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Péril sur les offices de poste

Une cinquantaine d’offices pourraient fermer d’ici 2020 dans le canton de Vaud. Votre commune est-elle concernée? Découvrez notre carte interactive.

D'ici à 2020, une cinquantaine d'offices de Poste vaudois pourraient fermer leurs portes, comme par exemple celui d'Etoy...
D'ici à 2020, une cinquantaine d'offices de Poste vaudois pourraient fermer leurs portes, comme par exemple celui d'Etoy...
Ch. Dervey, V. Cardoso, P. Martin
...ou celui de Bellevaux...
...ou celui de Bellevaux...
Ch. Dervey, V. Cardoso, P. Martin
Mézieres
Mézieres
Ch. Dervey, V. Cardoso, P. Martin
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Cent offices postaux sont sous la menace d’être fermés d’ici à 2020 dans le canton de Vaud. Et le couperet tombera sur la moitié d’entre eux. C’est ce qu’affirme – avec un brin de catastrophisme dans la voix – Syndicom, qui a fait une projection pour chaque canton. Dans un communiqué, La Poste tire à boulets jaunes sur la démarche du syndicat des médias et de la communication: une «pure spéculation, nourrissant un sentiment d’incertitude et de peur qui n’est ni constructif ni pertinent». Pour l’heure, rien n’est entériné, l’ex-régie dialoguant encore avec les autorités vaudoises. Mais l’échauffourée en dit long sur le climat qui entoure la mise en œuvre de la stratégie de La Poste, dévoilée le 26 octobre dernier.

On sait depuis cette date que la fermeture des offices postaux va se poursuivre à un rythme soutenu en Suisse. Pour «s’adapter aux besoins des clients», dit-elle, La Poste veut en biffer jusqu’à 600 ces trois prochaines années, tout en augmentant globalement le nombre de points d’accès aux services postaux (de 3700 à 4000). Grâce, notamment, à l’ouverture d’une ribambelle d’agences postales dans des magasins ou des greffes communaux. Les syndicats hurlent au «démantèlement du réseau» – une agence ne pouvant pas offrir toutes les prestations d’un office – et parlent de «désastre» pour les 1200 emplois touchés. La Poste compte cependant éviter les licenciements.

Quant au nombre de bureaux de poste vaudois menacés, la prévision de Syndicom est sombre: des 135 offices actuels, seuls 28 seraient à l’abri du coup de massue. Ils se trouvent dans les villes de plus de 20 000 habitants, les chefs-lieux de district et les centres régionaux, pour lesquels La Poste garantit le maintien d’un véritable guichet. Sur les 107 restants, sept sont déjà condamnés. D’ici à 2020, il faut s’attendre à ce qu’une cinquantaine d’offices soient fermés, «sans préjuger de ce qu’il adviendra des autres par la suite», appuie le secrétaire syndical David Roth. Lequel défend la méthodologie: «Nous avons fait ces listes en prenant en compte les critères que La Poste a elle-même définis et ceux figurant dans la loi fédérale.» Ceux-ci touchent à l’accessibilité des prestations faisant partie du service universel. Le syndicat dit n’avoir pas pu intégrer l’intérêt économique de chaque office, faute de chiffres, ni les «spécificités régionales», notion floue que La Poste promet de considérer dans son analyse.

«Du grand n’importe quoi»

L’exercice de Syndicom? «Du grand n’importe quoi», balaie la porte-parole de La Poste, Nathalie Dérobert: «Nous n’avons pas encore fini la consultation, un second rendez-vous est prévu avec les autorités cantonales et nous ne pourrons communiquer qu’au deuxième semestre la liste des offices qui ne fermeront pas. Nous faisons un travail très sérieux pour comprendre les besoins de chaque région et y répondre.»

«Nous faisons un travail très sérieux pour comprendre les besoins de chaque région et y répondre»

Le Conseil d’Etat a pris position sur l’évolution du réseau postal le 31 janvier, témoignant en des termes convenus «son fort attachement à un service public de qualité sur l’entier de son territoire». Le gouvernement a en outre précisé qu’«il ne cautionnera aucune fermeture ou transformation d’office sans que la Commune concernée ne l’ait préalablement acceptée».

Une déclaration qui ne mange pas de pain, car l’Etat n’a aucun moyen de contrainte dans ce dossier. Seules les autorités communales ont un levier d’action pour empêcher la disparition de leur bureau de poste. Elles peuvent saisir l’organe de médiation PostCom, qui évalue alors la décision de La Poste.

Ollon veut se battre

Celle-ci est parfois éreintée, comme c’est arrivé l’an dernier à Ollon. Le géant jaune voulait introduire un simple service à domicile, ce que PostCom a jugé insuffisant. Retour à la case départ; le géant jaune a deux ans pour trouver un accord avec la Commune. «Nous allons nous battre pour conserver notre office, lâche le syndic, Patrick Turrian. Nous ne voulons pas d’agence postale, de toute manière aucun commerçant d’Ollon n’est intéressé à prendre cela en charge.» Dans d’autres cas, comme à Lonay il y a peu, la mutation reçoit la bénédiction des autorités locales, qui voient dans l’ouverture d’une agence aux horaires élargis un gain pour les habitants.

La restructuration du réseau postal est permanente depuis de nombreuses années. L’an dernier, le canton de Vaud a encore perdu huit offices postaux, tous remplacés par des «solutions alternatives», agence ou service à domicile.

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