«Je ne fais pas partie des élites»

Grand ConseilLa Chanvannaise Sabine Glauser est entrée au législatif pour cinq mois. Elle entend jouer sa carte aux élections de juin.

La nouvelle députée veut lutter contre le gaspillage et promouvoir le mieux-vivre.

La nouvelle députée veut lutter contre le gaspillage et promouvoir le mieux-vivre. Image: Philippe Maeder

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C’est une maison villageoise toute simple, dans les hauts de Champvent, battue par la bise de la mi-janvier. La nouvelle députée Verte du Nord vaudois Sabine Glauser nous reçoit dans un appartement sous les combles pour évoquer son accession au Grand Conseil (24 heures du 12 janvier) . Au coin de la table, ses deux aînés, Ileana, 12 ans, et Martin, 10 ans, font leurs devoirs. Avec son mari qui fabrique des produits bio qu’il vend au marché d’Yverdon le mardi matin, elle a fait le choix de leur donner l’école à la maison.

«Lors de l’élection de 2012, notre section avait décroché deux sièges. En me classant au cinquième rang, je ne pensais vraiment pas entrer au législatif», raconte cette Chanvannaise d’adoption qui menait alors sa première campagne électorale. Après la démission de Cédric Pillonel et le renoncement de deux collègues de parti, Sabine Glauser s’est pourtant retrouvée sur les bancs du Palais de Rumine pour les cinq derniers mois de législature.

«Grâce à l’engagement de mon mari et au soutien de ma famille – les enfants sont très contents – j’ai pu facilement m’organiser pour faire face à ces nouvelles obligations», témoigne la nouvelle députée, qui a déjà assisté à deux séances. «J’ai été surprise par l’ambiance, les discussions en petits groupes pendant qu’un député s’exprime à la tribune. Par le clivage gauche-droite, aussi», indique la jeune femme qui refuse l’étiquette de «vert pastèque». «Certains de nos élus sont proches des socialistes. Pour ma part, je défends une position qui va à l’encontre des valeurs capitalistes. Je suis pour la décroissance par la lutte contre le gaspillage et la recherche d’un mieux-vivre.»

Mère au foyer assumée

En affirmant sans complexes qu’elle a du plaisir à être mère au foyer pour ses quatre enfants, elle sait qu’elle n’est pas forcément dans la ligne. «Je suis plutôt heurtée lorsque j’entends que toutes les femmes devraient travailler. C’est une des choses que je reproche à l’école: d’être organisée en fonction des besoins des parents plus que de ceux des enfants.»

Peu attirée par les cursus universitaires après son gymnase, la nouvelle députée a suivi une formation de naturopathe. D’où son intérêt pour les domaines de la santé, de l’environnement mais aussi de l’agriculture, dans lesquels elle espère pouvoir amener quelque chose au Grand Conseil. «Je ne fais pas partie des élites et j’aimerais que ces questions soient abordées de manière plus globale que ce n’est le cas aujourd’hui et en s’affranchissant des intérêts financiers des uns et des autres.»

Députée pour cinq mois, Sabine Glauser a bien l’intention de rempiler à l’élection de juin. Mais la configuration sera difficile, avec l’arrivée à Yverdon de la députée nyonnaise Céline Ehrwein Nihan. «Nous serons trois sortants dans l’arrondissement et d’autres Verts peuvent nourrir des ambitions légitimes.»

«En 2012, j’ai beaucoup aimé faire campagne, rencontrer les gens, discuter», avoue la Verte. Si elle a toujours été favorable à l’engagement des femmes en politique, cette jeune mère n’avait pas franchi le pas jusque-là. Les discussions avec sa sœur, secrétaire de commission au Grand Conseil, et surtout avec sa belle-mère, la conseillère nationale UDC Alice Glauser, l’ont amenée à franchir le pas. «Elle m’a beaucoup apporté et soutenu, même si nous ne partageons pas les mêmes idées, sauf sur l’agriculture.»

Sabine Glauser poursuit sur ses convictions, sur la permaculture qu’elle applique notamment à son potager. «Des livres là-dessus, tu en as genre quatre», glisse son fils Martin. Quant à Ileana, elle va chercher un ouvrage pour montrer un joli dessin au trait: des vignes cultivées au-dessus d’un ruisseau, avec un vigneron cueillant les grappes depuis une barque – le rêve. (24 heures)

Créé: 22.01.2017, 13h00

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