La patinoire provisoire peut-elle être sauvée?

AvenchesAventigliss n’a pas les fonds pour assumer son projet. Des prestataires tentent de faire en sorte qu’il soit possible de patiner dans les arènes romaines.

Des tentes ont été montées dans les arènes. Quant à la patinoire, le matériel est sur place, mais les «pièces» n’ont pas été assemblées. Image: JEAN-PAUL GUINNARD

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«Patiner dans les arènes d’Avenches n’est plus un rêve.» Tel était le slogan de l’association Aventigliss, qui voulait installer pendant plus de trois mois une patinoire synthétique au cœur du site touristique broyard. Mais le rêve a tourné au cauchemar, selon «La Broye» de jeudi. En manque de liquidités, Aventigliss n’a pas payé les 64'000 francs qu’elle devait à la société lucernoise Glice pour qu’elle monte une infrastructure hivernale du même type que celle qu’elle a mise en place à Lausanne — au Flon — et à Nendaz (VS). En conséquence, l’attraction n’a pas ouvert ses portes comme prévu jeudi soir, au grand dam des différents prestataires engagés dans le projet.

Contacté vendredi, Alain Racine, président d’Aventigliss, n’a pas donné suite. Contrairement à Didier Gentil, patron de Swiss Festivity, la société mandatée pour assurer la restauration. Sur place en train de récupérer des denrées stockées dans ses frigos, l’homme est désabusé quand, autour de lui, il constate les infrastructures superflues voulues par Aventigliss. «Des WC VIP, un système de pub qui fonctionne avec des hologrammes, un chalet à 20'000 francs pour l’administration», énumère-t-il. «Tout a été surdimensionné», note de son côté Roxanne Meyer Keller, syndique d’Avenches. Pour autant, Didier Gentil ne se résigne pas. «La bière est en perce, le vin est tiré, le fromage est au frais, il y a peut-être quand même quelque chose à faire.»

Décision lundi

Avec quelques prestataires et des partenaires mobilisés sur cet événement, il étudie les possibilités éventuelles de sauver la manifestation. «On a rencontré la Commune jeudi soir et on doit la revoir ce lundi en fin de journée. C’est le délai qu’on s’est fixé pour prendre une décision», affirme-t-il. Mais le chemin pour y parvenir est plus que glissant. La petite équipe a fait ses propres calculs. Elle devra composer avec un budget d’exploitation estimé à 270'000 francs. Pour faire tourner la boutique, elle devra notamment engager du personnel. Elle sait donc bien que, pour s’en sortir, elle aura besoin de nouveaux partenaires, de sponsors et de pas mal de soutien. Celui de la Commune d’Avenches, par exemple? «Nous allons en discuter en séance de Municipalité lundi matin», affirme la syndique.

L’édile socialiste est échaudée parce que, depuis que cette affaire a éclaté publiquement, la Municipalité est montrée du doigt. «Mais nous ne sommes pas juges de la bonne foi des organisateurs privés. Si ce qu’on nous présente est aux normes, on ne peut pas refuser une autorisation sous prétexte qu’on ne les sent pas…» Quoi qu’il en soit, la Municipalité avait promis de verser 10'000 francs à l’organisation, une fois que la patinoire serait ouverte. «Lundi, nous devrons discuter du montant – sera-t-il le même, ou rajouterons-nous un supplément? – que nous accorderons pour ce projet, s’il peut tout de même aller de l’avant», reprend la syndique.

Chez Glice aussi, on hésite entre désabusement et espoir. «On veut encore croire qu’une solution sera trouvée», affirme Philipp Ruckli, responsable de la société lucernoise pour la Suisse romande. De fait, il aurait déjà pu débarrasser le matériel entreposé à Avenches. «Aventigliss n’a pas versé les 32'000 francs attendus. Soit la moitié du montant total, qu’on aurait dû recevoir avant la livraison», explique-t-il. En tout et pour tout, il affirme n’avoir reçu que 10'000 francs par l’association. Et tout récemment. «C’est ce qui nous a convaincus de ne pas tout remballer.»

Une alternative

Glice, qui n’ignore pas la jolie vitrine que le site avenchois offre, se dit prête à épauler ceux qui cherchent une issue favorable à ce projet. «On pourrait par exemple réduire la surface de la patinoire pour qu’elle coûte moins cher. Il était prévu qu’elle s’étende sur 500m² (28m par 18m). Les modules à assembler permettent d’en construire une de 16 par 16.»

Une chose est sûre, la patinoire éphémère ne sera de toute façon pas prête lundi pour accueillir les écoles qui s’y étaient inscrites. «Si on n’est pas contraint de tout démonter mardi, on pourrait imaginer une ouverture jeudi. Mais pas avant», conclut Didier Gentil.

Créé: 17.11.2019, 16h19

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