est le cas pour Pacore. «Le budget de l’Église, c’est 42 millions. Ce qu’on touche de nos 87 paroisses, c’est 3,8 millions. Il n’est pas normal non plus qu’elles peinent à assumer un montant qui n’atteint pas le 10% de notre budget et que l’on vive sous perfusion de l’État.» La solution, selon lui? Les paroisses ne doivent pas songer à diminuer leurs contributions, mais à augmenter leurs revenus.

L’Église se trouve face à une société qui change. «Elle n’est pas qu’un dû social. Quand on en est un membre convaincu, ne devrait-on pas contribuer de manière significative à son financement? Pour être membre d’un club, on doit bien s’acquitter d’une cotisation», conclut Xavier Paillard. (24 heures)

Créé: 22.12.2017, 09h34

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