Phénix attend son permis de construire

PayerneLa construction du centre militaire de lutte contre le feu n’a pas encore débuté, le site étant compté en surface d’assolement.

Attendue pour cet automne, la construction du centre de lutte contre le feu Phénix n'a toujours pas pu être lancée, alors que le dossier n'avait pourtant pas suscité d'opposition lors de son enquête publique.

Attendue pour cet automne, la construction du centre de lutte contre le feu Phénix n'a toujours pas pu être lancée, alors que le dossier n'avait pourtant pas suscité d'opposition lors de son enquête publique. Image: JEAN-PAUL GUINNARD

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Une mise en chantier à l’automne 2018 en vue d’une exploitation dès 2021. Telles étaient les visions de l’armée suisse en novembre 2017, au moment de présenter le futur centre de lutte contre le feu Phénix, sur la base aérienne de Payerne. Mais alors que la mise à l’enquête n’a pas suscité d’opposition, les travaux n’ont toujours pas été lancés.

L’emplacement étant comptabilisé dans les réserves de surfaces d’assolement (SDA), les meilleures terres cultivables du pays, le Département de la défense, de la population et des sports (DDPS) n’a toujours pas pu terminer la procédure d’approbation des plans, l’équivalent fédéral du permis de construire.

Dans un premier temps, c’est le Canton de Vaud, qui a préavisé négativement sur le projet, même si la procédure est d’ordre fédéral. «Lorsque des projets militaires sont prévus sur des SDA, ce qui est le cas pour Phénix, ils sont soumis à la mesure F12 du plan directeur cantonal. Ils doivent notamment être dûment justifiés et faire la preuve qu’aucune alternative n’existe sur des zones à bâtir légalisées», explique Patrick Genoud, porte-parole du Service vaudois du développement territorial (SDT). Diverses justifications ayant été apportées, le SDT a finalement modifié son préavis en septembre dernier.

Déclaration d’intention

Un accord insuffisant toutefois pour pouvoir lancer le chantier. La procédure relève désormais de la Confédération, pour la compensation de l’emprise du projet sur les SDA. En décembre dernier, une dizaine d’offices fédéraux ont signé une déclaration d’intention sur la compensation des SDA à appliquer en principe lors des projets fédéraux. Un engagement ferme de la Confédération à ne pas gaspiller ces bonnes terres comme elle le demande aux Cantons et aux Communes.

Ainsi, DDPS et DETEC, par le biais de l’Office fédéral du développement territorial (ARE), doivent trouver une solution à la compensation des SDA, une fois la justification de l’implantation du projet sur des SDA avérée. «Dans cette période charnière après la signature de cette déclaration d’intention, les choses doivent encore se mettre en place et cela prend un peu de temps, notamment pour ce qui concerne la coordination entre les différents offices concernés et les cantons», explique Laurent Maerten, chargé de la planification directrice de Suisse occidentale à l’ARE. Il précise que les discussions ont en particulier porté sur la surface totale à compenser.

Les voyants semblent toutefois proches de passer au vert pour le cas de Phénix, touché comme n’importe quel projet fédéral pourrait l’être. «Nous pensons obtenir le permis de construire au mois de janvier 2019», glisse Benoît Studemann, commandant de la base aérienne. Contacté lundi, le Service de communication du DDPS n’a pas été en mesure de nous informer sur la suite de la procédure.

Le futur centre broyard comprendra trois simulateurs d’incendie, devant permettre aux pompiers d’aérodrome de s’entraîner sur des feux sur F/A-18, Super-Puma et avions de transport. Des simulateurs de feu d’atelier, halles d’avion et un bâtiment central doivent aussi être construits pour un investissement de 28 millions de francs, validé par le parlement en 2017. «Alors que le piquet de sauvetage de la base de Payerne compte quelque 90 employés professionnels, seulement 5 ou 6 personnes par an peuvent aller se former chaque année au centre de Woensdrecht, aux Pays-Bas», rappelait Pierre Dubi, chef Safety pour la base, en novembre 2017.

Créé: 27.11.2018, 07h24

Police aérienne

La transformation de la Halle 4 se précise

Si le chantier de Phénix n’a pas encore débuté au sud de la piste d’atterrissage de Payerne, il n’en va pas de même de celui de transformation de la Halle 4 de la base aérienne à son côté nord. En vue de ces travaux estimés à 27 millions de francs qui débuteront en janvier 2019, les employés ont déjà commencé à déménager leurs ateliers et vestiaires. Durant deux ans, ils s’installeront dans la Halle 5, qui sert en principe de local d’instruction pour jets de combat de l’école de recrues. «L’école garde certains locaux dont les simulateurs d’instruction, mais déplacera l’instruction au service de vol dans un hangar enterré sur l’aérodrome», détaille Benoît Studemann, qui précise que des containers seront aussi installés.

Construite en 1942, la Halle 4 est actuellement utilisée pour l’entretien et la réparation des avions de combat F/A-18 et Tiger. Elle a été modernisée et agrandie en 1996 dans le cadre de l’introduction du nouvel avion de chasse et les travaux permettront de la préparer à la mise en service de la police aérienne 24 heures sur 24 dès fin 2020. «Cet accroissement significatif de la disponibilité opérationnelle requiert des adaptations infrastructurelles et des agrandissements dans les domaines de la préparation et de l’entretien des avions», précisait l’armée dans son programme immobilier, validé en février 2018 par les Chambres fédérales. Des mécaniciens et techniciens supplémentaires ont aussi été engagés pour permettre une organisation du travail en 3x8 heures.

L’endroit permet de stationner huit F/A-18 du principal emplacement d’engagement des Forces aériennes. À terme, si les charges d’exploitation augmenteront de 400 000 francs par an en raison de l’élargissement de la surface, une économie de 100 000 francs de charges d’électricité est prévue grâce à la mise en place d’une installation solaire.






En vue de son chantier de transformation, la Halle 4 de l’aérodrome est déjà en partie désaffectée. Crédit image : JEAN-PAUL GUINNARD

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