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Sauvagement agressé? Pascal Jaussi aurait tout inventé

Pascal Jaussi sera aussi poursuivi pour incendie intentionnel et faux dans les titres.

Pascal Jaussi, fondateur de S3.
Pascal Jaussi, fondateur de S3.
JEAN-PAUL GUINNARD

La descente aux enfers de Swiss Space Systems et de Pascal Jaussi, son fondateur et patron, semble interminable. Après la faillite de sa société prononcée la semaine dernière avec une ardoise de 7 millions d’impayés, le brillant ingénieur en aéronautique est désormais poursuivi par le ministère public fribourgeois pour induction de la justice en erreur et incendie intentionnel. Il aurait mis en scène sa propre agression en août dernier dans les bois d’Aumont (FR), boutant le feu à sa voiture. Les flammes l’ont aussi grièvement blessé. Ces blessures avaient choqué et ému la Suisse romande. Tout ceci n’aurait été qu’une mise en scène.

Le Procureur général adjoint du parquet fribourgeois, Raphaël Bourquin, a informé les médias, ce mardi après-midi, de cette nouvelle tournure prise par les événements. Par ailleurs la justice va aussi le poursuivre pour faux dans les titres. «Ça ne m’étonne qu’à moitié réagit un de ses anciens fidèles, membre de sa garde rapprochée. Il était brillant, mais ça devenait surréaliste cette histoire.»

Pascal Jaussi qui rêvait d’offrir «l’espace à tous» en envoyant à bas coûts des satellites en orbite risque la prison. «J'aurais pu ouvrir cette procédure depuis des semaines, s’exclame Raphaël Bourquin. Mais je ne voulais pas que cela brouille les cartes de la mise en faillite en cours et qu’on accuse la justice d’avoir coulé S3.» Depuis lundi dernier, le procureur a les coudées franches. Et il parle. Retour sur une étonnante agression.

«Je pense que c’est une mise en scène. Il a voulu mettre le feu au coffre de sa voiture et il y a eu un retour de flamme»

Le vendredi 26 août 2016, Pascal Jaussi est retrouvé dans les bois d’Aumont (FR), le torse et le bras brûlé à côté de sa voiture calcinée. Selon ses dires, il a été agressé par deux inconnus qui auraient voulu l’intimider dans le cadre d’une guerre industrielle. Ils l’auraient battu avant de lui bouter le feu. C’est sa version.

D’emblée, la police a des doutes. Elle poursuit deux pistes, celle de l’agression et celle de la mise en scène. «Nous n’avons pas trouvé d’ADN d’une tierce personne sur les lieux et le médecin légiste ne confirme pas les propos de Jaussi», explique le procureur Raphaël Bourquin. Qui poursuit: «Malgré les reconstitutions, l’examen de son téléphone portable, les auditions de témoins, ça ne colle pas. Je pense que c’est une mise en scène. Il a voulu mettre le feu au coffre de sa voiture et il y a un eu retour de flammes. C’est compatible avec ses blessures.» Mais quid du mobile? Pourquoi incendier sa voiture? «On ne sait pas exactement, répond le magistrat. Sa société était en mauvaise posture. Voulait-il attirer l’attention? Attirer la sympathie ou la compassion. Lui seul, le sait. Pour l’instant, il nie.»

Garantie «bidon» de 30 millions

Sur le volet des faux dans les titres, la procédure n’est pas encore établie: qui des Vaudois ou des Fribourgeois mèneront les investigations. Les faux portent sur la fameuse garantie de 30 millions qu’aurait apportés un certain Amin Forati. Cet homme d’affaires iranien établi à Dubaï promettait d’assainir la société, via un versement effectué depuis une banque asiatique. «Lors de la procédure d’ajournement de faillite, Jaussi a présenté de faux documents attestant que ces montants étaient disponibles.

Nous ne savons pas qui les a établis, si c’est Jaussi ou Forati, lequel est aussi prévenu pour faux dans les titres. Nous avons aussi des doutes sur l’établissement bancaire. Vraisemblablement, ce volet aussi va se terminer devant un tribunal», prédit le procureur. Contacté ce mardi, Pascal Jaussi n’a pas répondu à nos sollicitations. Il ira en revanche s’expliquer une nouvelle fois devant la police et le procureur, pour tenter de démontrer qu’il est victime et non manipulateur ou instigateur de ses déboires. Dans une interview du Matin Dimanche il affirmait que sa société allait se refaire en étant rachetée par sa filiale en Croatie.

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