Payerne aimerait protéger plus de 3000 arbres

NatureLa Commune met à l’enquête son plan de classement des arbres, jusqu’au 29 juillet.

Datant de 1974, le plan de protection des arbres de Payerne ne répertoriait pas ce chêne du quartier du Sansui.

Datant de 1974, le plan de protection des arbres de Payerne ne répertoriait pas ce chêne du quartier du Sansui. Image: JEAN-PAUL GUINNARD

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C’est un véritable travail de bénédictin qui a été entrepris courant 2015 et est soumis à l’enquête publique jusqu’à la fin du mois. Dans une ville de 10'000 habitants séparée en huit secteurs, plus de 3000 arbres ont été répertoriés et sont désormais intégrés au plan de classement des arbres de la commune de Payerne.

Il y a là des essences typiques du Plateau romand comme l’érable, le platane, le frêne, le hêtre, l’épicéa, le tilleul ou le bouleau, des arbres fruitiers tels que cerisier, noyer, pommier ou prunier et des variétés plus rares, à l’instar du séquoia géant, du pin de Weymouth ou de l’if. Objectif avoué: «Protéger, maintenir et valoriser l’ensemble du patrimoine arboré hors de l’aire forestière et améliorer la biodiversité.»

Avec ce travail, Payerne se met aussi en phase avec la loi cantonale sur la protection des monuments, de la nature et des sites (LPMNS), qui demande que le plan des arbres soit régulièrement mis à jour. Et le dernier plan de la commune de Payerne était entré en vigueur le 3 juillet 1974. «À cette époque, le quartier du Sansui n’était par exemple pas répertorié», précise le municipal André Jomini, relevant au passage que le document fera partie du plan directeur régional de la Broye, en cours d’élaboration.

Si Payerne a lancé cette mise à jour, c’est notamment parce que l’abattage d’un chêne séculaire dans ce nouveau quartier résidentiel avait été interdit par la justice. «La jurisprudence dit que quand le plan de classement n’est pas mis régulièrement à jour, tout ce qui n’apparaît pas est protégé», souligne Pierre Hunkeler, membre de Pro Natura, qui s’était opposé à la démarche en 2013.

Devant laisser le chêne en place, la Ville n’avait pas pu vendre une parcelle de 1000 m2 de son plan de quartier dans le secteur, perdant plusieurs dizaines de milliers de francs dans l’affaire.

Pour protéger leurs arbres, les Communes peuvent choisir la voie du règlement ou celle du plan détaillé. Ayant choisi la seconde option, le chef-lieu broyard s’est notamment attaché à l’état sanitaire, l’emplacement, la valeur paysagère et les essences de chacun des arbres répertoriés.

«Dans un premier temps, il s’agissait de faire l’état des lieux de l’ancien plan et repérer par informatique les éventuels nouveaux arbres, haies ou bosquets soumis ni à la loi forestière ni à la loi sur l’agriculture», explique Christian Favre, mandaté pour cette opération. Dans un second temps, le forestier s’est rendu sur place pour répertorier chaque arbre. Au final, le plan soumis à l’enquête protège naturellement bien davantage d’arbres que l’ancien.

Si plus de plants sont désormais protégés, rien ne changera en revanche pour un propriétaire souhaitant procéder à un abattage. La requête doit être adressée par écrit à la Municipalité, dûment motivée et accompagnée d’un plan de situation. Elle sera affichée 20 jours au pilier public avant que la Municipalité ne puisse délivrer son autorisation.

Créé: 20.07.2019, 11h38

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