Christelle Luisier, 22 ans d'une patiente ascension

Élection au Conseil d'ÉtatLa syndique de Payerne est en passe de devenir ministre. Retour sur le long parcours d’une des dernières radicales vaudoises.

À Payerne, elle campe la femme d’Exécutif, à Lausanne la cheffe de parti, puis la parlementaire.

À Payerne, elle campe la femme d’Exécutif, à Lausanne la cheffe de parti, puis la parlementaire. Image: PATRICK MARTIN

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Qui peut dire avec précision depuis quand elle est promise à une entrée au Conseil d’État vaudois? Pour concrétiser le destin que beaucoup lui prêtent, il lui a fallu attendre sagement qu’un poste se libère. Aujourd’hui, ça y est. Christelle Luisier est en lice pour l’élection complémentaire au Conseil d’État vaudois, en remplacement de Jacqueline de Quattro. Les autres partis gouvernementaux se sont gardés de venir disputer ce siège du PLR, seule formation de la minorité de droite au gouvernement. Si bien que Christelle Luisier demeure largement favorite face à ses trois concurrents, Jean-Marc Vandel (Parti Pirate), Guillaume «Toto» Morand (indépendant) et Juliette Vernier (Grève du climat). Le premier tour aura lieu le 9 février, un éventuel second tour étant prévu le 1er mars. En attendant, voyons ce qu’elle a traversé depuis 1998.

La juriste se lance

Christelle Luisier vient de finir ses études de droit à Fribourg, suivi d’un master en Allemagne, et travaille comme juriste à l’Institut du fédéralisme de l’Université de Fribourg. Versée dans le droit public, elle embrasse le radicalisme vaudois en entrant au Conseil communal de Payerne en 1998 et, surtout, à l’Assemblée constituante l’année suivante. La voilà propulsée cheffe du groupe radical de l’aréopage qui réécrit le texte fondamental des Vaudois.

C’est dans l’abbatiale de Payerne que l’assemblée est officiellement installée. Christelle Luisier compte parmi les benjamins qu’il faut valoriser. Elle a œuvré à ce symbole qui mêle cohésion cantonale, gravité de la tâche et avantage médiatique. Le canton est encore plongé dans les tourments de la crise. Son grand vieux parti a aussi besoin de jouer sa partition avec d’autres figures que ses habituels vieux mâles.

À la Constituante, Christelle Luisier tisse les premiers fils de son réseau, tient ses troupes. La juriste refuse l’inscription de l’assurance maternité dans le texte vaudois, plaide que c’est une compétence fédérale. En pointe sur les questions institutionnelles, elle aurait voulu que le président du gouvernement soit nommé par le parlement plutôt que par ses pairs. À la fin, en septembre 2002, elle vend le texte dans un concert consensuel avec les socialistes et les Verts. Les libéraux, l’aile droite des radicaux, l’UDC s’opposent à un texte jugé trop progressiste, alors que le POP le condamne pour excès de libéralisme. Le peuple accepte. La classe politique a réussi sa psychothérapie de groupe. Ce succès collectif a été précédé d’un échec personnel pour Christelle Luisier: au printemps de la même année, elle ne parvient pas à se faire élire au Grand Conseil. Sur le plan communal elle dépose une motion pour la création de places de crèche.

Couvée par Broulis

En 2002 toujours, Christelle Luisier met au monde son premier enfant et entame son stage d’avocate, qui la conduira jusqu’au brevet en 2005, année de la naissance de son second enfant. Elle ne refera surface dans l’actualité cantonale que l’année suivante, quand Pascal Broulis annonce qu’il l’engage comme secrétaire générale adjointe de son département. Elle vient de refuser d’entrer au Grand Conseil comme remplaçante d’un député démissionnaire.

C’est donc couvée par le grand argentier qu’elle poursuit son chemin, dans la discrétion de l’état-major du président du gouvernement, le premier de l’histoire. Candidate aux fédérales de 2007, elle se fait remarquer en liant sa campagne à celle d’un radical fribourgeois, sur le thème de l’identité régionale broyarde. Mais aussi en signant un appel, lancé par la socialiste Ada Marra, à ne pas réélire le conseiller fédéral UDC Christoph Blocher. Son score est plus qu’honorable, mais elle ne s’est plus présentée aux fédérales. Elle se concentre sur l’échelon cantonal.

À peine la poussière des fédérales retombée, c’est sur la présidence du Parti radical qu’elle met le cap, avec succès en 2008. Pour une formation qui veut exister indépendamment de sa participation au gouvernement, le maintien de Christelle Luisier dans l’état-major de Broulis fait mauvais genre. Elle quitte alors l’État pour un de ses satellites, les Retraites Populaires, où elle sera secrétaire générale. Avec la présidence des radicaux et la politique communale, la voilà qui met les bouchées doubles.

Une voie royale

À Payerne, elle est élue tacitement à la Municipalité en 2009, en héritant d’un siège libéral. Une voie royale qui fera tiquer des caciques libéraux. Rebelote deux ans plus tard, quand l’ex-libéral à qui était promis la syndicature se retire, laissant la voie libre à Christelle Luisier.

Une situation arrangeante pour une politicienne qui évite les écueils. Le conseiller communal PLR Roland Bucher observe le flair politique de la championne locale: «Elle croit en ses dossiers et n’apprécie pas être contrariée dans ses idées, mais elle analyse rapidement un conflit potentiel et évite d’aller au casse-pipe.»

La cité propre en ordre

Vidéosurveillance, renforcement du personnel de la sécurité publique, lutte contre les déchets sauvages, engagement de parrains de gare et de médiateurs urbains. Au fil des ans, Payerne a travaillé à renforcer son sentiment de sécurité. Christelle Luisier s’est aussi beaucoup engagée à redorer l’image de sa ville. La halte d’arrêt pour les gens du voyage sera fermée. Plusieurs maisons closes qui s’éparpillent en ville seront condamnées après un bras de fer judiciaire de plusieurs années, concluant un règlement drastique. La syndique assume le risque de reléguer les prostituées dans la clandestinité. «Grosso modo, elle a fait fermer tout ce qui entachait la réputation de Payerne», glisse un habitant.

L’affaire Chessex

Christelle Luisier, c’est aussi une image savamment cultivée d’élue proche des Payernois, et à ce titre de fêtarde invétérée qui compte fièrement parmi les ultimes fidèles des Brandons au petit matin. C’est justement aux Brandons que s’invite, en 2009, la polémique autour de Jacques Chessex et de son «Un Juif pour l’exemple». Au milieu du cortège, un char s’en prend pitoyablement au livre et à l’auteur avec une triste boille à lait en évocation de l’assassinat du marchand de bétail Arthur Bloch en 1942 dans une ferme de la rue à Thomas, étable aujourd’hui remplacée par des appartements protégés.

Christelle Luisier est alors conseillère communale et présidente du parti vaudois. Mais l’élue ne se profilera jamais vraiment sur le sujet et sur la plaque commémorative, qui ne sera jamais posée. Elle en dit d’abord que ce n’est «pas une mauvaise idée». Plus tard, en 2016, quand sort le film de Jacob Berger, la désormais syndique reste encore prudente. «Une plaque donne une bonne conscience mais n’est pas une plus-value», réagit-elle, avant de souligner que le devoir de mémoire passe, alors, surtout par l’intégration des 40% d’étrangers vivant à Payerne.

SOS abbatiale

Mars 2010, deux F/A-18 passent le mur du son au-dessus de Payerne et font tomber du mortier du plafond d’une abbatiale qui n’avait pas été restaurée depuis les années 60. Mais il faudra attendre novembre 2013 pour qu’un plan de sauvetage, et surtout de financement, soit établi: 7,5 millions en tout, dont 3,8 de la Confédération et 1,5 du Canton, pourtant réputé pour sa pingrerie. Au total, plus de 20 millions auront été investis dans le bâtiment millénaire et ses alentours. «C’était un travail d’équipe, souligne un fonctionnaire. Mais c’est vrai que Christelle Luisier a su convaincre l’Office fédéral de la culture et user de son influence sur Pascal Broulis.»

Aéropôle inachevé

À Payerne, l’ère Luisier est marquée par un boom indéniable. La commune passe de 9000 à 10'000 habitants, une croissance supérieure à la moyenne vaudoise. Le nombre d’emplois a grimpé de 20% en six ans. Un boom pour lequel les Payernois attendaient monts et merveilles du parc technologique de l’Aéropôle. Mais le développement reste timide. Et l’affaire Swiss Space Systems (lire en encadré) en a refroidi plus d’un.

Deux exemples démontrent pourtant l’utilité du carnet d’adresses de la syndique. En 2013, Boschung se lance dans la délocalisation de 200 emplois de son Technology Center à Payerne. En 2018, autorités et entrepreneurs signent pour un terminal – avec douane, lounge et bureaux – géré par une société mixte, Swiss Aeropole SA. Dans les deux cas après des subsides cantonaux au développement, voire des abandons de créance de la part du département du PLR Philippe Leuba. «Christelle Luisier est allée jusqu’à Berne pour ses dossiers», soufflent ses proches, impressionnés, dans la Broye.

Mais ce développement a un coût. Députée en vue lors de la mise en place de la loi sur l’aménagement du territoire et partisane de la marge de manœuvre des Communes et du privé, Christelle Luisier a opté pour une densification dure de sa propre ville. Car si récemment 1800 Payernois ont dit dans un sondage qu’ils souhaitent davantage d’espaces verts, la dernière décennie a vu la verdure urbaine et les vieilles bâtisses, moins protégées que l’abbatiale, reculer comme jamais au profit de l’immobilier, À l’exemple de l’emblématique Ferme Givel, achetée par la Ville puis démolie pour que des immeubles puissent être construits. «On nous avait promis une zone verte, mais finalement il n’y a pas un seul arbre où s’abriter et tout a été goudronné», commente Nicolas Schmid, président du Parti socialiste payernois. Aucune bande cyclable n’a été aménagée sous la syndicature Luisier, malgré l’inscription de la mobilité douce au plan de législature.

Une fusion pas à pas

Pour la plupart des Vaudois, Payerne est bien loin et Christelle Luisier est surtout la présidente des radicaux. Son agenda cantonal est noirci des multiples étapes qui doivent aboutir à la fusion avec les libéraux, comme un impératif de survie entre l’UDC et la gauche. Christelle Luisier prend donc son bâton de pèlerin pour pousser au mariage, en compagnie de son homologue libérale Catherine Labouchère, rencontrée à la Constituante. Et les choses vont se faire de bas en haut. D’abord les sections locales et régionales, et à la fin le parti cantonal, dont la naissance est perçue comme l’épilogue logique. À une grosse nuance près: la fusion doit être effective après les élections cantonales de 2012, car le radical Broulis et le libéral Leuba veulent profiter de leurs étiquettes d’origine pour leur réélection. Pour autant que Pascal Broulis ne soit pas élu au Conseil fédéral en remplacement de Pascal Couchepin en 2009. L’épisode sera vite clos, le PLR suisse ignorant presque le ministre vaudois des Finances. Celui-ci perd un peu de sa superbe, alors que Christelle Luisier s’en émancipe peu à peu.

La fusion est faite en septembre 2012, Christelle Luisier n’est plus présidente de rien. Elle entame son parcours de députée et beaucoup la voient ministre, alors que le gouvernement vient de passer à une majorité de gauche. Le nouveau PLR veut être leader de la majorité parlementaire. Elle est dans les ténors. Elle aligne de copieux dossiers, d’abord l’aménagement du territoire, mais aussi la RIE III, l’école, la politique de santé. C’est sur les relations Cantons-Communes qu’elle marque ses distances avec le grand argentier, surtout qu’elle est au comité de l’Union des communes vaudoises. Mais elle sait aussi donner des gages centristes, par exemple en soutenant la loi logement contre le patronat.

Fini de ronger son frein

Elle aura rongé son frein jusqu’à ce qu’une place se libère au Conseil d’État. À l’été 2017, Jacqueline de Quattro annonce qu’elle vise le National. Mais elle ne quitte pas le Château cantonal avant de gagner cette élection. Sans compter que Philippe Leuba et Pascal Broulis restent accros à leurs sièges, faisant fi de la volonté du PLR d’échelonner la relève. À 46 ans, Christelle Luisier est ainsi devenue la preuve vivante – une de plus – que la politique, c’est peut-être beaucoup de travail, mais surtout énormément de patience.

Créé: 24.01.2020, 06h40

Avec la syndique PLR, S3 avait un soutien de poids

Dans l’affaire Swiss Space Systems (S3), Christelle Luisier restera comme l’un des principaux relais politiques de la start-up, aux côtés de ses collègues de parti Philippe Leuba et Pascal Broulis. Surtout, elle fait partie de ceux qui ont continué à soutenir la société payernoise au moment où tout indiquait qu’elle était moribonde.

Fin 2013 déjà, quelques mois après l’inauguration de Swiss Space Systems, des discussions ont lieu pour l’achat à la Commune de Payerne d’un terrain sur l’aéropôle en vue de la construction d’un Spaceport. La signature est rendue publique en mai 2014. Un an plus tard, la start-up est fortement endettée. En mai 2015, Payerne rend à S3 l’acompte de 1,2 million versé dans le cadre de la vente à terme conditionnelle. La décision est prise à la suite d’une visite des dirigeants de Swiss Space Systems aux représentants de la Commune.

L’ancien président du Développement économique vaudois, Philippe Petitpierre, qui a pris S3 sous son aile, est présent lors de cette rencontre. Proche de Pascal Broulis, il connaît Christelle Luisier, notamment pour l’avoir croisée aux repas de soutien du PLR. Il vantera durant les mois qui suivent la «clairvoyance» de la syndique dans cette affaire.

Sur le papier, ce retour de 1,2 million sera libellé comme une «reconnaissance de dette», grâce à laquelle l’entreprise se targuera d’avoir obtenu un soutien de la Commune. Ce document ne mentionne pas le terrain de l’aéropôle. Forte de ce qu’elle présente comme un «crédit-relais», S3 ira notamment frapper à la porte du Canton par le biais de Philippe Petitpierre. Le Conseil d’État accordera à la start-up un prêt de 500000 francs en août 2015, sur demande de Philippe Leuba. Tout en se défendant d’avoir produit un document arrangeant pour S3, Christelle Luisier admettra que le terme de reconnaissance n’était pas «le plus approprié».

La candidate au Conseil d’État a toujours déclaré que les conditions pour garder l’acompte n’étaient pas réunies, et que la somme aurait de toute façon dû être rendue en raison de délais dépassés. Un avis de droit rédigé a posteriori par l’avocat de la Commune vient confirmer ses dires. Sauf qu’au moment où l’argent est reversé, rien n’oblige Payerne à entrer en matière: S3 a alors jusqu’en juin 2015 pour lancer la mise à l’enquête. Les frais de cette dernière seront finalement avancés par la Communauté régionale de la Broye, où siège Christelle Luisier.

Plus troublant: le million rendu par la Commune à S3 appartenait à une banque, laquelle bénéficiait du cautionnement de l’assureur AXA à hauteur de 10 millions, contre la cession d’une cédule hypothécaire. Si elle a déclaré par le passé que «pour nous, le propriétaire et la relation contractuelle, c’était S3», Christelle Luisier pouvait-elle vraiment ignorer ces accords? Oui, assure la syndique. «Vu l’inexécution de ce contrat, ce terrain est toujours resté propriété de la Commune. Aucune cédule hypothécaire n’y a été inscrite. De plus, les relations contractuelles entre Swiss Space Systems et la banque ou AXA ne concernaient pas la Commune et le détail de leurs relations contractuelles n’était pas connu.»

Après que Payerne a reversé cet acompte, Christelle Luisier ne cessera de défendre la start-up, réitérant en février 2016 «le vœu de la Commune de soutenir le projet S3, malgré les problèmes financiers que rencontre la société». Un euphémisme. À cette période, S3 a déjà des millions de dettes et ne parvient plus à payer les salaires des employés restants. En juillet de la même année, Payerne donne son accord de principe pour une nouvelle prolongation du droit d’emption, selon un e-mail envoyé par le notaire à AXA. Un mois plus tard, les députés libéraux-radicaux du Grand Conseil, en visite dans le district de la Broye-Vully, seront invités à découvrir la start-up. Le programme a été concocté notamment par Christelle Luisier.

Swiss Space Systems promettait de «démocratiser l’espace» grâce à des petites navettes. En août 2016, son CEO, Pascal Jaussi, est retrouvé blessé dans une forêt de la Broye. Le Ministère public fribourgeois, dont l’enquête est en cours, le soupçonne notamment d’avoir mis en scène son agression. La faillite de la start-up a laissé un trou de 32 millions. Dans la Broye, on répète à l’envi que Christelle Luisier «a voulu y croire comme tout le monde».

En dates

1974: Naissance à Sion. Petite enfance à Martigny.

1983: Ses parents reprennent le Café de la Poste à Payerne.

1998: Master en droit des médias à Augsburg (All).

1999: Élue à la Constituante vaudoise, préside le groupe radical.

2002 et 2005: Naissances de ses enfants.

2008: Devient présidente du Parti radical.

2011: Élue tacitement syndique de Payerne.

2012: Fait son entrée au Grand Conseil vaudois.

2019: Candidate à la succession de Jacqueline de Quattro.

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